Retraites complémentaires, un accord se dessine... et les pensions baisseront

Dans la négociation sur l'avenir des retraites complémentaires Arrco et Agirc, Le Medef a revu à la baisse ses projets d'abattement sur les pensions pour inciter les salariés à prendre leur retraite plus tardivement. La possibilité d'un accord se dessine.
Jean-Christophe Chanut

3 mn

Dans le cadre de la négociation sur les régimes complémentaires Agirc et Arrco, le patronat propose un nouveau barême d'abattements sur les pensions pour soulager les finances. Un salarié qui liquiderait sa retraite complémentaire à 62 ans verrait sa pension amputée de 15% la première année, 12% la seconde et 10% la troisième, avant de retrouver une retraite à taux plein à 65 ans.
Dans le cadre de la négociation sur les régimes complémentaires Agirc et Arrco, le patronat propose un nouveau barême d'abattements sur les pensions pour soulager les finances. Un salarié qui liquiderait sa retraite complémentaire à 62 ans verrait sa pension amputée de 15% la première année, 12% la seconde et 10% la troisième, avant de retrouver une retraite à taux plein à 65 ans. (Crédits : Flickr/jyc1. CC License by.)

Tout est toujours possible dans les négociations entre patronat et syndicats. La réunion, fondamentale, ce vendredi sur l'avenir des régimes de retraites complémentaires Agirc (cadres) et Arrco (ensemble des salariés du privé) en est la plus parfaite illustration. Alors que l'on croyait la situation complètement bloquée, finalement, les choses évoluent vers la signature possible d'un accord. Le Medef a en effet mis de l'eau dans son vin en modifiant ses propositions pour inciter les salariés à travailler plus longtemps, au-delà de l'âge et de la durée de cotisation actuellement fixés (62 ans 41,5 années de cotisation).

Selon le nouveau texte remis par la délégation patronale, le Medef garde toute de même l'idée d'instaurer un système de bonus-malus pour les départs à la retraite, dépendant à la fois de l'âge et de la durée de cotisation.

Des abattements sur pensions variant entre 10% et 15%

Il s'agit d'inciter les salariés, à partir de 2019, à travailler une année de plus, une fois qu'ils ont rempli les conditions nécessaires pour partir avec une retraite à taux plein.

Ainsi, un salarié remplissant ces deux conditions qui déciderait de prendre sa retraite à 62 ans verrait sa retraite complémentaire amputée de 15% la première année, 12% la seconde et 10% la troisième, avant de retrouver une retraite à taux plein à 65 ans.Dans le projet précédent, ces taux d'abattement était plus élevé.

En revanche, s'il travaille jusqu'à 63 ans (soit 4 trimestres de plus) ce malus dégressif et temporaire sera annulé.

S'il reste deux ans de plus en activité (8 trimestres), il bénéficiera d'un bonus, pendant un an, de 10%. Bonus qui grimpe à 20% s'il travaille trois ans de plus (12 trimestres), à 30% pour quatre ans de plus (16 trimestres).

Une personne qui devrait travailler jusqu'à 64 ans pour obtenir toutes ses annuités devrait ainsi partir à la retraite à 65 ans pour ne pas subir de décote. A total, selon le chiffrage du Medef, cette seule mesure permettrait d'économiser 800 millions d'euros à l'horizon 2020. Et si toutes les autres préconisations du patronat étaient retenues (par exemple, le report de la revalorisation des pensions au 1er novembre et l'augmentation du coût d'achat du point), ce sont 6 milliards d'euros qui seraient économisés.

Les retraités modestes exonérés de CSG ne seraient pas concernées par ces décotes.

Une possible hausse des cotisations patronales

En contrepartie, toujours selon le texte du Medef, le patronat se dit prêt à accepter une hausse des cotisations patronales qui reste cependant à chiffrer, et qui doit être compensée par une baisse des cotisations pour la branche AT-MP (accidents du travail -maladie professionnelle). Mais pour ce faire, l'Etat doit donner son accord.

La fusion des deux régimes Agirc et Arrco à l'horizon 2019 est maintenue dans le projet du Medef, qui promet toutefois d'engager une négociation sur le statut de l'encadrement, comme le réclame la CFE-CGC.

La CGT et FO restent totalement opposées à ces idées de décote. En revanche, la CFDT et la CFE-CGC reconnaissent qu'il y a une ouverture.

De son côté, la CFDT a reconnu que les entreprises ont "clairement fait un pas", "même si cela n'est pas suffisant".  "Les taux d'abattement qui étaient de 25% décendent à 15%", a relevé Jean-Louis Malys.

"Il y a des choses à modifier mais c'est peut-être jouable", a estimé Serge Lavagna, de la CFE-CGC, rappelant que son syndicat refuse un abattement au-delà de 10%.

Les négociations continuent actuellement.

