Brexit : menacé, le personnel des ports de Belfast et Larne suspend les contrôles à la frontière nord-irlandaise

Avec l'entrée en vigueur au 1er janvier du nouveau régime dû au Brexit, la solution trouvée pour éviter le retour d'une frontière terrestre en Irlande et Irlande du Nord (et maintenir la fragile paix entre unionistes et républicains) a été d'instaurer les contrôles douaniers dans les ports d'Irlande du Nord pour les marchandises qui traversent la mer d'Irlande vers la Grande-Bretagne. Du coup, l'Irlande du Nord fait toujours partie du marché unique européen et la colère monte dans les rangs unionistes qui ne supportent pas de ne pas être pleinement rattachés à la couronne britannique.

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Un camion de marchandises par le contrôle à l'entrée du port de Larne, en Irlande du Nord, en Grande-Bretagne le 1er janvier 2021. Le ministre irlandais de la Santé, Stephen Donnelly, a expliqué que les graffitis  cités étaient très menaçants et visaient les employés chargés d'effectuer les contrôles ainsi que certains responsables politiques irlandais.
Un camion de marchandises par le contrôle à l'entrée du port de Larne, en Irlande du Nord, en Grande-Bretagne le 1er janvier 2021. Le ministre irlandais de la Santé, Stephen Donnelly, a expliqué que les graffitis cités étaient "très menaçants" et visaient les employés chargés d'effectuer les contrôles ainsi que "certains responsables politiques irlandais". (Crédits : Reuters)

Des contrôles introduits en Irlande du Nord en raison du Brexit ont été suspendus lundi soir dans les ports de Belfast et Larne en raison de menaces sur le personnel chargé de les mener, sur fond de colère dans les rangs unionistes.

La collectivité locale du Mid and East Antrim Borough a annoncé qu'elle retirait "immédiatement" son personnel chargé des inspections sanitaires et vétérinaires au port de Larne en raison "d'inquiétudes pour leur sécurité".

Recrudescence des menaces et comportements menaçants

Cette décision intervient après une recrudescence de "comportements menaçants ces dernières semaines", avec notamment des tags "faisant référence aux tensions croissantes autour du protocole nord-irlandais et décrivant le personnel des ports comme des +cibles+", a souligné la collectivité dans un communiqué.

L'entrée en vigueur au 1er janvier du nouveau régime dû au Brexit a vu apparaître des contrôles douaniers pour les marchandises qui traversent la mer d'Irlande entre la province britannique et la Grande-Bretagne.

La paix entre unionistes et républicains fragilisée

Pour éviter le retour d'une frontière physique entre la nation britannique et la République d'Irlande, membre de l'UE, qui risquerait de fragiliser la paix entre unionistes et républicains, l'Irlande du Nord fait toujours partie du marché unique européen. Cette différence, au sein du Royaume-Uni, provoque le courroux des unionistes.

"Il est difficile pour les responsables politiques de (contrôler) le niveau de colère qui existe dans la communauté", a décrit mardi sur la BBC le ministre de l'Agriculture nord-irlandais, Edwin Poots, appelant au calme.

Elle-même unioniste et opposée aux contrôles, la Première ministre nord-irlandaise Arlene Foster a jugé "tout à fait répréhensible" les menaces observées.

De l'autre côté de la frontière, le chef de la diplomatie irlandaise, Simon Coveney, a condamné sur Twitter "toute intimidation ou menace".

Douze employés de la collectivité travaillent au port de Larne auprès d'agents du ministère nord-irlandais de l'Agriculture et d'agents de la police aux frontières britannique.

Suspension des inspections physiques jusqu'au retour de la "confiance"

Le retrait du personnel avec "effet immédiat" ne prendra fin que lorsque "nous aurons de vraies garanties et pleine confiance qu'ils peuvent accomplir leur mission sans peur, crainte ou inquiétude", a précisé l'élu local Peter Johnston.

Dans la foulée, le ministère nord-irlandais de l'Agriculture a décidé de "suspendre de manière temporaire les inspections physiques des produits d'origine animale à Larne et Belfast", selon un porte-parole.

Les contrôles des documents continueront à être menés, selon la même source.

Des graffis "très menaçants" aussi contre des politiques

Le ministre irlandais de la Santé, Stephen Donnelly, a expliqué sur la chaîne de télévision publique RTE que les graffitis en question étaient "très menaçants" et visaient les employés chargés d'effectuer les contrôles ainsi que "certains responsables politiques irlandais".

Les nouveaux contrôles liés au Brexit "permettent au Nord de rester constitutionnellement tel qu'il est, mais avec un accès spécial aux marchés de l'Union européenne. Et ils empêchent une frontière physique sur cette île. Les contrôles sont donc importants et ce genre d'intimidation est totalement inacceptable", a ajouté M. Donnelly.

La police nord-irlandaise a indiqué sur Twitter avoir "augmenté les patrouilles au port de Larne ainsi qu'à d'autres points d'entrée pour rassurer le personnel et la population locale".

Récemment, le chef-adjoint de la police nord-irlandaise avait prévenu que le régime différent appliqué dans province suscitait un "mécontentement croissant" dans les rangs unionistes, attachés au maintien de l'Irlande du Nord sous la couronne britannique.

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Commentaires 6
à écrit le 03/02/2021 à 6:49
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L'EU paie et continuera à payer très cher l'accord nord Irlandais....La seule solution viable en dehors d'une réunification c'est la frontière en dur. Comment l'EU peut elle accepter ce mic mac sans queue ni tête? Les irlandais auraient tort de voulo...

à écrit le 02/02/2021 à 19:53
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Boris Johnson avait annoncé qu’il n’y aurait pas de frontière entre l’Irlande du Nord et le Royaume-Uni. Encore une promesse non tenue. La liste s’allonge alors même que le Brexit n’a eu lieu qu’il y a un mois.

à écrit le 02/02/2021 à 14:46
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La vache on est quand même hyper loin de la fin du monde que les anglais devaient connaître en quittant l'UE hein... :-) Ah si on pouvait remonter à il y a quelques années il y aurait un sacré paquet de claques qui se perdrait.

à écrit le 02/02/2021 à 14:25
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Donc, si je comprends bien, les marchandises britanniques entrent désormais sans aucun contrôle dans le marché européen, au mépris des accords conclus avec ce perfide Boris. Et que font la Commission européenne et les Etats membres?

à écrit le 02/02/2021 à 13:00
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le mieux pour stopper la pantalonnade, c'est d'interdire toute entree et toute sortie de marchandise vers l'irelande du nord ca va vite dechanter

le 02/02/2021 à 16:26
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Trop c est trop. Que l Europe se decide enfin a dire adieu a la grande bretagne... Depuis le premier jour de L'union Européenne ils sont jamais d accord... Que les etats de leur union choisissent avec qui ils veulent jouer et bon vent pour les autres...

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