Une coalition pour les compétences numériques de demain

 |   |  772  mots
(Crédits : Bpifrance)
L'Université du numérique du Medef a rassemblé les 21 et 22 mars une cinquantaine d'experts pour réfléchir à la profonde mutation du travail engendrée par la révolution numérique. Les coalitions en faveur des compétences et des emplois dans le secteur du numérique lancées par la Commission européenne sont une réponse à ce changement de paradigme.

Le travail, c'est la santé ; le numérique, c'est le conserver. Emploi, formation, compétences : la révolution digitale bouleverse tous les secteurs dont les métiers vont disparaître, se transformer et renaître sous des formes encore inconnues. C'était le thème de l'Université numérique du Medef organisée les 21 et 22 mars dernier.

« Le numérique nous impose de repenser nos fondamentaux, que ce soit en termes d'organisation, de stratégie ou encore de formation », estime Pierre Gattaz, président du Medef.

L'organisation patronale assure le pilotage pour la France de la Digital Skills and Job Coalition (coalition en faveur des compétences et des emplois dans le secteur du numérique). Cette initiative lancée en décembre 2016 par la Commission européenne a pour objectif de contribuer à répondre à la forte demande de compétences numériques en Europe, devenues indispensables sur le marché du travail.

Pour Gilles Babinet, digital champion pour la France auprès de la Commission européenne, notre époque ressemble fort à celle de la révolution industrielle de 1850, durant laquelle une grande partie des techniques modernes ont été inventées : électricité, télégraphe, moteur à explosion, chimie fine, etc. Selon le digital champion français, L'Europe possède davantage de capital humain au niveau LMD (licence master doctorat) que les États-Unis ou la Chine. Le problème, c'est que ce capital n'est pas assez orienté vers le numérique.

« Le directeur de Télécom Paris Tech me disait récemment qu'à l'échelle de la nation, nous formons 1500 data scientists alors que le besoin tourne autour de 4500 à 6000 personnes. Il faut comprendre quels sont les enjeux du numérique et en profiter pour changer de référentiel », affirme le fondateur de Captain Dash et Eyeka, pour qui il faut absolument développer les « soft skills » (qualités humaines).

Sur les 108 licornes (startups valorisées à 1 milliard de dollars et plus) américaines, 60% des fondateurs sont passés par des écoles alternatives type Montessori, alors qu'elles ne représentent que 1% des formations primaires et secondaires.

« Elles sont surdéterminantes dans le succès de ces startupers. Les notions de collaboration, d'imagination, d'innovation sont très présentes dans les parcours proposés par ces écoles », analyse l'ex président du Conseil National du numérique, qui pense que la guerre n'est pas perdue pour l'Europe, car la transformation numérique s'accomplit sur « le temps long ».

Numérique : un retard à combler

« Les États-Unis sont partis en 1993 avec Al Gore et les autoroutes  de l'information, la Chine en 2005 en investissant massivement dans les programmes militaires digitaux. Nous avons aujourd'hui une compréhension plus claire de ce qu'il faut accomplir au niveau européen et la prochaine mandature sera certainement très orientée sur le digital», conclut Gilles Babinet.

La France a monté sa coalition en septembre dernier, pilotée par le Medef.

« Dans le rapport 2017 sur l'état d'avancement de l'Europe numérique édité par la Commission européenne, la France est seulement 16ème sur 28. Pour l'indicateur de connectivité, on n'est pas très bon, pour le capital humain, c'est mitigé, l'utilisation d'Internet, peut mieux faire, pour les services en ligne, on n'est pas trop mal, mais en qui concerne l'intégration du numérique dans les entreprises, on n'est vraiment pas bon » rappelle Jérémy Simon, directeur de projet à la direction générale du Medef.

Une performance médiocre qui, selon lui, justifie la création de cette coalition nationale dont le rôle est triple : fédérer les 60 partenaires (syndicats, organisations professionnelles, ministères, associations, etc.), élaborer une cartographie des bonnes pratiques, et promouvoir ces initiatives pour ensuite les généraliser.

« Nous n'avons que six mois d'existence, mais nous avons déjà réussi cette mise en réseau et les retours des partenaires sont positifs » se félicite Jérémy Simon.

Un appel à contributions à été lancé sur le site www.french-digital-coalition.fr, qui n'a pas encore vraiment décollé d'après le directeur de projet. Pour impliquer les PME, le Medef utilise ses correspondants régionaux de formation professionnelle. La coalition a également mis en place un calendrier de plénières avec des intervenants qui viennent parler de leurs bonnes pratiques, des actions de lobbying sur certains événements et auprès des ministères concernés, et la constitution d'un groupe de travail sur un référentiel de compétences numériques de base.

Des débuts prometteurs mais le chemin reste long pour rejoindre les bons élèves du numérique européen que sont le Danemark, la Finlande ou les Pays-Bas.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 31/03/2018 à 13:46 :
Un jargon bien compliqué
Il y a rupture ... le numérique n’a pas vraiment commencé en France
Les data scientifiques c’est quoi leur profil?
Ils ont le droit de «  pirater » sur le web
Et de piéger des « utilisateurs web « ?
a écrit le 30/03/2018 à 8:30 :
Faut juste que vous vous demandiez enfin ce que vont devenir les consommateurs, un robot, un logiciel, ira t' il faire ses courses et contractera t'il un emprunt ?

Pensez enfin plus loin que le bout de votre nez bon sang !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :