« On passe d'une société de classes à une société d'individus isolés » Yann Algan, Sciences Po

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Yann Algan, directeur de l'École d'affaires publiques de Sciences Po.
Yann Algan, directeur de l'École d'affaires publiques de Sciences Po. (Crédits : Manuel Braun)
ENTRETIEN. Selon le directeur de l'École d'affaires publiques de Sciences Po, la dégradation des conditions de vie des classes moyennes et populaires alimente la spirale de la défiance à l'égard des institutions. Face à cette crise, l'économiste plaide pour une refondation des lieux de socialisation.

LA TRIBUNE - Montée des populismes, votes antisystèmes... que disent ces phénomènes sur l'état et l'évolution de la confiance dans le monde ?

YANN ALGAN - La montée des forces antisystèmes témoigne d'une crise de confiance dans les institutions, dans les experts, les élus et les élites. Il y a également une défiance vis-à-vis des autres. Ces deux dimensions sont complémentaires mais il faut les distinguer. La défiance dans les institutions est ce qui représente le terreau commun de l'ensemble des forces antisystèmes en Europe ou aux États-Unis. C'était aussi la matrice commune du mouvement des « gilets jaunes ». La confiance en l'autre est la dimension clé qui fait le grand partage des eaux entre les électeurs de la gauche radicale, beaucoup plus confiants et tournés vers un autre projet de société, et les électeurs de la droite populiste (Rassemblement national en France ou la Ligue du Nord en Italie) qui témoignent d'un rapport très dégradé aux autres qui se manifeste par un repli identitaire. C'est là tout le sujet d'un prochain livre (1), sur lequel je travaille avec Daniel Cohen, Elizabeth Beasley et Martial Foucault.

Quels sont les principaux facteurs qui ont déclenché...

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a écrit le 09/07/2019 à 16:33 :
Le problème est que les dirigeants politiques sont élus avec un nombre de voix trop faible par rapport aux inscrits, ils sont minoritaires et ne représentent pas la population. Il est nécessaire de modifier le code électorale afin de trouver 'enfin des élus qui représentent des majorités réelles, et non pas ces pseudos majorités caricaturales. Cela vaut pour le Président de la République, amis aussi pour l'ensemble des élus des députés aux maires.
a écrit le 09/07/2019 à 15:59 :
un macroniste de la première heure !
a écrit le 09/07/2019 à 14:10 :
Ceux qui aujourd'hui se sentent fort (sont riches)vont continuer à se renforcer (s'enrichir)... Mais ils seront de moins en moins nombreux et en face il y aura de plus en plus de mécontents. Le jour arrivera où on leur dira STOP.
Et il est fort possible que ce coup d'arrêt se fasse dans la douleur d'une révolution, d'une guerre, et la pire, la guerre civile.
a écrit le 08/07/2019 à 18:05 :
Tant qu'il y a des moutons à tondre, les classes dirigeantes sont tranquilles. Regardez le pauvre constat des gilets jaunes, trop pauvres pour manifester, pas assez intelligents pour s'organiser, trop fiers pour être représentés. Regardez la classe moyenne qui rumine, qui se replie sur elle même en ronchonant, sans avoir le courage de manifester et d'être représentée, et regardez les grands gagnants, toujours plus riches, toujours plus puissants, tellement puissants que les ministres n'ont qu'un mot à la bouche : réductions fiscales pour les attirer, et pour meiux tondre les moutons, car tant qu'ils existent, la classe dirigeante est tranquille... Les français de la Bastille n'existent plus, vive le français pauvre, moyen et peu courageux, abreuvé d'internet, de foot et séries à gogo. A l'écologie ? Sans programme économique sérieux, l'écologie va dans le mur, il n'y a que les rêveurs qui y croient, hors les français ont besoin de réalité, pas de rêve;
Réponse de le 09/07/2019 à 10:23 :
Dans le cas des GJ, le Probleme c etait surtout qu ils etaient d accord sur rien a part pour protester contre la hausse des taxes sur le carburant et le 80 km/h. Par ex une partie des GJ voulaient qu on augmentent leurs retraites, mais les autres refusaient de payer plus d impots (pourtant des pensions plus elevees = des impots en plus pour les actifs dans un Systeme par repartition).
a écrit le 08/07/2019 à 17:47 :
« On passe d'une société de classes à une société d'individus isolés »

Le vote de classe existe toujours par contre.
Réponse de le 08/07/2019 à 18:36 :
Il n'y qu'à voir le vote massif, lors des élections, des gens aisés,dans les quartiers riches de Paris et l'auteur de l'article dit que la lutte des classes n'existe plus
Réponse de le 09/07/2019 à 17:24 :
Exact.
a écrit le 08/07/2019 à 11:45 :
Ce qu'il y a de dommage en France, c'est que l'on se decide toujours a prendre la decision de se bouger quand c'est deja trop tard. L'incurie politique sans limite.
a écrit le 08/07/2019 à 10:05 :
Ceux qui veulent une "nouvelle société" ont tout fait pour détruire la précédente: nous expliquant qu'ils ne sont pas en cause et que leur décision n'est qu'une conséquence!
Les campagnes médiatiques accès sur la différence et leur victimisation sont là pour terminer ce travail de sape de la société et imposer une idéologie loin de renforcer la démocratie!
a écrit le 08/07/2019 à 9:45 :
"Oui il y a bien une lutte des classes mais c'est ma classe celle des riches qui l'a fait et nous gagnons" W. Buffet

"La notion de libre arbitre a été inventée par les classes dirigeantes" Nietzsche

Votre analyse tourne dans le vide puisque d'une part il y a toujours eu "défiance vis à vis des autres" et d'autre part que les gens soient isolés ou solidaires cela ne change strictement rien au principe des castes.
Réponse de le 09/07/2019 à 11:52 :
Par rapport à la phrase à buffet ( 4 ème fortune du monde)

Ce qu’il a perdu est plus grand que ce qu’il a gagné ... écraser économiquement les autres : ce n’est pas gagner.

La lutte des classes n’a jamais commencé réellement.
Réponse de le 09/07/2019 à 15:47 :
"La lutte des classes n’a jamais commencé réellement."

En effet on s'est toujours fait écraser car maintenant en plus ils ont la télévision, outil de manipulation incroyablement efficace, trop efficace même pour eux mais incapables de le voir car aliénés, faisant qu'ils ont la suprématie le problème étant que plus on possède et plus on est possédé ils iront jusqu'à la fin du monde par pure cupidité.

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