Un Picasso de 25 millions d'euros saisi en Corse

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Un tableau du peintre espagnol Pablo Picasso, d'une valeur estimée à plus de 25 millions d'euros, considéré comme un trésor national et, de ce fait, interdit à l'exportation par les autorités espagnoles, a été saisi vendredi 31 juillet sur un bateau en Corse, a annoncé, mardi 4 août à l'AFP, la douane française.
Le propriétaire de l'oeuvre tentait en vain d'obtenir l'autorisation d'exporter ce tableau "Head of a Young Woman" ("Tête de jeune fille") depuis 2012.
Une demande d'autorisation de sortie du tableau à destination de la Suisse a été déposée, jeud 30 juillet, au bureau des douanes de Bastia, à proximité de laquelle se trouvait le bateau, explique la douane dans un communiqué. Les agents des douanes "se sont rendus à bord du navire transportant l'oeuvre, accosté au port de plaisance de Calvi" et ont réclamé les "documents relatifs à la situation du tableau", poursuit le texte.
Ce tableau est la propriété de Jaime Botin, banquier espagnol dont la famille a participé à la fondation de la banque Santander en 1857, devenue le premier groupe bancaire du pays.
Le banquier, âgé de 79 ans, qui fut vice-président de Santander entre 1999 et 2004, n'était pas présent à bord du bateau, propriété d'une société dont il est actionnaire et battant pavillon britannique, a précisé à l'AFP un porte-parole de la douane.
Une première demande avait été déposée, en décembre 2012, en Espagne pour sortir définitivement le tableau du territoire national, afin de le mettre aux enchères chez Christie's à Londres.
Le ministère de la Culture avait rejeté la demande, déclarant ce tableau bien culturel inexportable parce qu'il "n'existe pas sur le territoire espagnol d'oeuvre similaire" de cette période de la vie du peintre, a expliqué un porte-parole du ministère.
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En mai 2015, l'Audience nationale, une des plus hautes juridictions espagnoles, avait confirmé la décision du ministère. Elle avait rejeté les arguments de Jaime Botin qui plaidait que le tableau se trouvant à bord du yacht Alix, battant pavillon britannique, et amarré à Valence, il n'était pas sur le territoire espagnol.
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Les autorités françaises attendent désormais d'éventuelles demandes de l'Espagne pour récupérer l'oeuvre mais les autorités espagnoles n'ont pas voulu communiquer sur cette affaire.
La Guardia civil, dont une unité est chargée de protéger le patrimoine historique, a confirmé qu'une "enquête était en cours depuis un certain temps".
(Avec AFP)
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