Solidarité avec nos confrères de Disclose et Radio France

Communiqué de la Société des Journalistes de La Tribune, associée à 37 sociétés de journalistes et rédactions de la presse française.

3 mn

(Crédits : La Tribune)

Lundi 15 avril, le site d'investigation Disclose dévoilait, en partenariat avec plusieurs médias, un rapport classé «confidentiel défense» documentant l'usage des armes vendues par la France à l'Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis dans la guerre au Yémen, menée depuis 2015 au prix de la «pire crise humanitaire au monde» selon les Nations unies. Ce document, dont la publication n'a aucunement remis en cause la sécurité des agents français sur le terrain, a été révélé en raison de son intérêt manifeste pour le public. Il invalide le discours officiel du gouvernement français, qui prétend que cet arsenal ne sert qu'à des fins défensives.

Or, mercredi dernier, deux journalistes de Disclose, Geoffrey Livolsi et Mathias Destal, ainsi qu'un journaliste de la cellule investigation de Radio France partenaire de ces révélations, Benoît Collombat, ont appris leur convocation à la mi-mai par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), dans le cadre d'une enquête préliminaire pour «compromission du secret de la défense nationale» ouverte par le parquet de Paris après le dépôt d'une plainte par le ministère des Armées.

Nous, sociétés de journalistes et de rédacteurs, exprimons notre pleine et entière solidarité avec nos confrères, qui n'ont fait que leur travail : porter à la connaissance des citoyens des informations d'intérêt public sur les conséquences des ventes d'armes françaises. Depuis ces révélations, le gouvernement est resté muet sur les faits. Aujourd'hui, pour avoir exposé ces informations, trois journalistes se retrouvent sous la menace d'une procédure, pour un délit puni d'une peine d'emprisonnement, dont l'objectif manifeste est de connaître les sources à l'origine de leur travail.

En ces temps décidément préoccupants pour la liberté d'informer, ces convocations rappellent, s'il en était besoin, à quel point il est indispensable de renforcer en France la protection des sources, consacrée par la Cour européenne des droits de l'homme comme «l'une des pierres angulaires de la liberté de la presse». Le secret défense ne saurait être opposé au droit à l'information, indispensable à un débat public digne de ce nom, ni servir d'épée de Damoclès pour dissuader les journalistes d'enquêter, et de publier.

Les signataires

Les sociétés de journalistes, sociétés des rédacteurs et sociétés des personnels de l'AFP, BFMTV, Challenges, CNews, Courrier international, Les Echos, Europe 1, Le Figaro, France 2, France 24, France 3 National, France Info, Franceinfo.fr, France Info TV, France Inter, France-Soir, L'Humanité, Le JDD, Libération, M6, Mediapart, Le Monde, L'Obs, Paris Match, Le Parisien-Aujourd'hui en France, Le Point, Premières Lignes, RFI, RMC, RTL, Télérama, TF1, La Tribune, TV5Monde, et les rédactions d'Alternatives économiques, de La Croix et des Jours.

3 mn

En direct dès 9h00 I Forum zéro carbone

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 9
à écrit le 26/04/2019 à 8:30
Signaler
La liberté de la presse est comme tous les grands sujets. Il y a les grandes déclarations, les indignations opportunes, les envolées lyriques, les principes intangibles.Toujours énoncées solennellement, la main sur le cœur. Bref la théorie. Et pui...

à écrit le 25/04/2019 à 18:47
Signaler
Pour reprendre mon précédent post, si les journalistes estiment qu'il est de leur devoir d'informer, et de faire fuiter illégalement des dossiers classés secret-défense sous les radars des services de sécurité, ils ne peuvent pas reprocher à la DGSI ...

le 25/04/2019 à 20:44
Signaler
Il s'agit de documents confidentiel-défense, et non secret-défense, leur divulgation est gênante pour l'état, mais pas dangereuse. Au demeurant, la classification confidentiel-défense, est amenée à disparaître pour ne garder que deux niveaux dans ...

le 26/04/2019 à 9:20
Signaler
Tous les états ont le devoir de protéger leurs informations classés et d’enquêter sur les sources. Les différentes affaires Manning, Assange , etc, le prouvent...les Russes et les Chinois sont beaucoup plus radicaux. Pourquoi la France serait un mo...

à écrit le 25/04/2019 à 18:40
Signaler
Tout mon soutien à la DGSI. Tout n'est pas public.

à écrit le 25/04/2019 à 18:09
Signaler
Pas un commentaire! C'est bizarre.

à écrit le 25/04/2019 à 18:08
Signaler
difficile situation : oui la liberté d'informer est à défendre et cela au moment même où elle est de plus en plus battue en brèche dans des pays qui ne l'ont jamais acceptée tout en prétendant le contraire, certes, mais aussi dans les pays dits à l...

à écrit le 25/04/2019 à 18:06
Signaler
Si c'est «confidentiel défense», ça doit pas être publié - point - ou alors tout est public !

le 25/04/2019 à 20:32
Signaler
Pourquoi l'usage fait par l'Arabie Saoudite, des armes que nous leur avons vendues, devrait t'il être couvert comme un secret par l'état français? Non seulement, la liste du matériel vendu est publique, mais en plus les responsables politiques ont...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.