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ÉconomieInternational

"Boris Johnson n'a pas fait campagne pour le Brexit par pur cynisme politique"

Photo de Robert Jules

Robert Jules

Publié le 29 mars 2021 à 05:06 - Mis à jour le 29 mars 2021 à 07:32

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Boris Johnson

Le Premier ministre britannique Boris Johnson, après la signature du "deal" le 30 décembre 2020 fixant les conditions de la sortie définitive du Royaume Uni de l'Union européenne.

Reuters

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ENTRETIEN. Journaliste installé au Royaume Uni depuis plus de 10 ans, Tristan de Bourbon-Parme publie "Boris Johnson. Un Européen contrarié" (éd. François Bourin) (*). Résultat d'une enquête de plusieurs mois, ce récit vivant qui abonde en témoignages et informations nous fait découvrir la personnalité complexe du Premier ministre et, à travers lui, l'histoire des relations tumultueuses entre l'Union européenne et le Royaume uni qui ont mené au Brexit.

La Tribune.- L'un des enseignements de votre livre est que paradoxalement il fallait un Européen convaincu comme Boris Johnson pour réussir le Brexit?

Tristan de Bourbon.- En effet, Theresa May a montré la difficulté d'avoir voté pour demeurer dans l'Union européenne et de tenter de concrétiser le Brexit : elle n'avait pas la confiance des eurosceptiques les plus radicaux. Victime du syndrome de Stockholm, si on peut l'expliquer ainsi, elle a initialement pris des positions extrêmes qui lui ont fermé de nombreuses portes avant de vouloir faire marche arrière, ce qui lui a coupé le soutien de l'aile eurosceptique de son parti. Une fois devenu Premier ministre, Boris Johnson a repris la plupart des éléments de son accord avec l'UE mais sa seule parole a suffi à rassurer les récalcitrants.

La carrière politique de Boris Johnson pour accéder au poste de Premier ministre s'est toujours fait dans l'adversité?

Il détonne totalement dans le parti conservateur, dont il s'est toujours trouvé à la marge. Il n'est leur candidat que par défaut à la mairie de Londres en 2008, car David Cameron ne lui fait pas confiance. Ce sera encore le cas de Theresa May dix ans plus tard : elle le nomme ministre des Affaires étrangères sans lui faire confiance, comme l'explique dans le livre l'ancien chef de cabinet de la Première ministre. Il faut dire que son image de clown trompe tout le monde. Même des politiciens aguerris, et bien évidemment de nombreux diplomates européens, en particulier français, ont du mal à intégrer totalement que cet aspect clownesque n'est qu'une façade. Il se l'est créée à l'âge de 12-13 ans. Il était alors un élève timide, extrêmement consciencieux, dur au travail. Il endosse ce masque de clown pour rompre cette image d'intellectuel mal dans sa peau et se faire accepter par les élèves cool de l'école. Cela fonctionne tellement bien qu'il a gardé ce masque, aussi bien pendant ses études, qu'ensuite durant sa carrière de journaliste et de politicien. Etre un clown, cela vous rend sympathique auprès du public, qui n'apprécie pas les technocrates hautains, et vos concurrents ou adversaires baissent leur garde car ils ne vous considèrent pas comme dangereux. C'est tout bénéfique.

Robert Jules

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