Réforme de l'assurance chômage : le patronat se retire des négociations

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(Crédits : Reuters)
Le Medef et la CPME ont annoncé ce lundi 28 janvier suspendre leur participation à la négociation sur l'assurance-chômage dans l'attente d'une clarification du gouvernement sur le bonus-malus sur les contrats courts.

Haro sur le bonus-malus : les deux principales organisations patronales ont suspendu ce lundi 28 janvier leur participation à la négociation sur l'assurance chômage, fâchées par la "détermination" d'Emmanuel Macron à mettre en place ce dispositif réclamé par les syndicats pour lutter contre la précarité. Le 24 janvier, lors de sa rencontre avec des citoyens dans la Drôme, le chef de l'État avait réaffirmé sa volonté de réguler les contrats courts par le bonus-malus, passant notamment par des pénalités pour "ceux qui multiplient les intérimaires".

« Dans ces conditions, le Medef constate qu'il n'est pas en situation de poursuivre la négociation sans une clarification préalable du gouvernement sur la suite qui serait donnée à un accord entre partenaires sociaux », ajoute l'organisation patronale.

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) annonce également la suspension de sa participation aux négociations, expliquant qu'elle « se refuse à cautionner une nouvelle forme de taxation des entreprises qui créent des emplois ».

Un effet "dévastateur" pour l'emploi

En 20 ans, les CDD de moins d'un mois ont été multipliés par 2,5, une source de précarité et un surcoût de deux milliards d'euros pour l'Unedic qui gère l'assurance chômage.

Le système de bonus-malus consiste à moduler les cotisations chômage de l'employeur en fonction du taux de rupture de contrats de travail. L'idée est de faire varier la cotisation patronale à l'assurance chômage, actuellement de 4,05%, en fonction du taux de rupture de contrats donnant lieu à inscription à Pôle emploi, promesse présidentielle soutenue par les syndicats.

Mais le patronat y est fermement opposé. En novembre, au tout début de la négociation sur l'assurance chômage, Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du Medef, avait assuré qu'un tel système allait « détruire des CDD et des emplois intérim sans pour autant créer de CDI ». La CPME est contre toute « nouvelle forme de taxation des entreprises qui créent des emplois ». Elle estime que ce serait "dévastateur" pour l'économie française et pour l'emploi.

Pour le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, « le patronat portera la responsabilité de l'échec » de la négociation sur la réforme de l'assurance chômage s'il persiste à refuser tout mécanisme de "bonus-malus".

« Soit on a une séance de négociation, cette semaine, telle qu'elle est prévue (jeudi), et on discute, y compris de la façon dont on responsabilise les employeurs dans l'utilisation de ces contrats courts, soit le patronat portera la responsabilité de l'échec de ces négociations », a-t-il affirmé au micro de RMC/BFM TV.

"L'État doit reprendre la main" en cas d'échec des négociations

Démarrée en novembre, la négociation doit prendre fin le 20 février après avoir été prolongée de deux séances, syndicats et patronat échouant notamment à se mettre d'accord sur un mécanisme qui réduirait le recours excessif aux contrats courts.

Lors de ses vœux aux acteurs économiques ce lundi, le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire a déclaré lundi qu'Emmanuel Macron et le Premier ministre Edouard Philippe avaient « indiqué à plusieurs reprises que nous laissons la main aux partenaires sociaux et si les partenaires sociaux n'arrivaient pas à trouver un accord, c'est l'Etat qui devrait prendre la main et prendre ses responsabilités».

« Ce qui compte à mes yeux, en tant que ministre de l'Économie, c'est que cette réforme de l'assurance chômage ait lieu en 2019 (...) pour avoir plus de justice dans l'indemnisation du chômage et plus d'efficacité et inciter plus pour le retour a l'emploi ».

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 31/01/2019 à 10:43 :
"le patronat se retire des négociations"

