Recherche et développement : Macron veut atteindre les 3% du PIB

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Emmanuel Macron, candidat à l'élection présidentielle, se dévoile un peu en matière de recherche et développement.
Emmanuel Macron, candidat à l'élection présidentielle, se dévoile un peu en matière de recherche et développement. (Crédits : REUTERS/Philippe Wojazer)
L’ancien ministre de l’Economie et fondateur du mouvement En marche souhaite que la France consacre 3% de son PIB à la recherche. C’est exactement ce que préconise la stratégie de Lisbonne mise en place par Bruxelles en… 2000.

En attendant d'en savoir davantage sur son programme économique, qui sera présenté début mars, Emmanuel Macron, candidat à l'élection présidentielle, se dévoile un peu en matière de recherche et développement.

Dans un entretien accordé à cinq scientifiques français publié dans Sciences et Avenir à paraître jeudi, l'ancien ministre de l'Economie et fondateur du mouvement En marche a expliqué que la R&D publique "souffre à la fois d'un manque de visibilité et de stabilité budgétaire", promettant de mettre en place une stratégie sur cinq ans afin de remédier ces faiblesses.

"Il nous faut développer tout ce qui est intensif en R&D dans le numérique, la biotech, ce qui relève de l'environnement et de la transition énergétique. L'Allemagne compte 2,5 fois plus d'entreprises de ce type : c'est un atout formidable que nous n'avons pas encore", a fait valoir l'ancien ministre de l'Economie.

La stratégie de Lisbonne a été abandonnée

Précisément, il souhaite consacrer 3% du PIB à la recherche et au développement dans le cadre d'une "stratégie quinquennale". En clair, il n'abandonne pas la stratégie de Lisbonne actée par Bruxelles en 2000.  

D'après Axel Kahn, généticien et ancien président de l'université Paris-Descartes, la France alloue actuellement un peu plus de 2% de son PIB à ce secteur source d'innovations.

Pour atteindre cet objectif, Emmanuel Macron dit croire "beaucoup à la recherche partenariale" public-privé et souhaite "soutenir le développement d'entreprises de taille intermédiaire, entre PME et grands groupes, qui innovent et qui sont capables de tirer l'ensemble de la recherche".

Place à la stratégie Europe 2020

Pour mémoire, la stratégie de Lisbonne souffrait de l'absence de moyens financiers spécifiques. De fait, quand les États-Unis disposent d'un budget fédéral qui leur permet de consacrer 127 milliards de dollars par an à la recherche, l'Union européenne, dont le budget n'est pas de nature fédérale, n'y consacre que 4 milliards d'euros chaque année.

Actant l'échec de cette stratégie, la Commission a mis au point en mars 2010 la stratégie Europe 2020, plus globale, visant une "croissance intelligente, durable et inclusive", organisé autour de trois axes : l'innovation, l'accroissement du taux d'emploi et la durabilité de la croissance. Ses objectifs chiffré sont les suivants : un taux d'emploi global de 75%, soit 5 points de plus que dans la stratégie de Lisbonne), un budget de la recherche équivalent à 3% du PIB (reprise de l'objectif précédent, réaffirmé malgré le contexte de réduction des déficits et de la crise), une réduction de 25% de la pauvreté, ou encore une diminution de l'échec scolaire de 15 à 10%.

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a écrit le 23/02/2017 à 19:44 :
Macron c'est le Christophe Colomb des propositions il ne sait pas d'où il part, il ne sait pas où il va, il ne sait pas comment il fera, mais il s'en moque il n'a pas l'intention d'arriver à faire les choses, il veut juste être aux manettes pour ses amis, comme Hollande, on a vu le résultat.
a écrit le 23/02/2017 à 18:46 :
d'ou vient son "2,5 fois plus d'entreprises de ce type" ?
145 000 entreprises françaises dans les secteurs de haute technologie contre 122 000 en Allemagne, en 2014, dixit Eurostat.
a écrit le 23/02/2017 à 10:42 :
En ce qui concerne la R&D, certes il faut des budgets, mais surtout il faut créer un contexte et une alchimie favorable. La greffe public-privé, prends du temps.
Le Crédit d'Impôt Recherche date quand même de 1983 et a du être réajusté à plusieurs reprises. 2004, 2008, 2013 (voir infos ACIES et articles du Nouvel Éco).

