Réforme de l'assurance-chômage: et maintenant ?
Charlotte Hill et Fabrice Randoux, AFP
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La disposition la plus contestée par les syndicats, la modification du calcul du salaire journalier de référence (SJR, base de l'allocation), entrera en vigueur.
Le calcul sera moins favorable aux demandeurs d'emploi qui alternent régulièrement périodes de chômage et d'activité. Un "enjeu d'équité" pour l'exécutif car actuellement le système est plus favorable à ceux qui alternent contrats courts et inactivité qu'à ceux qui travaillent en continu. Pour les plus précaires, un plancher a été introduit (le nombre de jours non travaillés pris en compte sera limité).
Le ministère reconnaît que plus de 800.000 futurs chômeurs (les droits acquis avant le 1er juillet ne sont pas remis en cause) auront une indemnisation mensuelle inférieure - en moyenne de plus de 20% selon l'Unédic - à ce qu'ils auraient touché avec les règles actuelles.
Mais il estime que les demandeurs d'emploi vont être concernés "progressivement" au fur et à mesure des fins de contrat et que "les droits ne sont pas diminués" car ils sont ouverts "plus longtemps". En clair, le capital reste le même mais étalé dans le temps. Mais une partie des chômeurs retrouvent un travail avant d'avoir consommé tous leurs droits (selon l'Unédic, en 2019 "les allocataires consomment 68% de leurs droits en moyenne, soit 10 mois"). La baisse du SJR réduit aussi la possibilité de cumuler un revenu d'activité avec une allocation, permettant au final de réaliser près d'un milliard d'économies par an.
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Le durcissement d'une partie de la réforme est soumis à une clause de "retour à meilleure fortune".
La durée requise pour ouvrir des droits passera de 4 à 6 mois de travail sur les 24 derniers (augmentés d'une période de neutralisation liée aux confinements). La dégressivité de l'allocation pour les hautes rémunérations (plus de 4.500 euros mensuels brut pour les moins de 57 ans) interviendra au 9e mois à partir du 1er juillet, délai ensuite ramené au 7e mois.
A partir d'avril, deux indicateurs seront mesurés: il faudra qu'il y ait à la fois une baisse du nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A de 130.000 sur six mois et 2,7 millions d'embauches de plus d'un mois en cumul sur quatre mois.
Le durcissement ne pourra donc être décidé qu'au plus tôt fin octobre, si les indicateurs sont au vert.
Charlotte Hill et Fabrice Randoux, AFP