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ÉconomieLégislatives 2024

Législatives : le programme du Nouveau Front populaire chiffré à 106 milliards d'euros

latribune.fr

Publié le 19 juin 2024 à 09:24 - Mis à jour le 19 juin 2024 à 09:24

L'ancienne vice-présidente de l'Assemblée nationale, Valérie Rabault.

L'ancienne vice-présidente de l'Assemblée nationale, Valérie Rabault.

Reuters

Le Quotidien Numérique

06 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le programme économique du Nouveau Front populaire aux législatives est chiffré à 106 milliards d'euros de dépenses sur trois ans par la députée sortante et candidate socialiste aux législatives, Valérie Rabault. Ce chiffrage, réalisé mardi, est toutefois contesté par La France insoumise.

Combien coûte le programme économique du Nouveau Front populaire ? Accusé par ses adversaires d'être dispendieux, il est évalué à 106 milliards d'euros de dépenses sur trois ans par Valérie Rabault, députée PS sortante et candidate à sa réélection dans la 1ère circonscription du Tarn-et-Garonne, selon un chiffrage réalisé mardi.

«Ce programme du Front populaire (NFP) représente selon mon chiffrage 106 milliards d'euros de dépenses nouvelles sur la période 2024-2027», indique ainsi l'ancienne vice-présidente de l'Assemblée nationale et ancienne rapporteure générale du Budget dans un entretien au journalLes Echos, mis en ligne mardi.

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Dans un communiqué, la France Insoumise a toutefois précisé mardi que « ce chiffrage ne correspond pas au chiffrage du programme du Nouveau Front populaire ». « Valérie Rabault présente des hypothèses pour 2 ans de mandat, et par conséquent limite à certaines mesures pour un certain temps », insiste le parti, renvoyant à une « conférence de presse commune » qui permettra « dans les jours qui viennent » de présenter un chiffrage détaillé année par année du programme pour l'ensemble de la législature.

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Dans le détail, ce chiffrage est divisé en trois parties : pouvoir d'achat (50 milliards d'euros), services publics (42,7 milliards d'euros) et « vivre-ensemble » (13,9 milliards d'euros). La Tribune fait le point sur les principales dispositions.

Salaires : 23 milliards d'euros

C'est, sans aucun doute, le paquet de mesures le plus onéreux du programme du NFP. Le mouvement issu de l'union de plusieurs partis de gauche prévoit d'« augmenter les salaires par le passage du SMIC à 1600 euros net, la hausse de 10% du point d'indice des fonctionnaires (intégralement compensée pour les collectivités territoriales) » et enfin, d'« augmenter les indemnités des stagiaires, le salaire des apprentis et des alternants ». Coût total ? 23 milliards d'euros, estime Valérie Rabault.

Chiffré séparément de l'augmentation des salaires, le coût de la proposition « indexer les salaires sur l'inflation et porter l'Allocation aux adultes handicapés (AAH) au niveau du SMIC » est mesuré à 6,8 milliards d'euros par l'ex-rapporteure générale du Budget.

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Abrogation des réformes des retraites et de l'assurance chômage : 5 milliards

Le NFP promet par ailleurs d'« abroger immédiatement les décrets d'application de la réforme d'Emmanuel Macron passant l'âge de départ à la retraite à 64 ans [contre 62 ans auparavant], ainsi que les réformes de l'assurance-chômage ». Une mesure qui coûterait, elle, 5 milliards d'euros.

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Minimums retraite et vieillesse : 5,8 milliards d'euros

Autre proposition de l'alliance de gauche : « Augmenter le minimum contributif (pension de retraite pour une carrière complète) au niveau du SMIC et le minimum vieillesse au niveau du seuil de pauvreté ». Ces dépenses représenteraient 5,8 milliards d'euros.

Rénovation des bâtiments publics : 10 milliards

L'ancienne vice-présidente de l'Assemblée nationale chiffre par ailleurs à 10 milliards d'euros « l'accélération de la rénovation des bâtiments publics (écoles, hôpitaux, etc) ».

Logements publics : 10 milliards d'euros

Côté logement, le programme du NFP prévoit de « construire 200.000 logements publics par an pendant cinq ans aux normes écologiques les plus ambitieuses », pour un coût également évalué à 10 milliards d'euros d'après ce nouveau chiffrage.

À cela s'ajoute l'isolation des logements, proposition estimée à 8 milliards d'euros par Valérie Rabault. Le Nouveau Front populaire promet d'« assurer l'isolation complète des logements, en renforçant les aides pour tous les ménages et garantissant leur prise en charge complète pour les ménages modestes ».

500.000 places en crèches : 6,3 milliards d'euros

« Garantir l'accès à chaque famille à un mode de garde adapté grâce à un service public de la petite enfance ouvrant 500 000 places en crèches ou autre solution de garde », coûterait 6,3 milliards d'euros d'après ce nouveau chiffrage.

Postes de fonctionnaires : 5 milliards d'euros

« Le rattrapage des postes manquants de fonctionnaires à l'hôpital public, dans le soin et le médico-social, à l'école publique, dans la justice, dans les services et les agences de l'État, en revalorisant les métiers et les salaires », est évalué à 5 milliards d'euros.

Ministère des sports à 1% du budget : 5 milliards d'euros

De même, 5 milliards d'euros seraient destinés à « porter les moyens du ministère des sports à 1% du budget de l'État ».

À note que le blocage des « prix des biens de première nécessité dans l'alimentation, l'énergie et les carburants », qui figure dans le programme du Nouveau Front populaire, ne figure pas dans le chiffrage de l'ex-rapporteure du Budget.

Objectif 3% de croissance en 2025

Selon Valérie Rabault, la croissance pourrait, grâce à ce programme, monter à « 3% en 2025, 3% en 2026 » et  « 2% vers 2029 », là où la France devrait péniblement approcher 1% cette année. Côté recettes, ce programme compte sur la taxation des superprofits et un retour de l'impôt sur la fortune « avec un poids supérieur à celui d'avant 2017 », a également dit Valérie Rabault, tout en se disant défavorable à une taxation du travail.

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« En se basant sur ces hypothèses, notre trajectoire budgétaire prévoit un déficit de 5,7% du PIB cette année, puis 5,4% en 2025 et 5,1% en 2026 avant d'atterrir à 3,6% en 2029 », affirme-t-elle, à la veille de l'ouverture probable par la Commission européenne d'une procédure disciplinaire pour déficit excessif contre la France et d'autres pays.

«Certes, nous allongeons les délais pour le rétablissement des comptes publics. Mais on ne peut pas m'accuser, ni François Hollande(candidat aux législatives en Corrèze, NDLR)d'ailleurs, de ne pas être vigilant sur l'état des finances publiques. Il faut comprendre que l'urgence, c'est de relever l'économie française», se défend-elle.

(Avec AFP)

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