À l'heure où les étudiants sont invités à participer à leur cours en présentiel une semaine sur deux, plus de la moitié n'y sont pas favorables. Sur les 32.000 étudiants que comptent la Bourgogne-Franche-Comté, à fin janvier, seulement 58% d'entre eux souhaitaient revenir en cours en présentiel. « Ces chiffres montrent que beaucoup d'étudiants ont résilié leur bail par crainte d'un nouveau confinement. Même si pour les logements du Crous, le taux d'occupation a baissé de 10%, il reste encore élevé à 88% pour Dijon et 81,5% pour Besançon », constate Jean-François Chanet, recteur de la région académique de Bourgogne-Franche-Comté.
Cette étude dénonce une situation difficile pour les jeunes qui ne sont pas boursiers, donc plus difficile à identifier. « La précarité ne touche plus seulement les boursiers mais aussi les étudiants qui avaient besoin d'un job pour continuer leurs études et qui se retrouvent démunis », constate Marie-Guite Dufay, présidente de la Bourgogne Franche-Comté. Face à cette situation inédite, la Région a choisi de sortir de son champ de compétences habituel, en octroyant une aide de 4 millions d'euros aux étudiants les plus démunis. Cette subvention prend la forme d'une dotation mensuelle de 200 euros par mois. « Ce dispositif construit avec le Crous nous permettra de soutenir jusqu'à 5.000 étudiants ayant perdus leur emploi jusqu'en juillet », précise Marie-Guite Dufay ». Derrière cette mesure d'urgence, la présidente de Région prône pour un revenu étudiant au niveau national. La crise a renforcé sa conviction car celle-ci n'avait pas attendu le Covid-19 pour soutenir davantage les jeunes en apprentissage. Depuis 2018, les aides à la formation ont triplé. « Ce qui n'est pas négligeable pour un jeune de moins de 18 ans ! Ces aides n'avaient pas augmenté depuis les années 2000 et étaient de l'ordre de 130 euros », note Océane Charret Godard, vice-présidente à la Région en charge de la formation.