Coronavirus : la Banque d'Angleterre va financer directement les dépenses du Royaume-Uni

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Andrew Bailey a pris les commandes de la Banque d'Angleterre (BoE) en pleine crise du coronavirus.
Andrew Bailey a pris les commandes de la Banque d'Angleterre (BoE) en pleine crise du coronavirus. (Crédits : POOL New)
Ce financement monétaire doit permettre au gouvernement britannique de limiter le recours au marché obligataire pour financer les mesures extraordinaires de soutien à l'économie prises dans le contexte de la pandémie du Covid-19. Applaudi par certains, ce mécanisme reste synonyme de dépenses incontrôlées pour d'autres.

Au Royaume-Uni, un tabou vient de tomber. La banque centrale du pays a annoncé, ce jeudi 9 avril, qu'elle allait directement financer certaines dépenses de l'Etat. Un moyen pour le gouvernement britannique de limiter le recours au marché obligataire afin de financer les mesures extraordinaires prises dans le contexte de la pandémie du Covid-19, qui a fait plus de 6.000 morts sur son territoire et qui met à mal son économie.

Cette mesure extraordinaire, mais temporaire, doit permettre au gouvernement "de disposer suffisamment de liquidités pour relancer l'économie face au choc du coronavirus", ont indiqué dans un communiqué commun le Trésor et la Banque d'Angleterre (BoE), tout en aidant "au bon fonctionnement des marchés pendant la période de perturbations liée au Covid-19". Ils précisent, toutefois, que le gouvernement continuera à "utiliser les marchés comme sa principale source de financement".

Une mesure déjà activée en 2008, mais taboue

"Le découvert du gouvernement britannique à la Banque d'Angleterre, va donc progresser à un niveau non divulgué et sera remboursé au plus vite et d'ici la fin de l'année", ajoute le communiqué commun.

Bien que surprenante (Andrew Bailey, le nouveau gouverneur de la Banque d'Angleterre, l'avait formellement écartée dans une tribune publiée dans le Financial Times, expliquant que le recours au financement monétaire porterait atteinte à la crédibilité de la lutte contre l'inflation), cette disposition de création monétaire n'est pas inédite. Elle avait été utilisée pendant la crise financière de 2008, qui avait vu le niveau de ce découvert s'envoler brièvement à près de 20 milliards de livres. Elle reste toutefois taboue car elle va souvent de pair avec une augmentation incontrôlée des dépenses publiques et de l'hyperinflation.

"Une bonne chose"

"C'est une bonne chose que la Banque d'Angleterre utilise son pouvoir de création monétaire pour financer directement les dépenses du gouvernement, après avoir nié qu'une telle option soit sur la table", a commenté à l'AFP Fran Boait, directrice générale de Positive Money, un centre de réflexion spécialisé dans les politiques de banque centrale.

"Le financement direct permet au gouvernement d'avoir les ressources nécessaires pour sauver des vies, tout en rassurant le (contribuable britannique) sur le fait qu'il n'aura pas trop à supporter le fardeau du remboursement à l'avenir", ajoute-t-elle. En outre, "cette facilité garantit l'accès du gouvernement aux financements même si les marchés de la dette sont perturbés" pendant la période de volatilité observée depuis le début de la pandémie, conclut-elle.

Une contraction comparable à celle de 1929

Le Royaume-Uni a enregistré une croissance de 0,1% lors des trois mois achevés fin février, soit avant que la pandémie de coronavirus ne produise son plein effet. Mais, les économistes s'attendent à une contraction au deuxième trimestre supérieure à celle de la crise financière de 2008 et qui pourrait être comparable à celle de la dépression de 1929. Le gouvernement britannique essaie de limiter la casse, en prenant en charge 80% des salaires dans les entreprises pour endiguer les licenciements ou en garantissant des prêts pour 330 milliards de livres.

