Le clin d'oeil punk du Medef qui fait sa rentrée sur fond de débat sur les retraites

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Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef, en février 2019.
Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef, en février 2019. (Crédits : Reuters)
Le programme de ce rendez-vous de rentrée du Medef, intitulé cette année « No (s) futur (s) », qui se tiendra non plus à Jouy-en-Josas mais à l'hippodrome de Paris-Longchamp, sera copieux. Feux en Amazonie, inégalités en tous genres, crise des "gilets jaunes" ou réforme des retraites... le président du Medef, après la polémique Marion Maréchal cet été, veut "redonner du dynamisme" à l'événement, par un "retour aux sources", avec des débats ouverts et contradictoires.

Le Medef tient mercredi et jeudi sa première "Rencontre des entrepreneurs de France" (REF), université au format rénové, largement consacrée aux grands débats de société et en plein débat sur la réforme des retraites.

"No(s) futur(s)": le titre de l'événement se veut à la fois un clin d'œil au mouvement punk d'il y a 40 ans et à sa contestation de l'ordre établi, mais aussi un message d'espoir porté par les entreprises.

"L'idée libérale n'est pas obsolète mais elle doit se réinventer comme elle l'a toujours fait. C'est à nous de proposer des solutions", a tweeté mardi le président de la première organisation patronale française, Geoffroy Roux de Bézieux.

Le rendez-vous de rentrée du Medef quitte le campus d'HEC à Jouy-en Josas, où il se tenait depuis 1999, pour l'hippodrome de Paris-Longchamp, dont le bâtiment flambant neuf répond aux dernières normes environnementales.

Les patrons sont invités à "se préoccuper de questions qui touchent à la société en France et à l'international et qui n'affectent peut-être pas déjà quotidiennement leur business mais l'impacteront dans les années à venir", a déclaré l'AFP M. Roux de Bézieux.

Après une polémique au début de l'été provoquée par l'invitation à une table ronde sur les populismes de la figure de l'extrême-droite Marion Maréchal, le président du Medef veut "redonner du dynamisme" à l'événement, par un "retour aux sources", avec des débats ouverts et contradictoires.

Amazonie et inégalités

Le successeur de Pierre Gattaz ouvrira les festivités par un discours qui portera d'abord sur l'avenir du capitalisme, "dans une période très particulière post-G7, avec le Brexit dans l'actualité" avant de se poursuivre "plus terre à terre" sur les retraites, la fiscalité et le chômage.

Suivra une séquence européenne avec notamment les ministres de l'Économie français Bruno Le Maire et allemand Peter Altmaier, au moment où la France aimerait voir l'Allemagne utiliser son excédent budgétaire pour relancer son économie qui bat de l'aile.

Sur les retraites, M. Roux de Bézieux s'est dit "surpris par la méthode" choisie par Emmanuel Macron après 18 mois de concertation. Le président de la République a annoncé lundi qu'il préférait agir sur la durée de cotisation que sur l'âge de départ.

Sur le fond, ne pas agir sur l'âge, c'est "mentir par omission aux Français", au moment où se profile "une impasse budgétaire en 2025" pour maintenir l'équilibre financier du système, a-t-il jugé au micro de France Inter.

Satisfecit pour l'action d'Emmanuel Macron

"On craint que ce soit une manœuvre dilatoire avec en toile de fond des préoccupations électorales à l'approche des municipales", a renchéri mercredi sur RFI Patrick Martin, président délégué du Medef.

D'une manière générale cependant, "on n'a pas à se plaindre" d'Emmanuel Macron, a-t-il reconnu.

"Depuis quatre ans, il y a un certain nombre de mesures qui ont été prises pour les entreprises: pacte de compétitivité et ordonnances travail", a résumé M. Roux de Bézieux sur BFM Business, saluant aussi les allègements d'impôts.

Le Medef ne baisse pour autant pas sa garde avant les arbitrages du budget 2020.

Après la crise des "gilets jaunes", "l'État n'a plus les moyens de sa politique: les 17 milliards qui ont été distribués l'ont été à crédit. Il ne faudrait pas que ce soit récupéré sur le dos des entreprises au moment où la conjoncture ralentit", a mis en garde M. Martin.

Dix ministres et secrétaires d'Etat seront présents à la REF, dont Muriel Pénicaud (Travail), Gérald Darmanin (Comptes publics) et Elisabeth Borne (Transition écologique), ainsi que plusieurs responsables politiques de droite, comme Nicolas Sarkozy.

L'Amazonie, que les feux de forêt ont mis au premier du plan du G7 qui s'est achevé lundi à Biarritz, sera représentée par le chef indien Almir Narayamoga Surui, tandis que des entreprises françaises signataires d'une charte sur le climat feront le bilan à 18 mois d'engagements pris fin 2017.

Le thème des inégalités sera décliné lors de plusieurs débats sous différents angles: "obsession française", pauvreté, hommes-femmes, inégalités territoriales avec l'une des initiatrices du mouvement des "gilets jaunes", Jacline Mouraud, ou encore santé.

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Commentaires
a écrit le 29/08/2019 à 9:20 :
C'est un bon patron du MEDEF mais c'est une mauvaise représentation patronale car ne défendant que les intérêts des plus gros et malgré sa roublardise il ne peut pas redonner de la crédibilité à un énième valet des classes dirigeantes alors que la majorité des patrons font partie de l'économie réelle et il serait temps de leur dire à eux aussi.

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