Présidentielle 2022 : l'information des journalistes jugée "bonne" par une majorité de Français

Selon une étude réalisée par Viavoice pour les Assises du journalisme de Tours, publiée samedi ; une majorité de Français (57%) juge "bonne" l'information délivrée par les journalistes pendant la campagne présidentielle.

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(Crédits : Reuters)

Selon une étude réalisée par Viavoice pour les Assises du journalisme de Tours, publiée samedi ; une majorité de Français (57%) juge "bonne" l'information délivrée par les journalistes pendant la campagne présidentielle. D'après ce sondage effectué en partenariat avec France Télévisions, France Médias Monde, Le Journal du Dimanche et Radio France, seuls 11% des personnes interrogées estiment que l'information délivrée était "très mauvaise" et 25% la trouvent "assez mauvaise", Parmi les Français satisfaits de la couverture faite par les médias, 8% estiment que l'information délivrée était "très bonne" et 49% "assez bonne".

Différences entre les électeurs de Macron et ceux de Mélenchon

Les différences sont très nettes selon le candidat plébiscité par les sondés au premier tour des présidentielles. Ainsi, 79% des électeurs du président sortant, Emmanuel Macron, estiment que l'information était "bonne", suivis à 68% des électeurs du candidat écologiste Yannick Jadot et à 59% de ceux de Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise).

En revanche, à l'autre bout du spectre, les électeurs du polémiste d'extrême-droite Eric Zemmour manifestent la plus forte défiance vis à vis des médias: 62% d'entre eux jugent "mauvaise" la qualité de l'information pendant la campagne présidentielle. Ils sont suivis par les électeurs de la candidate du RN Marine Le Pen (53%) et ceux de la candidate LR Valérie Pécresse (45%).

Le clivage est également visible en fonction de l'âge des sondés: les 60 ans et plus sont ceux qui ont le plus confiance dans l'information délivrée: 65% d'entre la jugent "bonne", contre seulement 48% parmi les jeunes entre 18 et 24 ans.

La télévision reste le canal le plus utilisé pour s'informer pendant la campagne présidentielle: 75% des sondés citent ce média en premier, suivi de la radio (38%) et de la presse écrite (37%).

Internet (journaux en ligne, sites d'actualités, blogs, influenceurs, chaînes YouTube) arrive juste après avec 33%, selon cette étude où plusieurs réponses étaient possibles d'où un total supérieur à 100%.

Cette 6ème édition du baromètre Viavoice / Les Assises sur l'utilité du journalisme a été réalisé en ligne juste après le second tour de la présidentielle, du 25 au 27 avril, auprès d'un échantillon de 1.000 personnes, représentatif de la population française adulte, selon la méthode des quotas.

Il est publié en amont des 15e Assises du journalisme, qui auront lieu du 9 au 13 mai à Tours. Elles ont pour thème journalisme et politique, un mois après l'élection présidentielle et un mois avant les législatives.

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La situation du journalisme est "sombre"

La situation du journalisme est "sombre" dans un monde où l'omniprésence des réseaux sociaux laisse libre cours à un flot de propagande, de faits alternatifs et de réécriture de l'histoire, a mis en garde cette semaine la Nobel de la Paix, Maria Ressa dans un entretien à l'AFP. La journaliste philippine, co-fondatrice du site d'information Rappler qui a partagé le prix Nobel avec son collègue russe Dmitri Mouratov, en veut pour preuve la situation dans son propre pays. Ferdinand Marcos Jr -le fils du dictateur qui pendant deux décennies a fait régner la terreur et la corruption - est donné comme probable vainqueur de la présidentielle la semaine prochaine, 36 ans après la chute de son père.

"Il semble en passe de l'emporter et c'est possible seulement parce que l'histoire a changé devant nos yeux", a expliqué la journaliste, en marge d'une manifestation en faveur de la liberté de la presse à Genève.

Marcos Jr profite d'un déluge de désinformation sur les réseaux sociaux ciblant les plus jeunes générations qui n'ont aucune mémoire des exaction commises par son père.

Mme Ressa souligne aussi que le candidat refuse de participer à des débats et évite les questions des journalistes, semblant ainsi suivre la voie d'autres politiciens comme Jair Bolsonaro, le très controversé président du Brésil.

"C'est bien le problème avec les réseaux sociaux: cela a fait fleurir la propagande et littéralement permis à des personnalités publiques comme Marcos ou Bolsonaro de créer leur réalité alternative en contournant les mécanismes de contrepouvoir" des médias, souligne t-elle, avant d'enfoncer le clou: "Ce n'est pas une bonne chose".