Il semble à présent efficace, mais pourquoi ne pas octroyer une part plus importante aux PME PMI ? Les grands groupes ont habituellement les moyens de financer leur recherche, ou au moins d'ajuster réinvestissements et versement de dividendes. Alors que la problématique des petites entreprises reste le développement, ou sinon parfois la survie.

On pourrait croire que ce qui manque également ce sont les fonds d’investissement, de capital risque et capital développement, les plus gros étant aux USA ou à Londres. Mais d'après une étude de la BSI, la France est au deuxième rang mondial en termes de nombre d'entreprises financées.

Je crois que ce que l'on pourrait attendre de l’état, c'est aussi une simplification sociale, fiscale et réglementaire. Les entrepreneurs étant déjà soumis à la pression de la concurrence et aux problèmes de financement, on pourrait au moins essayer de leur épargner les tracasseries administratives.

Pour le moment, on subit quand même une désindustrialisation et on est quasiment à la moitié des performances de l'Allemagne dans ce secteur.
a écrit le 23/02/2017 à 8:50 :
faire de la r&d ca suppose des fonds propres et/ou de la rentabilite ( selon le stade d'avancement de l'entreprise)
les entreprises francaises n'ont plus aucun des deux vu qu'elles ont servi a financer les emplois publics et la secu gratuite pour tous
maintenant que ce pays recolte les fruits il n'est pas content
trop tard
( si la france a 2 fois mois de robots que ... l'italie, ca ne vient pas de nulle part; itou pour l'age moyen du capital!)
a écrit le 23/02/2017 à 8:00 :
déjà un candidat qui s'intéresse à la R&D et qui semble avoir une vision est une bonne chose. L'emprunt pour la R& D est le seul qui est productif de croissance nous avons depuis des décennies fait de l'emprunt le système abreuvoir du discours social. Ci dernier s'impose pour nos compatriotes les plus en difficultés cela n'est pas vrai pour le faire à tour de bras. Il serait intéressant que Mme Le Pen vienne nous parler de sa vision de la recherche non je ne suis pas moqueur mais simplement conscient des lacunes.
a écrit le 22/02/2017 à 18:17 :
il faut marier les grandes entreprises et en faire des champions internationaux pour laisser la place aux petites de grandir a leur tours, comme en Allemagne ! ex Thales Safran Zodiac doivent devenir un géant mondiale !
Réponse de le 23/02/2017 à 5:41 :
Très mauvaise idée dilemblue ! Ras le bol des multinationales qui mangent tout et qui créent très peu d'emplois ! Il faut favoriser les PME, ce sont elles qui créent des emplois, pas les multinationales que vous chérissez !
Réponse de le 23/02/2017 à 8:52 :
l'etat stratege a deja marie edf avec areva et sait marirer tous les canards boiteux a des boites viables pour que les deux coulent, mais un peu plus tard........
un peu comme quand on marie arcco et agirc pour repousser la faillite proche de l'un en syphonnant les caisses de l'autre
a écrit le 22/02/2017 à 17:55 :
l'Allemagne aurait 2,5 fois plus d'entreprises des nouvelles technologies, d'après lui. mais la France a 94 représentants dans le classement Deloitte Tech Fast 500 des boîtes les plus dynamiques, contre 23 pour l'Allemagne. la France est 1ère devant le UK (70 boîtes).
c'est comme pour la R&D. l'Allemagne dépense plus (parce-que son secteur industriel est plus important, en fait) et dépose plus de demandes de brevets. mais la France a un meilleur ratio brevets obtenus/demandes de brevets. ce qui explique le très bon classement de la France au Thomson Reuters Top 100 Global Innovators (loin devant Germanie). en plus du très bon classement au Reuters des Instituts de R&D (1ère place, et 3 dans le Top 10).

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