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a écrit le 11/04/2020 à 9:27 :
A situation exceptionnelle réponse appropriée et adaptée. Alors que la banque centrale et le gouvernement britannique n’hésitent pas à envoyer balader toutes les règles et les usages pour faire face à une crise sans précédent, les ministres des finances européens continuent de s’écharper dans des réunions interminables de l’Eurogroupe pour savoir s’il est possible ou non de contourner certaines conditions dans ces temps inédits. Alors imaginer qu’ils puissent toucher à l’indépendance de la BCE et financer directement les États, principes inscrits dans le marbre des traités européens, relève du mythe. L’Union européenne préfère voir ses économies couler, comme elle l’a fait avec l’austérité tout au long de cette décennie, voire se fracasser, plutôt que de toucher à ses dogmes. Pour elle, un tabou ne saurait être brisé.
a écrit le 10/04/2020 à 10:19 :
Ce que fait la banque d’Angleterre pour faire face à la crise du Coronavirus est interdit par l'article 123 de l'UE, donc les banques centrales des pays membres de l'union européenne, en particulier la BCE, n'ont pas le droit de le faire. Ceux qui connaissent l'historique de la Banque de France, savent qu'elle a fait la même chose dans un passé lointain . Voyez le lien Wikipedia relatif à la banque de France, chapitre : « Une fonction historique importante (aujourd'hui révolue) : les concours à l'État ». Je vous en cite quelques extraits :
"Son concours a pris, historiquement, la forme d'avances permanentes, prélevées en une seule fois, et d'avances provisoires fonctionnant comme des ouvertures de crédit."
"Le concours de la Banque ne s'est pas limité à compléter le fonds de roulement du Trésor public. Il s'est manifesté avec ampleur lors d'événements exceptionnels où l'État devait faire appel à tous les moyens possibles de financement. Ce fut le cas pendant les guerres de l'Empire, celles de 1870 et 1914 et, plus récemment encore, de 1939 à 1945."
Aujourd’hui ce n'est pas la guerre mais on est quand même dans des circonstances exceptionnelles. Donc la banque centrale britannique agit, comme la banque de France autrefois. Cette dernière ferait encore sans doute aujourd'hui la même chose, dans ces mêmes circonstances exceptionnelles, si la France avait encore la souveraineté monétaire totale, donc le Franc !
a écrit le 09/04/2020 à 21:53 :
La Banque d' Angleterre va faire tourner à fond la planche à billet. Quelles sont les contreparties demandées par la Banque d' Angleterre ?
S' il suffit de créer de la monnaie de singe (désolé pour les singes) pour créer de la valeur; ça se saurait depuis des dizaines (voire centaines) d' années.
Réponse de le 09/04/2020 à 23:24 :
Ce sont des liquidités, elles servent aux gens à échanger des biens, l'économie n'est pas totalement éteinte, plus de 50% des PIB tournent encore... sans personne pour les financer.
Elle se substitue aux banques.

Quand j'emprunte de l'argent à une banque, il n'y a pas forcément de biens et services en face, seulement ma promesse de rembourser, ce que je dois pouvoir faire contre travail... ou rente ! Soit le travail d'autres.
mais ce travail n'existe pas pour l'instant, ça n'est qu'une dette contre une promesse asynchrone.

Les plus de 50% qui tournent encore pour être échangés doivent donc se reposer sur un preteur en dernier ressort.
Si 50% ne rembourse pas, la banque centrale ne doit rien à personne et le pret consenti ne lui coute rien (argent electronique).

C'est la fameuse planche à billet, le fameux secret dont les rois craignaient qu'il ne se divulgasse dans la population car si les gens connaissaient les rouages du système qui les enchaines...

C'est un système qui a été utilisé pour sauver les riches ! Là il permet de payer les salariés en partie, l'autre étant prélevée sur leurs congés, sacrés vacances !
Ils ont confondu avec vacance d'emploi...

Le problème de ce genre de mécanisme est qu'il dévalue la monnaie effectivement mais de manière inégale selon les types d'actifs. Et encore ceci est vrai uniquement en regard d'autes monnaies mais si ces injections sont réalisées de manière coordonnées les monnaient gardent leurs parités.

Les biens concrets indispensables sont devenus une part minime de l'économie, le nombre de personnes nécessaires à leur production (pas conception et élaboration) est très faible avec par exemple le nombre d'agriculteurs nécessaires à la production agricole.
Le prix du pétrole qui est le sang des machines s'étant écroulé en plus... il n'y aura pas d'inflation. Les machines tournent 24/24 7/7 avec peu d'interventions humaines.

