Santé : les Français inquiets pour l'avenir de l'hôpital public et l'accès aux soins

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L’Observatoire de l’égalité d’accès aux soins note que 69% des Français interrogés ont déjà eu des difficultés à trouver un professionnel de santé dans un délai acceptable près de chez eux.
L’Observatoire de l’égalité d’accès aux soins note que 69% des Français interrogés ont déjà eu des difficultés à trouver un professionnel de santé dans un délai acceptable près de chez eux. (Crédits : Reuters)
Réforme des urgences, de l'hospitalisation, lieu d'exercice imposé pour les médecins... Pour la deuxième année consécutive, la Fédération hospitalière de France (FHF) publie ce mercredi les données de son Observatoire de l'égalité d'accès aux soins.

Alors que le projet de loi santé de Marisol Touraine "de modernisation de notre système de santé" a été adopté en première lecture à l'Assemblée Nationale en avril dernier, les Français s'inquiètent de la situation des hôpitaux publics, et de l'avenir du système de soins.

L'étude de la Fédération hospitalière de France révèle que 84% des Français interrogés ont une bonne image de l'hôpital public français. Et ne tarissent pas d'éloges à son égard : 77% considèrent que le système de santé français est le meilleur au monde, dispensant à la fois des soins de qualité et un système égalitaire. Seulement 10% des sondés seraient prêts à se faire soigner à l'étranger. Ils sont pourtant inquiets de son avenir : 65% des sondés considèrent qu'il n'y a pas assez d'hôpitaux en France, 71% des habitants en zone rurale.

Les hôpitaux publics en danger

Le manque de personnel pour 70% d'entre eux, l'impératif de rentabilité économique (58%), ou encore la fermeture des services (31%) sont les principales raisons citées. "89% estiment que l'hôpital public est en danger", alerte ainsi cette étude. Pour un Français sur deux, il n'est plus possible de faire davantage d'économies sans avoir un impact négatif sur la qualité des soins. L'étude révèle trois pistes pour sauver notre système de santé.

Les pistes de réflexion pour réformer l'hôpital public

  • La fin des urgences surpeuplées : 79% des Français jugent souhaitable et indispensable d'inciter les patients à consulter d'abord un médecin généraliste avant d'aller aux urgences, en cas de léger problème de santé. Ils sont même 80% à être favorables à la mise en place d'une "politique sanction" avec l'instauration d'un paiement minimum pour une visite aux urgences si le problème peut être traité par un médecin généraliste.
  • La réforme de l'hospitalisation : 84% se disent favorables à l'hospitalisation à domicile "chaque fois que cela est possible", et 75% ouverts à la mise en place d'une chirurgie ambulatoire, permettant aux patients de sortir le jour même.
  • La lutte contre les déserts médicaux  : 71% des sondés se disent favorables à imposer un lieu d'exercice aux médecins pour assurer une meilleure répartition sur le territoire.  Dans cette étude, 69% des sondés avouent avoir déjà eu des difficultés à obtenir un rendez-vous avec un professionnel de santé dans un délai raisonnable près de chez eux. Et un Français sur cinq avoue avoir déjà renoncé aux soins en raison de l'éloignement.

Le coût, un frein pour se soigner

L'étude observe également que 51% des Français pensent que la mise en place de réformes permettront de faire des économies. S'ils veulent une refonte du fonctionnement, les Français n'envisagent pas qu'on s'attaque au sacro-saint modèle social français. Six Français sur dix s'opposent à l'idée de "diminuer les remboursements de la Sécurité sociale et d'augmenter la part prise en charge par les mutuelles", note l'étude. Ils sont d'ailleurs 48% à être impactés par le coût des dépenses de santé, et à avoir déjà renoncé à se soigner pour cette raison.

Des Français favorables à la santé connectée

Si les Français sont encore frileux sur l'échange de données, l'étude note qu'ils seraient prêts à partager  les données de leur dossier médical avec l'équipe soignante. 86% des interrogés assurent qu'ils le feraient. Une manière de désengorger les salles d'attente, et de rendre le suivi des traitements plus efficace. Mais le tout connecté a des limites. Ils ne sont plus que 55% à accepter d'utiliser un objet connecté à son téléphone qui permette au médecin de nous surveiller... et de nous envoyer des SMS.

L'enquête a été réalisée sur internet du 10 au 16 avril 2015 auprès d'un échantillon de 1.001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas

