Revenu d'engagement pour les jeunes : la piste de l'abandon fait son chemin
Fanny Guinochet
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Yoan Valat / Piscine / Abacapress via Reuters
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« C'est l'histoire d'un bourbier dans lequel le Président s'est mis tout seul, en parlant trop vite », résume un député de la macronie. Après en avoir parlé le 12 juillet dernier lors de son allocution télévisée, Emmanuel Macron devait dévoiler, à la rentrée, les contours de ce revenu d'engagement destiné aux jeunes ayant dû mal à s'insérer dans le monde du travail. Le montant de cette allocation était estimé autour de 500 euros par mois. Et ce revenu d'engagement devait être assorti d'un engagement du bénéficiaire à s'insérer - via une formation, un contrat, un parcours adapté à sa situation... Reste que plus le temps passe et plus ce revenu d'engagement semble difficile à élaborer.
Comment éviter d'en faire un simple RSA jeunes ou un revenu universel jeunes ? Comment le rendre efficace ? Comment l'articuler avec le mantra macroniste qui veut que le travail paie plus que l'inactivité ? Le principe même déchire le gouvernement.
A Bercy, pas un conseiller n'est là pour le défendre.
« Le risque, c'est de créer une sorte de RSA jeune qui s'installe dans la durée et sur lequel on ne puisse pas revenir », tacle un autre. « Créer une allocation alors qu'il y a du boulot à revendre pour les jeunes, y compris pour les non qualifiés... Dans le contexte de l'élection, c'est du pain béni pour la droite et l'extrême droite ! », s'insurge un troisième.
Le premier locataire du ministère de l'Economie, Bruno Le Maire, n'a d'ailleurs jamais été très convaincu. Lors de la présentation du budget, la semaine dernière, il soulignait « qu'étant donné l'amélioration du marché du travail, il fallait réévaluer » cette mesure : « Ce n'est pas la même chose si on a 11 % de chômage et une situation où le chômage baisse ».
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Des réticences légitimes alors que, par ailleurs, le gouvernement dit tenter de limiter les dépenses publiques. Parmi les estimations budgétaires - que l'exécutif refuse de valider -, l'enveloppe de ce revenu d'engagement oscillerait entre 1 et 2 milliards par an, pour 1 million à 1,4 millions de bénéficiaires potentiels (si l'on intègre ou non les travailleurs précaires comme Elisabeth Borne, ministre du Travail, le laisse entendre).
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Fanny Guinochet
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