Un groupe de militants du climat ont bloqué le périphérique à Paris

Une dizaine de jeunes militants du climat ont brièvement bloqué samedi à la mi-journée le boulevard périphérique de Paris, à hauteur de la porte d'Italie, avant de se faire déloger par la police.
(Crédits : DR)

>> Article en ligne le 25/06/2022 13:50 / Mise à jour 25/06/2022 14:55

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L'opération a duré une vingtaine de minutes. Des activistes ont coupé la circulation et se sont assis sur la chaussée porteurs de gilets oranges fluorescents et de banderoles, jusqu'à ce que les forces de la Brigade de répression des actions violentes (BRAV) interviennent.

Les militants de la campagne "Dernière Rénovation" demandent aux députés qui viennent juste d'être élus de s'engager à voter dès le début de leur mandature une loi sur la rénovation énergétique globale de tous les bâtiments en France.

Ils ont essayé de coller leurs mains sur le goudron pour éviter d'être délogés, mais les policiers les ont rapidement décollés, avant de porter les jeunes manifestants sur le bas-côté du périphérique, derrière les barrières de sécurité, permettant à la circulation de reprendre.

Un automobiliste bloqué interrogé par l'AFP, Guillaume Millot, a indiqué qu'il était sensibilisé aux questions climatiques, mais qu'il ne comprenait "pas trop" ce genre d'action qui "ne va rien résoudre".

"Je n'ai aucune envie d'être ici, mais il y a une urgence", lançait pour sa part à l'AFP un des militants, Loïc Guichaoua. "Bien sûr, on risque de se faire violenter, mais c'est rien par rapport à ce qui arrive".

"On comprend que les automobilistes soient énervés, mais on le fait aussi pour eux. Ca peut ouvrir le débat", ajoutait Anna, également militante, qui n'a pas donné son nom de famille.

En marge du G7 à Munich

Une tâche noire semble jaillir de la façade de la chancellerie allemande. Gilet orange et casque de chantier, une douzaine de jeunes gens, immobiles devant le bâtiment qu'ils viennent d'asperger, scandent à intervalles réguliers : "Economisons le pétrole au lieu de forer".

Une nouvelle journée d'action débute pour le groupe Letzte Generation - "La dernière génération" -, visage neuf d'un militantisme qui se veut plus pressant et plus radical face à l'urgence climatique.

Depuis le début de l'année, les images de leurs protestations coup de poing font régulièrement le tour des médias allemands, qu'ils se collent la main sur les routes pour bloquer le trafic à Berlin ou sabotent des oléoducs à la campagne.

Leur crédo : revendications ciblées, discours alarmiste et désobéissance civile.

"Le gouvernement a ignoré tout le reste : des pétitions ont été écrites, un million de personnes sont descendues dans la rue", se désespère Lina Joansen, étudiante de 24 ans qui participait au sit-in, mercredi, devant la chancellerie.

"Nous devons nous asseoir ici et entrer en résistance", dit-elle calmement, indifférente aux policiers qui relèvent les identités du petit groupe.

Au mois de juin, ces activistes ont fait campagne contre la menace de nouveaux forages pétroliers en mer du Nord, alors que l'Europe tente de se passer des combustibles fossiles russes, dans le contexte de la guerre en Ukraine. Cette semaine, Berlin a dû se résoudre à annoncer un retour accru au charbon, le temps de réduire sa dépendance au gaz importé de Russie.

Au début de l'année, ils ont mené un cycle d'actions contre le gaspillage alimentaire. Soucieux de concentrer leur message sur des thèmes concrets, ils demandaient au gouvernement allemand une loi pour interdire aux supermarchés de détruire leurs invendus.

Résultat de cette campagne selon le groupe: plus de 250 interpellations pour des blocages de ports, autoroutes, ronds-points.

Ces activiste assument le risque car ils se voient comme la dernière génération à pouvoir empêcher l'effondrement climatique de la planète.

"C'est un petit mouvement en nombre, mais qui arrive à susciter une attention disproportionnée", observe le sociologue Dieter Rucht, professeur honoraire à la Freie Universität de Berlin.

"En janvier, nous avons commencé avec une trentaine de personnes. Maintenant, nous sommes plusieurs centaines, plus de 200 actuellement à Berlin prêts à se faire arrêter", affirme la porte-parole du mouvement, Carla Hinrichs.

Le mouvement est né dans le sillage d'une grève de la faim de plusieurs semaines menée par une poignée d'entre eux, près du siège du gouvernement et du parlement, en pleine campagne des élections législatives à la fin de l'été dernier.

Depuis, une nouvelle coalition est arrivée au pouvoir, dirigée par le social-démocrate Olaf Scholz, donnant aux écologistes des postes-clés et affichant d'ambitieux objectifs climatiques.

Des milliers de manifestants en Allemagne

Des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi dans une ambiance bon enfant à Munich contre la tenue du sommet du G7 qui débute dimanche dans la région, exhortant ses dirigeants à faire davantage pour le climat.

Réunis à l'appel d'une quinzaine d'ONG de défense de l'environnement et de lutte contre les inégalités, les manifestants étaient réunis derrière un mot d'ordre: "crise climatique, extinction des espèces, inégalités : l'équité c'est autre chose!".

Les organisateurs attendaient quelque 20.000 personnes dans la capitale bavaroise pour ce défilé qui a débuté en milieu de journée sur l'esplanade où se tient chaque année la Fête de la bière locale. Mais avant le départ du cortège, la police de Munich évoquait entre seulement 3.500 et 4.000 participants.

Défenseurs de l'environnement et altermondialistes souhaitaient faire entendre leur voix avant que les dirigeants des sept pays les plus industrialisés de la planète ne se retrouvent jusqu'à mardi au château d'Elmau, à une centaine de kilomètres de là, au pied des Alpes bavaroises.

Dans la foule bigarrée de militants mais aussi de retraités amoureux de la nature et de jeunes préoccupés par la crise climatique, des slogans étaient brandis sur des pancartes: "Nous n'avons qu'une planète", "Sauvez le monde, pas votre cul !", "Plus de renouvelables, pas de guerre".

"Que faites-vous pour sortir plus rapidement des énergies fossiles? Que faites-vous pour arrêter plus rapidement l'extinction des espèces?", a lancé Viviane Raddatz de l'ONG WWF, en interpellant les chefs d'Etat et de gouvernement du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni).

Un important dispositif policier a été déployé dans le centre de Munich alors que les autorités allemandes veulent à tout prix éviter les débordements violents qui avaient largement terni le sommet du G20 à Hambourg en 2017. Voitures incendiées, magasins pillés, affrontements entre policiers et "black blocs", les violences avaient largement éclipsé les débats entre dirigeants.

D'autres actions de contestation visant le sommet du G7, organisé sous très haute protection policière, sont prévues, avec notamment un défilé, dimanche, à Garmisch-Partenkirchen, la petite ville la plus proche d'Elmau.

(avec l'AFP)

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Commentaires 5
à écrit le 25/06/2022 à 21:00
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Dépr6ssif ? Enfance malh6ureuse, pas aimé de ses par6nts ?

à écrit le 25/06/2022 à 19:39
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ils veulent que les rénovations énergétiques accélère grâce au gouvernement (isolation - pompe a chaleur)

à écrit le 25/06/2022 à 16:01
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Et à part cela, que proposent-ils de constructif ?

le 25/06/2022 à 18:32
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Posez vous déjà la question de ce que VOUS pourriez arrêter de détruire

le 26/06/2022 à 2:38
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La construction c'est polluant, il faut s'adapter à la nature tel que vivre dans les arbres et ch*** dans les bois... ;-)

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