Mais garde les 40 milliards prévus cette année pour lui.
a écrit le 29/01/2019 à 17:43 :
j ai entendu aujourd hui qu ils allez faire la chasse aux personnes qui arrive a travaille quelque heures aux noir ,? alors que c est quelque heures sont souvent un suplement de petit salaire ou de pensionne ou de petit retraite? alors que des grosses entreprise francaise font de l evations fiscal, AVEC LEURS SIEGE DOMICILIEZ DANS D AUTRE PAYS SI CELA EST VRAIS LE GOUVERNEMENT DE MACRON EST DECENDU BIEN BAS? s en prendre aux retraite ne lui sufit pas C EST HONTEUX???
a écrit le 29/01/2019 à 8:00 :
Pour une fois je suis en phase avec le Medef. Dans notre pays l’état ne respecte pas les règles qu’il met lui-même en place. Il y a négociations donc Le Président suis et respecte le calendrier sans faire de commentaires ou de propositions. M. Macron n’est pas un homme neuf par son parcours l’ENA il impose jusqu’à ne pas respecter les protocoles. Cette maladie de toute personne qui sort de ce cursus imposer et ne pas respecter les règles. Ce gouvernement très étatique peut-être le plus depuis M. Mitterrand a réussi à augmenter! les salaires par un jeu de bonneton en supprimant ou abaissant certaines cotisations sociales. Le Président est entré directement dans la fiche de paie. Aujourd’hui bien sur il faut soit récupérer ces sommes soit revoir le système de financement cela vaut pour le chômage, demain pour la retraite et après demain pour la sécu. Pour cette dernière c’est déjà dans le tuyau en transférant massivement une partie des dépenses vers les mutuelles qui ont fortement augmenté au minimum 5 pour cent, malgré un mensonge éhonté de Mme la ministre et du Président sur l’explication scabreuse de cette augmentation. Le Président avec son exécutif souhaitent changer fondamentale les règles sociales mais comme d’habitude par manque de courage ils louvoient au lieu de mettre cartes sur table. Le mouvement des gilets jaunes n’est pas près de s’arrêter on peut même penser qu’il va s’amplifier car l’exécutif est dans l’hypocrisie la plus complète.
a écrit le 28/01/2019 à 22:23 :
Les contrats ultra courts, autrement dit les cachets ne sont pas mentionnés dans cette histoire de bonus malus. Pourtant ils coûtent très cher à l'assurance chômage. Taxer l'emploi de façon inversement proportionnelle à sa durée et proportionnellement à sa précarité est en soi sordide. A la racine du mal, c'est le laxisme de l'octroi des droits au chômage qui doit être revu. Aucun gouvernement n'ose toucher au système démagogique masquant la lâcheté de Mitterand devant le chômage de masse qu'il a créé : recrutement massif de fonctionnaires et indemnités chômage pour tous.
a écrit le 28/01/2019 à 22:07 :
Il va prendre acte de l'échec des négociations et imposer SA solution qui consiste à réduire de 3 milliards les cotisations chômage et les compenser en réduisant d'autant les prestations allouées aux chômeurs.

Et il va tenter de le vendre comme du pouvoir d'achat rendu aux salariés.... jusqu'à ce qu'ils tombent au chômage.
a écrit le 28/01/2019 à 20:56 :
Allez , un premier de cordée incapable d' assumer ses responsabilités et qui par conséquent donnera de l' eau au moulin des G.J .Cela fait trois ans qu' on les caresse dans le sens du poil , encore combien de Md d' €.....Et pour la relocalisation
ils y pensent parce que les Allemands ont déjà amorcé le processus coté Europe centrale .
a écrit le 28/01/2019 à 20:54 :
Question au Gouvernement :

Donc tous les «  contrats en CDD » vont être supprimés ?
pour les services de l’état aussi ?

Si changement «  est » ça devrait être pour «  tous » :
publique comme privé.

Le patronat a raison de demander «  une clarification « 

Abolissons tous les CDD et un contrat CDI pour tous et toutes.
a écrit le 28/01/2019 à 18:38 :
"La CPME est contre toute « nouvelle forme de taxation des entreprises qui créent des emplois "...d'un mois.
a écrit le 28/01/2019 à 17:32 :
La vérité c'est que ce dispositif est nécessaire dans pas mal de cas. Ce dispositif ne peut aucunement régler le problème du chomage. Donc l'allourdir en pensant que cela va faire diminuer le chômage est illusoire. Pour créer de l'emploi, il faut de l'investissement dans tous les domaines et pour qu'il y ait de l'investissement, il faut des marchés, et de la confiance. On ne peut pas créer la confiance si on change sans arrêt le cadre fiscal, et si on veut taxer les gens non pas sur leurs revenus mais sur leur richesse (typiquement ISF). Au fait ce qui manque le plus à ce pays, ce sont les riches.
Réponse de le 28/01/2019 à 19:59 :
@tototiti
La vérité c'est qu'il faut supprimer tous les contrats à durée déterminée et passer à la trappe les agences d'intérim.
a écrit le 28/01/2019 à 16:48 :
Poputrquoi demander leur avis a des gens qui n'ont que des soucis de profits , de rentabilité" et d'exploitation des travailleurs ?
a écrit le 28/01/2019 à 16:25 :
le reve des patrons et d avoir des ouvriers kinex comme nos mouchoirs en papier jetable :? sauf que l on ne peut pas vivre normalement avec ses petit contrats on ne peut pas faire des projet sd avenir ?c est tous simplement pas humains ?les punir ne suffit pas ils faut definir des contrats plus longt en dessous du qu el un patron ne peut pas faire travaille des gens??? OU SINON FAIRE DES CONTRAS DE MISSION OU DE CHANTIER RENOUVELABLE 2 FOIS???
Réponse de le 28/01/2019 à 17:05 :
Pas de patrons pas de travail. Faut vivre avec son temps, celui de l'adaptation, de l'agilité, faire plusieurs métiers dans une vie, plusieurs entreprises différentes. Imposer n'a jamais crée un seul emploi.

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