Le travail, c'est la santé ; le numérique, c'est le conserver. Emploi, formation, compétences : la révolution digitale bouleverse tous les secteurs dont les métiers vont disparaître, se transformer et renaître sous des formes encore inconnues. C'était le thème de l'Université numérique du Medef organisée les 21 et 22 mars dernier.
L'organisation patronale assure le pilotage pour la France de la Digital Skills and Job Coalition (coalition en faveur des compétences et des emplois dans le secteur du numérique). Cette initiative lancée en décembre 2016 par la Commission européenne a pour objectif de contribuer à répondre à la forte demande de compétences numériques en Europe, devenues indispensables sur le marché du travail.
Pour Gilles Babinet, digital champion pour la France auprès de la Commission européenne, notre époque ressemble fort à celle de la révolution industrielle de 1850, durant laquelle une grande partie des techniques modernes ont été inventées : électricité, télégraphe, moteur à explosion, chimie fine, etc. Selon le digital champion français, L'Europe possède davantage de capital humain au niveau LMD (licence master doctorat) que les États-Unis ou la Chine. Le problème, c'est que ce capital n'est pas assez orienté vers le numérique.
Sur les 108 licornes (startups valorisées à 1 milliard de dollars et plus) américaines, 60% des fondateurs sont passés par des écoles alternatives type Montessori, alors qu'elles ne représentent que 1% des formations primaires et secondaires.
« Elles sont surdéterminantes dans le succès de ces startupers. Les notions de collaboration, d'imagination, d'innovation sont très présentes dans les parcours proposés par ces écoles », analyse l'ex président du Conseil National du numérique, qui pense que la guerre n'est pas perdue pour l'Europe, car la transformation numérique s'accomplit sur « le temps long ».
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

La France a monté sa coalition en septembre dernier, pilotée par le Medef.
Une performance médiocre qui, selon lui, justifie la création de cette coalition nationale dont le rôle est triple : fédérer les 60 partenaires (syndicats, organisations professionnelles, ministères, associations, etc.), élaborer une cartographie des bonnes pratiques, et promouvoir ces initiatives pour ensuite les généraliser.
À lire également
Un appel à contributions à été lancé sur le site www.french-digital-coalition.fr, qui n'a pas encore vraiment décollé d'après le directeur de projet. Pour impliquer les PME, le Medef utilise ses correspondants régionaux de formation professionnelle. La coalition a également mis en place un calendrier de plénières avec des intervenants qui viennent parler de leurs bonnes pratiques, des actions de lobbying sur certains événements et auprès des ministères concernés, et la constitution d'un groupe de travail sur un référentiel de compétences numériques de base.
Des débuts prometteurs mais le chemin reste long pour rejoindre les bons élèves du numérique européen que sont le Danemark, la Finlande ou les Pays-Bas.
Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
« C’est le bon moment pour investir dans l'immobilier » : malgré la crise du logement, un nouveau fonds d'investissement se lance
Pêche : la transformation artisanale, une solution pour survivre ?