Les médecins dénoncent une campagne de vaccination « aux dépens des soignants »

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Olivier Véran annonce ce mardi que le délai entre les deux doses du vaccin Pfizer sera maintenu à 3 ou 4 semaines.
Olivier Véran annonce ce mardi que le délai entre les deux doses du vaccin Pfizer sera maintenu à "3 ou 4 semaines". (Crédits : Susana Vera)
Des rendez-vous de vaccination des soignants ont été annulés pour laisser la place aux personnes âgées et à risques. Les médecins libéraux dénoncent cette mauvaise répartition de la vaccination. Au même moment, le ministre de la Santé a annoncé le maintien des délais entre les deux doses du vaccin Pfizer, de 3 à 4 semaines, assurant que l'impact sur le rythme de vaccination est «mineur». Pour gagner du temps et des doses disponibles, les autorités sanitaires estiment, elles, pouvoir l'allonger à six semaines.

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Retards de livraison, tension logistique, décentralisation...: la campagne de vaccination en France se transforme en casse-tête. Avec pour conséquence la vaccination des professionnels de santé qui se voit "ralentie" au profit d'autres publics prioritaires (personnes âgées, malades chroniques), dénonce ce mardi l'Union régionale des médecins libéraux d'Ile-de-France, qui regrette l'ouverture de "trop nombreux petits centres" sous la pression des élus locaux.

Dans les hôpitaux chargés de la vaccination des soignants, "ordre a été donné (...) d'annuler purement et simplement des centaines de rendez-vous" pour la première dose et de reporter la seconde de 21 à 28 jours, affirme dans un communiqué l'Union régionale des professionnels de santé (URPS) représentant les 21.000 médecins libéraux franciliens.

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L'instance dénonce une "décision opportuniste" prise "pour alimenter les trop nombreux petits centres ouverts précipitamment" afin de "satisfaire la demande pressante des collectivités" et prévient qu'elle "n'accompagnera pas (cette) stratégie déséquilibrée".

"Nous demandons de continuer l'effort de vaccination de tous les soignants à risque", déclare son président, le radiologue Bruno Silberman, qui estime que l'agence régionale de santé (ARS) et le ministère doivent "assumer la difficulté d'avoir des vaccins" car "il n'y en a pas pour tout le monde".

Au moment où "on s'attend à une troisième vague épidémique", le choix "ne peut en aucun cas se faire au détriment de ceux qui sont en première ligne", insiste-t-il, ajoutant que les soignants "ne comprendraient pas qu'on diminue leur protection parce qu'il y a une situation de pénurie".

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Pas d'allongement de la durée entre les doses disponibles

Au même moment, le ministre de la Santé Olivier Véran annonce ce mardi que le délai entre les deux doses du vaccin Pfizer sera maintenu à "3 ou 4 semaines", assurant qu'un report n'aurait qu'un "impact mineur sur le rythme des vaccinations", en dépit des avis de deux autorités sanitaires qui estimaient qu'on pouvait l'allonger à six semaines.

Au vu du nombre limité de doses disponibles, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a estimé le 7 janvier que la deuxième dose pouvait être administrée "entre 21 et 42 jours", afin d'augmenter le nombre de patients recevant la première dose dans un délai réduit.

"Il est possible sans risque et sans perte d'efficacité de différer la deuxième injection du vaccin" Pfizer-BioNTech "jusqu'à six semaines au lieu de trois", avait alors pourtant assuré Olivier Véran après cette annonce.

Le gendarme des produits de santé faisait notamment valoir que l'essai clinique mené par les laboratoires avait établi l'efficacité du vaccin "dans une fenêtre allant de 19 à 42 jours". La Haute autorité de santé (HAS) avait à son tour estimé samedi qu'espacer de six semaines l'injection des deux doses constituait "une option à considérer".

Depuis le début de la vaccination en France le 27 décembre, 1.092.958 injections de vaccin ont été réalisées, pour l'essentiel des premières injections. "En février, il faudra assurer le rappel des personnes primo-vaccinées en janvier" et donc "le nombre de personnes qui recevront une première injection en février sera plus faible qu'en janvier", a relevé Olivier Véran.

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Commentaires
a écrit le 26/01/2021 à 19:41 :
Les médecins auraient du faire entendre davantage leurs voix quand la stratégie de vaccination consistant à cibler prioritairement les EHPAD plutôt que les soignants a été définie. Idem pour le soutien au principe même de la vaccination : combien de médecins (médiatiques...) ont-ils torpillé l'idée de se faire vacciner en faisant part de leur recommandation "d'attendre" aux personnes qui n'étaient pas "à risque" ? Quant aux urgentistes, qui savent qu'on vaccine toujours par priorité et dans toutes les crises les soignants, leur silence était assourdissant... Bref, comment s'étonnner que le "Président" Delfraissy ait eu les coudées franches avec toutes ces démissions ?
a écrit le 26/01/2021 à 15:41 :
Les médias de masse, voix de l'oligarchie s'il en est, essayent de nous diviser, leur priorité, sur le sujet, les pros-vaccins auraient peur des anti-vaccins alors que pourtant c'est d'abord et avant tout un raisonnement complémentaire permettant de privilégier ceux qui veulent à tout prix se faire vaccinner qui après n'auront plus aucune raison d'avoir peur puisque vaccinés.

Mais quelque chose me dit que cette autre vérité va encore être malmenée... ^^

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