La K-POP interesse plus les Japonais que la guerre commerciale de Shinzō Abe avec la Corée du sud
Karyn Nishimura, AFP

Le groupe Blackpink
Reuters
Karyn Nishimura, AFP

Le groupe Blackpink
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Pas de diatribes anti-coréennes, pas de boycott de produits venus de Séoul, au contraire: dans les rues de Shin-Okubo, quartier sud-coréen de Tokyo, fi des relations bilatérales exécrables, les fanatiques nippons de K-Pop et de cuisine du pays voisin sont toujours là en nombre.
Les deux voisins se déchirent sur fond de vieux contentieux hérités du brutal passé colonial japonais dans la péninsule coréenne de 1910 à 1945.
La brouille a connu une nette aggravation ces dernières semaines, après que des tribunaux de Corée du Sud eurent exigé d'entreprises japonaises qu'elles dédommagent des Sud-Coréens forcés de travailler dans leurs usines sous l'occupation. Ont suivi ripostes commerciales réciproques jusqu'à la rupture par Séoul d'un accord de partage de renseignements militaires.
Mais les jeunes Japonais n'ont que faire de ces péripéties et affectionnent toujours aussi nombreux les sorties dans ce "petit Séoul" en terre nippone, tandis qu'en Corée du Sud on boycotte de nombreux produits de l'archipel: bière, cigarettes, produits cosmétiques...
Ici, à Shin-Okubo, ce ne sont que restaurants de spécialités sud-coréennes, boutiques de cosmétiques importés et magasins de CD, DVD, posters, photos et produits dérivés des groupes de pop coréenne, comme BTS, Twice ou Wanna One.
Les haut-parleurs crachent de la K-Pop à tue-tête et les boys band se déhanchent sur les écrans de TV installés à l'entrée de magasins, où s'alignent des centaines de photos de jeunes éphèbes et starlettes de cette musique pop sud-coréenne. On vient ici aussi pour les produits de soins et de maquillage sud-coréens, qui jouissent au Japon d'une certaine réputation, qu'il s'agisse des crèmes exfoliantes, des masques anti-acné ou des faux ongles adhésifs.
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"Les jeunes Japonaises fans de K-Pop qui fréquentent ce quartier aiment profondément la culture sud-coréenne", assure Bae Cheo-Leun, chef d'un organisme de Sud-Coréens installés au Japon depuis des générations, déplorant que les dirigeants des deux pays agitent chacun de leur côté "le sentiment nationaliste".
Des propos que ne dément pas Anna Kaneko, étudiante nippone de 19 ans, qui flâne régulièrement dans les parages avec une amie: "j'aime tout, la K-Pop, l'alimentation, les vêtements. J'aimerais aussi que les deux pays se réconcilient".
S'il fut un temps, il y a plusieurs années, où des "discours de haine" contre les Sud-Coréens étaient hurlés dans les rues de ce quartier, "ce n'est pas le cas cette fois, car une loi les condamnant s'est avérée efficace, en dépit de l'absence de sanction réelle", précise M. Bae.
Pour les résidents d'origine sud-coréenne au Japon, la détérioration jugée "sans précédent" des relations bilatérales est une bataille politique qui ne résume pas les relations entre les deux pays.
Là où les deux font jeu égal, c'est dans le domaine culturel.
M. Park déplore "l'annulation à l'initiative d'élus" de rencontres scolaires et sportives, de festivités et événements culturels auxquels devaient participer des Sud-Coréens au Japon.
Karyn Nishimura, AFP