Législatives au Canada : le Parti libéral de Mark Carney vainqueur
Ludovic Desautez et Mathieu Viviani

Le candidat libéral et actuel Premier ministre Mark Carney.
Reuters
Ludovic Desautez et Mathieu Viviani

Le candidat libéral et actuel Premier ministre Mark Carney.
Reuters
[Article publié mardi 29 avril 2025 à 6h, mis à jour à 8h21]
Les électeurs canadiens ont donc tranché. Selon les projections des médias locaux, c'est le candidat libéral et actuel Premier ministre Mark Carney, ancien banquier et ex-gouverneur de la banque du Canada et de Grande-Bretagne, qui s'impose.
Les résultats du vote, encore préliminaires, ne permettent toutefois pas de déterminer si le Premier ministre disposera d'une majorité au Parlement. Près de 29 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes dans ce vaste pays du G7 qui s'étend sur six fuseaux horaires. Et plus de 7,3 millions de personnes avaient voté par anticipation, un record.
Depuis qu'il a remplacé Justin Trudeau au poste de Premier ministre, Mark Carney s'efforçait de convaincre les électeurs que son parcours faisait de lui le candidat idéal pour cette crise historique que vit le pays, avec des droits de douane américains qui affectent déjà des secteurs clés comme l'automobile et l'acier.
Les États-Unis de Donald Trump « veulent nous briser pour pouvoir nous posséder », a-t-il répété à plusieurs reprises pendant la campagne. « J'ai déjà géré des budgets, des économies et des crises. L'heure est à l'expérience, pas à l'expérimentation », a souligné cet anglophone de 60 ans, né dans l'ouest de ce pays bilingue.
Lors de son discours de victoire électorale à Ottawa, Mark Carney a estimé ce mardi matin que son pays ne devait jamais oublier « la trahison » américaine. « Notre ancienne relation avec les États-Unis est terminée » car le « président Trump tente de nous briser pour nous posséder », a-t-il également déclaré, appelant le pays à l'unité pour les « difficiles mois à venir qui exigeront des sacrifices ».
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Le nouveau Premier ministre sera en effet chargé de faire face à une crise sans précédent et de négocier avec Donald Trump dont la guerre commerciale et les menaces d'annexion ont bouleversé le pays.
Pour faire face, il a promis de maintenir des droits de douane sur les produits américains tant que les mesures de Washington seront en place. Mais aussi de développer le commerce au sein de son pays en levant les barrières douanières entre provinces et de chercher de nouveaux débouchés, notamment en Europe. « Le chaos est entré dans nos vies. C'est une tragédie, mais c'est aussi une réalité. La question clé de cette élection est de savoir qui est le mieux placé pour s'opposer au président Trump ? », avait expliqué Mark Carney, pendant la campagne.
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En face, son rival Pierre Poilievre aura souffert jusqu'au bout de la proximité, de par son style et certaines de ses idées, avec le président américain. Ce qui lui a aliéné une partie de l'électorat, selon les analystes. « Les conservateurs travailleront avec le Premier ministre et tous les partis pour défendre les intérêts du Canada et obtenir un nouvel accord commercial qui met les droits de douane derrière nous tout en protégeant notre souveraineté », a pourtant déclaré ce mardi matin Pierre Poilievre devant ses partisans réunis à Ottawa pour la soirée électorale.
(Avec AFP)
Ludovic Desautez et Mathieu Viviani