ENTRETIEN - Après l’alerte de l’OMS sur le nouveau variant de la variole du singe, le ministre estime que notre système de santé permet de limiter sa propagation sur le territoire.Face à la propagation du nouveau variant du virus Mpox, l'OMS a rehaussé vendredi son état d'alerte au niveau maximal. Beaucoup plus létal que sa première version découverte en 2022 dans l'ouest de l'Afrique, il est apparu en Suède et au Pakistan, laissant craindre une contagion à grande échelle. Frédéric Valletoux, ministre de la Santé, assure cependant que la France a les capacités pour y faire face.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Des cas du nouveau variant du virus ont-ils été détectés en France?
FRÉDÉRIC VALLETOUX - Jusqu'à présent, aucun. Chaque suspicion fait l'objet d'un séquençage. Pour l'instant, cela n'a pas donné lieu à la découverte d'un patient atteint par ce nouveau variant du Mpox.
Faut-il tout de même se préparer à voir la maladie surgir aussi dans le pays?
La France n'est pas isolée. Donc oui, on s'attend, comme tous les pays européens, à des cas déclarés, notamment en raison des allées et venues avec les zones d'Afrique touchées. Je ne suis pas devin et je ne peux pas prédire combien de cas il y aura. Mais il y a de fortes chances que des cas sporadiques apparaissent, et sans doute prochainement.
L'OMS a lancé une alerte mondiale. Faut-il s'en inquiéter?
Cet appel de l'OMS a surtout un double objectif. Le premier est de mettre en garde contre un virus d'une forme nouvelle qui doit être pris au sérieux et faire l'objet d'une solidarité internationale. C'est pour cela que l'OMS fait appel à une mobilisation de financement pour des vaccins, parce que le virus concerne surtout des pays aux systèmes de santé fragiles. C'est la raison pour laquelle le président de la République a décidé de donner des vaccins aux pays les plus touchés. Le second est de mettre en alerte l'ensemble des systèmes de santé de façon que chacun soit vigilant et en capacité de réagir.
Propos recueillis par Antoine Malo et Marin Paulay