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a écrit le 14/05/2015 à 17:44 :
Pour le vivre de très près un grand hôpital parisien est tellement surbooke en hématologie qu il a été incapable de respecter le protocole de chimio de ses patients. Normalement le protocole prescrit 3 semaines entre chaque traitement et faute de place la 3ème chimio est intervenue à 38 jours et 4 eme a 31 jours. La chimio avait donné de bons résultats à 2 séances et constat d échec et récidive après la 4ème. Sans parler du stress quotidien passe les 21 jours et de l attente d une place dispo. Le secrétariat quand on appelle à 22/23 jours vous dit qu on vous appelle quand il y aura place Et que vous êtes prévu dans le planning. pas d appel de médecin.Ca interroge vraiment sur la qualité des soins aux patients et l état de nos structures. C est inquiétant.
a écrit le 14/05/2015 à 11:48 :
On ne dispose que de modèles très approximatifs pour déterminer le nombre de médecins et de soignants nécessaire à la prise en charge d'une population donnée. Il est urgent de travailler à ce modèle pour une gestion plus efficace des ressources.
Réponse de le 14/05/2015 à 13:16 :
Mettre l'Humain en équation porte un nom : PNL... Good luck. Surtout à une époque où l'argent est roi. Pas l'Humain...
Réponse de le 14/05/2015 à 15:20 :
Si déjà les médecins d'astreintes revenait pour soigner les malades qui en ont besoin, et que les infirmières de permanence n'était pas trop jeune pour oser les appeler et voir qu'un patient est mal; les soins en France existeraient encore...
a écrit le 14/05/2015 à 11:04 :
Notre système médical n'était pas parfait c'est vrai, mais quand même reconnu comme l'un des meilleurs au monde ..... mais ça c'était avant, avant que certains croient qu'il pouvait prendre en charge toute la planète mais que seul les français le financeraient.
a écrit le 14/05/2015 à 9:06 :
Merci les 35 heures Mme Aubry !
Réponse de le 14/05/2015 à 11:59 :
Encore cette rengaine. Le personnel hospitalier est ainsi plus compétitif, frais et dispo naturellement s'il ne fait que ses 35h. pour votre information, aux Etats Unis, la moyenne de la durée du temps de travail est sous les 35h. Ce ne sera pas notre patronat qui nous en parlera dans sa presse quotidienne. Et oui soyons libéraux.
a écrit le 14/05/2015 à 7:24 :
Le principal problème est la différence de qualité de soins selon les établissements soigneusement dissimulée au bon peuple pour ne pas faire de peine aux politiques présidents d'hôpitaux dangereux. Quant au manque de moyens c'est une vaste blague syndicale, comme dans le reste de la fonction publique française
Réponse de le 14/05/2015 à 13:13 :
Vous êtes mûr pour vivre aux US, vous. N'hésitez pas.
Réponse de le 14/05/2015 à 13:49 :
@yvan
Non, mais pour diriger efficacement des hôpitaux, oui, je suis prêt, pour l'avoir déjà fait et pour avoir mesuré l'insondable gabegie de l'hôpital public.
a écrit le 14/05/2015 à 0:16 :
Le tiers payant n'aurait jamais du exister. Il déresponsabilise les assurés sociaux et accentuent les abus : sentiment de gratuité, alors meme que l'assurance maladie est chaque année plus endettée : 200 milliards d'euros. Une C.S.G-C.R.D.S très couteuse. Les délais de remb de la consult ne sont plus d'un mois comme il y a un certain temps, mais de quelques jours.Il y a toujours de l'argent pour l'abonnement à la TV parabole, et pour tout plein de betises. Le Tiers payant est irresponsable : médecin + médicaments
Réponse de le 14/05/2015 à 13:12 :
Ca se tient. Sauf que le privé serait obligé d'annoncer ses dépassements pris en compte par le patient. Et, bizarrement, ils préfèrent éviter...
a écrit le 13/05/2015 à 23:05 :
Le système de santé français n'est pas gratuit. Il coûte 220 euros par habitant et par mois. Pour autant aux US c'est 500$, proche du coût de la Suisse...Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire d'effort de gestion car ce coût par habitant augmente trop vite et est sensiblement plus élevé que le coût suédois (pays dont l'espérance de vie est par ailleurs élevée). La solution n'est pas de changer le système mais de le gérer tout simplement : il y a trop d'hôpitaux et pas assez de lits par hôpital...et il est facile de le dire car la Suède a un territoire plus difficile à desservir que le nôtre, nous ne soignons pas assez en dehors des lieux de santé ce que font les gens du nord (géographie et logistique obligent) grâce aux télécoms et aux techniques compatibles avec la médecine ambulatoire, nous n'imposons pas les génériques ou du moins le remboursement au tarif du générique.....Bref, il y a beaucoup d'actions de gestion à mener plus que de politique et de changement des principes qui sont bons en France.
Réponse de le 14/05/2015 à 13:10 :
L'effort de gestion consisterait SURTOUT à supprimer les cliniques qui nous coûtent une FORTUNE... Vérifiez, vous constaterez.
a écrit le 13/05/2015 à 18:30 :
Héé ... oui. Les Français comprennent le mouvement. Gênant pour ceux qui dirigent l'"europe"...
a écrit le 13/05/2015 à 17:38 :
Un état au bord du dépôt de bilan peut-il garantir la survie du système de soins public? Avec quel argent? A Cuba, les hôpitaux sont publics et gratuits. On y trouve le peuple qui se fait charcuter comme au moyen-âge. La nomenklatura socialiste se fait soigner au Costa-Rica dans hôpitaux sublimes et très chers pour bourgeois américains.
Réponse de le 13/05/2015 à 18:39 :
"On y trouve le peuple qui se fait charcuter comme au moyen-âge" Je suppose que c'est du "vécu"... Sinon, pour avoir TESTE, en GB, vous avez tout intérêt à éviter de vous faire soigner : c'est gratuit ET on en a vraiment pour son argent... Quasi dangereux, quoi.
Réponse de le 14/05/2015 à 13:08 :
En effet, je viens de vérifier : Cuba a un système de santé lamentable : http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/492/reader/reader.html?t=1431534650049#!preferred/1/package/492/pub/493/page/6

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