Face à ces défis, "la mission du journalisme est plus importante aujourd'hui qu'elle ne l'a jamais été", explique-t-elle.

Pour la journaliste, dès 2014, les réseaux sociaux ont permis de  propager dans le monde entier deux narrations divergentes de l'annexion de la Crimée par l'armée russe et le phénomène s'est encore aggravé avec l'invasion de l'Ukraine en février.

Dans un tel environnement, un accès à des informations fiables est vital.

"Je pense que nous sommes arrivés à un point où tout ce que nous (les journalistes) pouvons faire compte parce que nous sommes tout près du bord du gouffre", dit-elle.

Pour la prix Nobel de la Paix, il n'y a pas de garde-fous et les réseaux sociaux exposent beaucoup plus les journalistes aux menaces et aux attaques.

"Maintenant, à chaque fois que vous écrivez un article qui essaye de mettre le pouvoir face à ses responsabilités, vous devez être préparé à être attaqué personnellement", explique Mme Ressa, qui elle-même risque 100 ans de prison pour avoir dénoncé les excès du président Rodrigo Duterte.

Mais si le prix Nobel a été un "soulagement" parce qu'il démontrait que le comité avait bien compris à quel point la tâche des journalistes était devenue plus difficile et que "les risques ont augmenté", il n'en a pas pour autant protégé Mme Ressa des poursuites judiciaires. Au contraire, "elles se sont accélérées", a-t-elle expliqué.

Pour elle, il est injuste de "demander aux journalistes de faire tous ces sacrifices" et elle exhorte les gouvernements et la communauté internationale à prendre les choses en main et réguler ces technologies qui ont transformé notre société de l'information.

"Il faut des garde-fous pour que nous puissions faire notre travail", juge-t-elle.

En attendant, les journalistes "n'ont pas le choix" et doivent continuer à défendre la démocratie du mieux qu'ils le peuvent, remarque Mme Ressa: "Nous tentons d'arrêter le flot à main nues en espérant que le reste de la société va prendre le relais"

 (Avec AFP)

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Commentaires 8
à écrit le 12/05/2022 à 12:11
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phase 1 : + de 5 mois avant les élections préparer les gens au résultat phase 2 : sondage matin, midi, soir et la nuit sur tous les média phases 3 :dire que c'est évident et inévitable et que toutes personne intelligentes et saine d'esprit est d...

à écrit le 12/05/2022 à 9:23
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Quand il y a de l'information, elle est bonne. Mais il y a surtout beaucoup, beaucoup de bruit pour rien. En plus des polémiques bidons, de la rhétorique de bazar de nos grands penseurs médiatiques, et des photos trafiquées.

à écrit le 09/05/2022 à 11:13
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"l'information des journalistes jugée "bonne" par une majorité de Français" C'est encore une demande de sondage des lrem ? pour savoir si ils ont bien hypnotisé les français pendant cinq ans de bourrage de crâne ,apparemment le résultat est correc...

à écrit le 09/05/2022 à 7:57
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Une réponse "négative" n'aurait pas eu d'echo dans les médias! On n'est pas assez bête pour se faire harakiri, n'est ce pas?

à écrit le 08/05/2022 à 12:35
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Il y a sans doute eu des progrès d’accomplis, mais un certain nombre de journalistes s’expriment toujours en tant que militants sans parler de cette profusion d’éditorialistes qui pensent nous livrer du prêt à penser politique…….

à écrit le 08/05/2022 à 10:14
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C'est toujours mieux qu'en Russie, en Chine ou en Corée du Nord. Ceci dit , la critique est aisée, et l'art difficile. D'aucuns préfèrent n'entendre que le son de cloche qui reste agréable à leurs oreilles, hors de toute critique objective et const...

le 11/05/2022 à 17:14
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@Valbel89 Heureusement que la Russie, la Corée du Nord et la Chine existent, car elles jouent le rôle d'épouvantails utiles pour tous ceux qui n'ont pas d'arguments pertinents à faire valoir quand on parle de la France. Plus sérieusement, il est de...

à écrit le 08/05/2022 à 9:08
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Cette auto congratulation à l'ère d'internet est ridicule, par ailleurs couvrir une campagne présidentielle et son lot de bobards habituels est plus que facile. Lesp oliticiens fanfaronnent et vous leur tendez le micro, où est la difficulté !? Pour ...

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