Après Monterrey au Mexique en 2002, puis Doha au Qatar en 2008, la troisième conférence internationale sur le financement du développement s'est ouverte ce lundi 13 juillet à Addis-Abeba en Ethiopie.
Si ce rendez-vous a pour objectif d'éliminer l'extrême pauvreté d'ici 2030, il n'est pas sûr qu'un accord sur le financement du développement soit trouvé en quatre jours. Depuis plusieurs mois, les efforts déployés pour s'accorder sur un document final sont jusqu'ici restés dans l'impasse. Il faut dire que la création d'un organisme fiscal, sous l'égide de l'ONU, pour lutter contre l'évasion fiscale des multinationales est loin de faire l'unanimité. L'OXAM assure que le contournement des règles fiscales par ces entreprises prive les pays en développement de près de 100 milliards de dollars chaque année.
Ce lundi matin, à l'ouverture de la conférence en Ethiopie, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a ainsi exhorté les dirigeants de la planète à faire preuve de "flexibilité" et de trouver un "compromis" :
De son côté le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, qui accueille cette troisième édition réclame une attention particulière pour les pays les moins avancés, dont la majorité, 33 sur 49, sont africains:
Les acteurs du développement espèrent que cette conférence d'Addis Abeba aboutisse à une prise de décisions concrètes, après de longs mois d'immobilisme :
D'ici le 16 juillet, les représentants des 193 Etats membres des Nations unies doivent trouver des moyens de financer les 17 objectifs de développement durable (ODD) que les Nations unies sont en train de fixer pour 2015-2030 et qui doivent être adoptés en septembre à New York.
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Avec deux objectifs à la clé : d'une part, éradiquer d'ici à 2030 la pauvreté et la faim dans le monde qui concerne près de 1 milliard de personnes sur la planète, qui vivent avec moins de 1,25 dollars par jour. De l'autre, trouver une ligne de conduite qui permettra d'assurer un développement tout en luttant contre le réchauffement climatique, objet de la conférence pour le climat en décembre 2015 à Paris. Le défi est immense. La Conférence de l'ONU sur le commerce et le développement (Cnuced) estime qu'il faudra mobiliser 2.500 milliards de dollars d'aides supplémentaires par an.
La question du financement risque d'être houleuse pendant ces quatre jours. D'un côté, les pays riches plaident pour que de nouvelles ressources soient dégagées par le recours aux financements privés et les revenus domestiques des pays concernés. Ils demandent également que les pays émergents comme l'Inde, la Chine ou le Brésil contribuent davantage à l'aide internationale.
De l'autre, la conférence va certainement réaffirmer l'objectif des pays développés d'allouer 0,7% de leur richesse nationale à l'aide publique au développement (ADP), principalement aux pays les plus pauvres. Un objectif fixé il y a 13 ans, à la conférence de Monterrey au Mexique. Si en 2014, cette aide publique au développement a représenté presque 140 milliards de dollars, elle ne cesse désormais de baisser.
Il faut dire que l'engagement est peu ou pas respecté. A l'instar de Paris qui ne consacre que 0,36% de son PIB à l'aide publique au développement. La France plaide d'ailleurs pour un mode de calcul plus large que ce pourcentage et demande à ce que la lutte contre Ebola et que les interventions militaires, au Mali ou en Centrafrique soient comptabilisées comme de l'aide au développement. En attendant, le sujet mobilise peu dans l'Hexagone : François Hollande, retenu par le dossier grec, n'a pas prévu de s'y rendre. Paris sera donc représenté par Annick Girardin, la secrétaire d'Etat française chargée du Développement.
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D'autres pays, comme le Royaume-Uni ou la Finlande ont réduit leur budget d'aide publique au développement, en raison de cures d'austérité. Pourtant entre 2005 et 2014, le Royaume-Uni a été le seul pays du G7 à avoir respecté cet engagement.
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