The Village : 20 solutions pour des territoires plus inclusifs

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... u'il a pris conscience de la crise des vocations de maires dans les zones rurales, où la tâche relève du sacerdoce.
La troisième édition de The Village, un événement organisé par La Tribune et Inco et qui a ressemblé les 30 et 31 août dans le village de Saint-Bertrandde-Comminges (Haute-Garonne) des politiques, des entrepreneurs, des « change makers », et des citoyens, a été l'occasion de discuter pendant deux jours des moyens de lutter contre les fractures territoriales.
Mobilités, transition écologique, produire local, mieux se nourrir, les thèmes des ateliers ont permis de dégager 20 propositions à destination des maires de France, un an après le début de la crise des « gilets jaunes » qui a mis en évidence la nécessité de réconcilier les territoires. Pour autant, l'édition 2019 de The Village a montré que les acteurs locaux n'attendent pas que toutes les solutions viennent d'en haut. Au contraire, l'événement a démontré que les réponses locales sont souvent les meilleures.
À l'exemple de Reden Solar, qui propose des serres alimentées par l'énergie photovoltaïque, ou des Fermes de Figeac, dirigées par Dominique Olivier qui a repris la coopérative agricole locale fondée il y a trente ans, et a fait passer l'effectif de 8 à 180 salariés répartis dans un rayon de 30 kilomètres.
« L'économie de proximité, cela marche aussi », assure-t-il. François Arcangeli, conseiller régional (EELV), a expliqué comment l'exploitation raisonnée de la forêt permet d'alimenter en énergie la communauté de communes CagireGaronne-Salat. Un projet risqué, mais réussi grâce au soutien financier du Conseil régional et de l'État. Aujourd'hui, le village vend l'électricité qu'il produit.
Autre vecteur économique, le patrimoine. Parrain de l'événement cette année, Stéphane Bern, responsable de la Mission sur le patrimoine et présentateur de l'émission Le Village préféré des Français, est tombé sous le charme de Saint-Bertrand-de-Comminges.
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Cet héritage historique peut être source de revenus grâce au tourisme et source d'emplois locaux grâce à sa revalorisation et son entretien, « difficilement délocalisables » contrairement à l'industrie. « Le patrimoine est le pétrole de la France », s'enflamme l'animateur d'émissions historiques à succès qui recommande des mesures de défiscalisation et un accès aux aides simplifié sur le plan administratif pour intensifier un travail de réhabilitation qui redonnerait « leur fierté aux habitants », souvent les laissés-pour-compte de la mondialisation.
The Village 2019 a mis à l'honneur d'autres initiatives, tel le premier incubateur lancé en zone rurale par Nicolas Hazard, patron d'Inco. Soutenu par les élus régionaux, départementaux et surtout par Marie-Claire Uchan, la dynamique maire de Saint-Bertrand-de-Comminges, cet incubateur a été installé depuis trois mois, dans une ferme du village. Sept startups travaillent sur des solutions concrètes, suivies par 40 entreprises. Prochain projet du patron d'Inco ?
Mais l'accélération du développement économique dans les zones rurales dépend largement des infrastructures. Bruno Cavagné, président de la FNTP, ironise sur l'écart entre les paroles et les actes, rappelant que le problème ne date pas d'hier. En 1995, Jacques Chirac avait été élu sur « la fracture sociale ». Depuis, la situation n'a fait que s'aggraver. Pour y remédier, il préconise de « redonner le pouvoir aux élus locaux » en matière de politique d'investissement dans les infrastructures, de « faire de l'Europe un vecteur d'investissement » tout en scellant un pacte « intergénérationnel » .
Car contrairement à un cliché rebattu qui fait rimer ruralité avec agriculture, les emplois dans les zones rurales sont à peine à 3% agricoles contre 18 % industriels.
La place du privé est d'ailleurs trop souvent négligée. Réaliste, Robin Rivaton, directeur-fondateur de Real Estech, juge que « la dynamique est du côté des villes ».
Si les 20 propositions concrètes retenues après les deux jours de débats ne sont qu'un premier pas pour passer à l'action, elles montrent la voie car tous les intervenants s'accordaient avec Maximilien Pellegrini, DG délégué de Suez Eau France, pour qui « si on n'anticipe pas, cela va s'aggraver pour les territoires ».
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