Pas de femme, mais un homme du sérail comme prochain gouverneur de la Banque d’Angleterre
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La Banque d'Angleterre n'enverra pas un message fort en faveur de la diversité en 2020. Alors que l'institution monétaire est régulièrement critiquée pour son manque d'ouverture et que plusieurs femmes se détachaient dans la liste des candidats au remplacement de Mark Carney, c'est Andrew Bailey, actuel patron de l'Autorité des marchés britanniques (FCA), qui a été nommé ce vendredi 20 décembre gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), institution au rôle clé pour maintenir l'économie britannique à flot dans la tempête du Brexit.
Il succèdera le 16 mars prochain au canadien Mark Carney, aux commandes de l'institut monétaire depuis 2013, a indiqué le ministre des Finances Sajid Javid lors d'une conférence de presse. Andrew Bailey, aujourd'hui âgé de 60 ans, restera aux commandes de la BoE jusqu'en 2028. Il arrive au moment où celle-ci est par ailleurs confrontée à une controverse après la révélation de fuites d'enregistrements de ses conférences de presse quelques secondes avant leur diffusion officielle. S'il se confirme que des investisseurs y ont eu accès, cela s'assimilerait à un délit d'initié.
Le ministre des Finances a expliqué n'avoir eu "aucune hésitation" à choisir Andrew Bailey :
Andrew Bailey, favori pour le poste, aura donc été préféré aux autres finalistes évoqués depuis plusieurs mois, dont Ben Broadbent, gouverneur adjoint actuel chargé de la politique monétaire, ou encore la patronne de la prestigieuse London School of Economics, Minouche Shafik, ex-adjointe de M. Carney, et Shriti Vadera, présidente depuis 2015 de la banque Santander UK.
En 325 ans d'existence, la Banque d'Angleterre n'a jamais eu de femme gouverneure. Mais la BoE n'est pas la seule mauvaise élève en matière de mixité. En 2018, seules 11 des 173 banques centrales étaient dirigées par une femme, soit 6%, relevait l'étude "Banques centrales : un monde d'hommes", publiée l'an dernier. Le taux monte à 30% si l'on inclut les sous-gouverneurs. Anne Le Lorier l'a été de 2011 à 2018 à la Banque de France, avant Sylvie Goulard. Selon le professeur d'économie Ariell Reshef, « depuis 1970, moins de 1 % de tous les mandats à la tête des banques centrales ont été effectués par des femmes ».
En juin dernier, Mark Carney, l'actuel gouverneur de la Banque d'Angleterre, s'était ému de la faible représentation des femmes dans la finance, surtout dans les postes à responsabilité.
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De son côté, Andrew Bailey s'est dit "déterminé", dans un communiqué, à ce que la BoE soit une "institution accessible, ouverte et diverse". Ce père de deux enfants diplômé d'un doctorat de Queen's College à Cambridge est un homme du sérail. Il a commencé comme chercheur à la London School of Economics avant d'entrer à la BoE en 1985 où il a passé l'essentiel de sa carrière. Il dirige la FCA depuis 2016. Il a eu un rôle clé à jouer pendant la crise financière pendant laquelle il était responsable des opérations spéciales de l'institut monétaire pour résoudre les problèmes du secteur bancaire, jouant notamment un rôle pivot dans le sauvetage gouvernemental de la banque Royal Bank of Scotland.
Le nouveau gouverneur de la BoE aura la lourde tâche de mener la politique monétaire du Royaume-Uni au moment de sa sortie de l'Union européenne, promise par le Premier ministre Boris Johnson pour le 31 janvier, tandis que l'économie britannique patine, freinée par trois ans et demi de brouillard autour du Brexit.
"Il lui faudra peut-être relever les taux d'intérêt", maintenus cette semaine par le comité de politique monétaire de la Banque centrale à 0,75%, "à des niveaux plus normaux ou risquer de devoir combattre le prochain retournement économique sans beaucoup de munitions", remarque Ruth Gregory, économiste de Capital Economics.
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Les économistes saluaient à l'unanimité le choix d'Andrew. Bailey, "un choix sûr" remarque la maison de recherche Pantheon Macro même si "sur les questions clés du Brexit et de la politique monétaire ses positions ne sont pas connues". Mark Carney, qui va devenir le nouvel envoyé spécial de l'ONU sur le climat, a pour sa part assuré qu'Andrew Bailey est "largement et profondément respecté pour la manière dont il a géré la crise financière, et développé de nouveaux cadres de réglementation".
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