Je récapitule, l'économie a changée de niveau d'énergie, elle se concentre sur des biens essentiels qui sont produits de manière automatique avec intervention sporadique humaine.
Le reste de la population devenue réellement inutile puisque dans le superflu usuellement se voit confier des signes monétaires reconnus par tous pour pouvoir avoir accès aux produits des machines.
Cela permet à l'industrie agroalimentaire en gros d'écouler ses marchandise aux prix repères d'avant.
Réponse de le 12/04/2020 à 12:41 :
Parce que les mille milliards des USA, les 350 milliards d'euros de la commission européenne, les 300 milliards de garantie de MACRON et 50 milliards d'aides aux "entreprises" c'est à dire aux intérêts d'une minorité corrompue jusqu'à la moelle, le patronat, ce n'est pas de la monnaie de singe? L'argent est la conséquence monétaire du travail et particulièrement de la production. Où est votre production ou alors le but est d'avoir financé par les planches à billet de l'empire USA UE les capitalistes en difficulté et récupérer ensuite sur les peuples par une hyper inflation digne de l'Allemagne des années 30 mais cette fois ci appliquée à l'Union européenne pour sauvegarder les intérêts "occidentaux" comme disent les nazis.
a écrit le 09/04/2020 à 18:48 :
la boe fait ce qu'elle veut, elle n'est pas dans l'europe, et le jour ou elle cree de l'inflation massive pour rembourser ses dettes, ca sera les citoyens britanniques qui paieront via inflation ( cf equivalence avec tva cf friedman)
et sinon les preteurs externes demanderont une prime vu la decote que va subir la pound, et ca amenera probablement d'aurtres obs........
cours d'economie 1ere et deuxieme annee, pour ceux qui ont assiste au cours obligatoires pour avoir le diplome
la france veut aussi que la bce rachete la dette francaise pour que les allemands regalent la galerie, retraite a 30 ans, revenu universel, etc
there is no free lunch chaps
Réponse de le 09/04/2020 à 19:27 :
Pour détourner le peuple de voter en faveur du Brexit, les européistes dont vous nous faites la promotion ici sous divers pseudos, ont asséné que la Grande-Bretagne devrait recourir au FMI, que la livre sterling s’effondrerait, que le PIB chuterait de -6%, que le chômage exploserait, que la croissance imploserait, que l’Écosse s’enfuirait, qu’il y aurait le retour de la guerre en Irlande, que les cadres de la City londonienne traverseraient la Manche à la nage pour s’installer au Touquet, que les fruits et légumes disparaitraient des étalages, qu’il y aurait pénurie de médicaments et de papier hygiénique. En bref, qu’il y aurait des nuages de sauterelles et que le monstre du Loch Ness allait enfin daigner sortir des profondeurs pour venir dévorer tous les Anglais.