(avec AFP)

Jean-Christophe Chanut

3 mn

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Commentaires 18
à écrit le 18/10/2015 à 9:48
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Maintenant c'est tous les ans qu'on tape sur la retraite, tant que ça passe ...ça passe. Cela ne passera plus quand il y aura blocage aux Champs-Elysées . Alors la CGT&FO comme d'hab on est pas d'accord mais on ne se mouille pas. Donc ils servent ...

à écrit le 17/10/2015 à 12:01
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Le financement des retraites sera difficile à assurer. Il est probable qu'on en reparlera dans les années avenir. La première réforme à faire serait d'arriver à un système unique quelque soit son statut: privé ou public. Cela éviterait les comparaiso...

à écrit le 17/10/2015 à 11:27
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Il faut sauver l'Agirc Arrco. Très bien, mais pourquoi en est on arrivé là ? Plus de 25 ans de départs en préretraite obtenus par un Medef schizophrène qui demande un age de départ à 67 ans mais exige que les salariés partent avant 55 ans. Des poli...

à écrit le 17/10/2015 à 9:32
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Les caisses sons vide pour les retraites pas pour les immigrés au détriment des retraite de puis Hollande les actif ont des revalorisation paritaires et c'est la répartition cha cain son tour des gel de retraites et fin de Hollande ?

à écrit le 17/10/2015 à 8:15
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étant de 1957 ayant travaillé a 17 ans 1/2 j ai déjà 41 ans de cotisations alors l augmentation de l age de départ il faut pas exagérer .je rappelle ici les 6 milliards d euros volés en 2010 a l arrco et l argic par l état les organisations syndic...

à écrit le 17/10/2015 à 2:52
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Bof travail sckave

à écrit le 17/10/2015 à 0:34
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Le patronat a donc "gagné". Rassurons-nous, en 1929-39, il a aussi obtenu tout ce qu'il voulait.

à écrit le 16/10/2015 à 16:19
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l avenir des retraites passe par d autre formes de prelevement et non pas par l augmentation de depart de l age de la retraite , gege depuis des annees il vous donne la solution prelevons sur la rentabilte de l energie? CAR LE TRAVAIL DES 30 GLORIEU...

à écrit le 16/10/2015 à 15:50
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alignement du public sur le privé... etc .... il est fort probable que rien de concret ne soit décidé avant 2018, d'ici là nous seront dans la situation grec !

à écrit le 16/10/2015 à 15:48
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La question des retraites inquièterait 81% des français, il y aurait une dette déclarée de 2000 milliards plus 3500 hors bilan, les comptes ne seraient pas clairs ? Pour les actifs, on parle d’une baisse d’un quart, ne devrait-on penser à des fonds a...

à écrit le 16/10/2015 à 15:25
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@patrickb. Ceux qui paieront le RSA des uns et les retraites des autres sont encore à la maternelle, car le déficit s'accumule. Le problème n'est pas de savoir si vous avez cotisé 41.5 ans pour la retraite de vos parents et grands parents, cet argent...

le 16/10/2015 à 18:09
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@ludovic: parce que toi, tu vas au magasin, tu donnes ton argent et tu ressors les mains vides ? la collectivité peut en effet tout te prendre sans que tu n'aies rien à dire puisque c'est ta politique. Dans ce cas, il faut fortement augmenter les pré...

à écrit le 16/10/2015 à 13:59
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On nous parle d'un gel des retraites, chouette, peut-être un gain de pouvoir d'achat pour les actifs qui sont ponctionnés alors qu'on empêche l'augmentation du nombre des actifs. On fait des dettes qui payent des retraites, mais le niveau de vie est...

le 16/10/2015 à 14:46
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@bof: et une fois de plus, la même histoire. Je vais donc me répéter aussi: 1) pour avoir une retraite, il a fallu cotiser 41,5 ans minimum. 2) dans le temps, le RSA et autres aides diverses n'existaient pas. Conclusion: les "hold-uppeurs" ne sont pa...

le 16/10/2015 à 15:39
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Bonjour, La raison pour laquelle le niveau de vie baisse en France c'est parce-que les qualifications ont baissés et pour beaucoup ne sont plus en adéquation avec le monde d'aujourd'hui. Nous avons vécu une rupture technologique qui va continuer...

le 16/10/2015 à 20:04
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Patrick, Vos arguments sont très discutables. Ce n'est pas la durée de cotisation qui compte mais le rapport cotisation/coût. Si vous recevez dix fois ce que vous versez il y a un problème, il faut bien trouver l'argent quelque part. Sur les ai...

le 18/10/2015 à 10:45
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@finalfox: si on parle argent courant, évidemment que les gens touchent plus qu'ils n'ont cotisé, tout simplement parce que l'inflation est passé par là, et l'inflation est principalement attribuable à ceux qui achètent des Ipod à des prix démentiels...

à écrit le 16/10/2015 à 13:05
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Voila une bonne occasion pour répartir les charges de retraites sur le travail et sur l'énergie, et en plus, cela serait bon pour le climat, tout en diminuant le chomage. Essayez!

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