Pourquoi les syndicats risquent de ne pas peser lourd dans la campagne...
Fanny Guinochet
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STEPHANE MAHE
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Dure période pour les syndicats. Leurs thèmes de prédilection - l'augmentation des salaires, le maintien du pouvoir d'achat - arrivent en tête des préoccupations des Français dans les enquêtes d'opinion. Et pourtant, leurs actions ne sont pas très suivies.
Quelques milliers de Français sont descendus dans la rue, dans les transports ; des perturbations ont été enregistrées ici et là, des grèves ont paralysé des équipements- des centres de loisirs, cantines, ou administrations- mais pas de grand soir, pour cette première journée d'action post- Covid.
Et, pour cause, la contre-offensive du gouvernement complique la donne. Pour faire face à la flambée des prix du gaz et de l'électricité, l'exécutif a annoncé une panoplie de mesures de soutien : un bouclier « tarifaire », bloquant temporairement la hausse des prix du gaz, une rallonge de 100 euros le chèque énergie... Sans oublier, la hausse du Smic en octobre, même si elle est mécaniquement déclenchée par une poussée de l'inflation.
A l'occasion de la présentation du budget, l'exécutif insiste sur les gains de pouvoir d'achats enregistrés sous ce quinquennat, grâce à la croissance, à la baisse du chômage, mais aussi à sa politique de redistribution (revalorisation de différentes allocations, de la prime d'activité, modification du barème de l'impôt sur le revenu, suppression de la taxe d'habitation ...).
Et selon l'exécutif, toutes les catégories de Français ont bénéficié de cette amélioration du pouvoir d'achat, au premier chef les foyers les plus pauvres.
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Reste que la plupart de ces décisions ont été prises sans que les syndicats n'aient eu à peser. Emmanuel Macron n'a jamais été un défenseur du paritarisme. Lorsqu'il est arrivé à l'Elysée, il a passé ses premières réformes - comme celle du code du Travail - par ordonnances, reléguant les centrales au second plan. La pandémie a renforcé sa conception du paritarisme. « A la fin du printemps 2020, l'Etat a appelé à la rescousse les partenaires sociaux, face au mécontentement des personnels de santé mais c'était pour mettre en scène un "Ségur de la Santé". Et les autres mesures économiques ont été décidées sans eux », notent par exemple les chercheurs Dominique Andolfatto et Dominique Labbé, dans leur dernier ouvrage « Anatomie du syndicalisme » qui vient de paraître, aux Presses Universitaires de Grenoble.
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Fanny Guinochet
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