Hélas, déjouant tous vos pronostics, ils sont sortis et viennent d' engager 33 milliards de livres pour restaurer le NHS et investissent les sommes qu' ils veulent pour s' extirper de Coronarius, ce que l' UE après 1 mois de désaccord de l' ensemble de ses membres ne parvient tjrs pas à faire. Voilà ce que peut faire un pays souverain, réagir dans l' immédiateté et l' efficacité. Vivement l' explosion de l' UErss...
Réponse de le 09/04/2020 à 19:57 :
L'économie ce ne sont pas des mathématiques, ce sont éventuellement des idéologie déguisées en mathématiques. Les équations économiques ne sont que des modèles très imparfait qui ne valent que ce que vaut le cadre d'hypothèses souvent risiblement simpliste de départ.
Rions avec les modèles libéraux de la concurrence pure et parfaite, la main invisible d'adam smith et autres billevesées.
Mais au pays de Descartes celà ne m'étonne pas, l'idéologie a remplacer la religion, Descartes qui ne représente pas le tournant de la méthode scientifique contrairement au mythe construit délibérément pour relever le lustre d'une France toujours en retard sur les anglais et les allemands.
Descartes c'est le retour au moyen age pour les sciences exacts et la méthode scientifique, vos prémisses libérales sont viciées, les conclusions ne peuvent être vrai que pas coïncidence et non corrélation et sont plus probablement fausse.
Réponse de le 09/04/2020 à 20:32 :
Je suis d'accord, pas de solution dans cette europe actuelle il est indispensable d'en sortir pour récupérer les manettes du pays et de ses finances, de toutes façons comme tu dis les allemands ne seront jamais solidaires on se demande bien pourquoi on se fatigue encore à chercher à les convaincre de jouer le jeu d'une union et de sa puissance potentielle qui n'est pas le chacun pour soi par définition, ils en sont incapables.
Réponse de le 10/04/2020 à 7:39 :
Le mythe de l'inflation, regardez les bilans de la fed, bce, boj, boe, et y en a toujours pas. Rien que la fed +1500 Mds en 4 semaines. Non, cette operation ne fera pas monter le prix du fish and chips mais ou moins ça soulagera le contribuable. C'est ZE solution raisonnable
a écrit le 09/04/2020 à 17:07 :
La Banque d'Angleterre a justement été fondée pour ça. A la fin du 17ème, la Royal Navy était en charpie suite aux guerres contre la France. Pour financer la reconstruction de la flotte, le Royaume Uni s'est dotée avant l'heure d'une banque centrale en finançant directement le trésor royal.
La FED va sans doute faire de même sous la pression de Trump.
J'espère juste que la BCE sera un minimum pragmatique.
L'inflation c'est franchement le cadets de nos soucis. Les économistes les plus pessimistes estiment que celle ci serait de 3 à 4% en faisant tourner la planche à billet.Très loin de l'hyperinflation allemande des années 1930.
Réponse de le 11/04/2020 à 9:36 :
Et à chaque jour suffit sa peine aujourd'hui sauver l'économie pour éviter un chaos social et demain régler la dette comme la France l'a fait par l'inflation après la guerre époque d'une dette à 200%. Il sont grand ces anglais..
a écrit le 09/04/2020 à 15:51 :
Evidemment ! Pourquoi ça marche sans créer trop d'inflation ?
D'abord l'hyperinflation est vraiment un phénomène très rare et les conditions pour qu'elle se produise sont parfaitement connue et donc maitrisées, c'est encore un repoussoir en mode attrape nigauds !

Elle se substitue aux banques privées ce qui est la même chose dans le fond que cette hypocrisie qui consiste à déguiser la BCE en banques privées multiples et variées, une holding !

La capacité de production n'est pas entamée elle est figée ! Ce qui veut dire qu'il y aura la quantité de biens en adéquation avec cette émission monétaire.
Réponse de le 09/04/2020 à 19:02 :
l'inflation n'est pas un probleme, surtout quand il n'y en n'a pas
quand y en a ca rappelle blondel qui disait qu'il etait pour l'inflation qui permet la depense publique gratuite, mais qui allait manifester le lendemain pour la revalorsation des salaires des fonctionnaires ronges par l'inflation..........
c'est comme les impots, y en a jamais assez, surtout ceux que je ne paye pas........
pour votre adequation, y a les equations de fisher ( readaptees depuis, mais ca donne le raisonnement), donc tout se discute
au passage je vous rappelle qu'il faut tenir compte de la richesse deflatee en clair que le ' y' de l'equation, c'est en fait la prodution reelle a savoir ' y/p'.........
on a tous eu ca dans nos cours de macroeconomie, donc c'est pas un pb
a écrit le 09/04/2020 à 15:29 :
"ce mécanisme reste synonyme de dépenses incontrôlées pour d'autres"

Heu... pour les allemands non ? ^^

Ce pays ravagé par le néolibéralisme semble en avoir compris l'expérience, une excellente initiative qui leur permettra de gagner bien du temps et de repartir bien plus vite c'est tellement logique et les chouineurs râlent juste parce que ça n'ira pas directement dans les paradis fiscaux des mégas riches, ça alimentera directement l'économie. "Dépenses incontrôlées" voulant dire dépenses utiles et non inutiles, on fini par comprendre le langage néolibéral.

Notons quand même que cette mesure à long terme bénéficiera aux dragons célestes car redonnant ainsi un peu de valeur à l'argent que leurs paradis fiscaux ont anéanti, mais dévorés par leur pathologique cupidité ils ne sont mêmes plus en état de faire fonctionner le moindre neurone.

Dans 10 ans le PIB du RU aura égalé celui de l'UE toujours en chute libre car la 569ème réunion concernant le choix de la couleur de la nappe pour la réunion d'après n'aura toujours pas été réglée.
a écrit le 09/04/2020 à 15:29 :
le Standing Emergency Fiscal Facility des gauchistes de Blackrock. c'est pourtant la solution la plus saine a tous points de vue. Mais comptez pas sur la bce pour faire ça, malheureusement.

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