Le Japon ne considère plus la Corée du Sud comme un partenaire de confiance
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Manifestation devant l’ambassade du Japon à Séoul.
Reuters
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Manifestation devant l’ambassade du Japon à Séoul.
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Le Japon fait du "trumpisme" sur la Corée du Sud. L'exclusion de la Corée du Sud de la "liste blanche" des pays bénéficiant d'un traitement particulier a été approuvée en conseil des ministres, a précisé à la presse le ministre de l'Industrie et du Commerce, Hiroshige Seko, une mesure perçue comme une sanction par Séoul et qui risque d'aggraver les tensions bilatérales. Cette disposition prendra effet le 28 août, a détaillé M. Seko.
Tokyo assène ainsi un nouveau coup à Séoul avec qui existent divers différends historiques qui empoisonnent leurs relations depuis des lustres.
Et d'assurer: "Ce n'est pas un embargo sur les exportations. Cela n'affectera pas la chaîne d'approvisionnement et n'aura pas d'impact négatif sur les entreprises japonaises".
Le gouvernement nippon explique en effet que nombre d'entreprises japonaises disposent déjà d'une autorisation pour exporter vers des pays n'appartenant pas à cette liste blanche et que ce sésame sera utilisable pour la Corée du Sud.
Le président sud-coréen Moon Jae-in a condamné vendredi la décision "irresponsable" de Tokyo de rayer Séoul d'une liste d'Etats bénéficiant d'un traitement de faveur en matière de relations commerciales, et menacé le Japon de représailles.
M. Moon a précisé que Séoul allait "graduellement durcir" sa réponse.
Le Japon et la Corée du Sud sont deux très proches alliés des Etats-Unis face à la menace que pose la Corée du Nord dotée de l'arme nucléaire, et face à une Chine qui affirme de plus en plus fortement ses ambitions mondiales. Mais la relation entre Tokyo et Séoul est depuis des décennies plombée par les différends historiques hérités de l'époque où la péninsule était une colonie nippone (1910-1945).
Avocat issu du centre-gauche, le président Moon invoque souvent la lutte pour l'indépendance coréenne et les souffrances de l'époque coloniale comme étant au coeur de l'identité des deux Corées. Il s'en prend également à la droite sud-coréenne qu'il assimile parfois aux héritiers des collaborateurs de l'occupant japonais.
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Cette question est profondément politique pour M. Moon qui, ayant joué un rôle clé dans la détente avec la Corée du Nord, se voit parfois accusé par les conservateurs sud-coréens d'être un sympathisant de Pyongyang.
Cette année est celle du centenaire des manifestations de masse contre la colonisation japonaise et de nombreux bâtiments de Séoul sont ornés d'images géantes en hommage aux héros de la résistance.
Pour enfoncer le clou, le président a d'ailleurs fait vendredi plusieurs fois référence au passé tourmenté des deux voisins.
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VOIR AUSSI L'étonnant bastion nord-coréen au coeur du Japon
C'est un minuscule îlot nord-coréen au cœur de l'un des pays les plus capitalistes au monde : environ 30 000 Coréens du Japon soutiennent corps et âme la Corée du Nord.
Cette communauté vit en vase clos, tant par choix que par obligation : nés et résidant dans l'archipel depuis deux ou trois générations, ce sont des citoyens de seconde zone qui n'ont ni la nationalité japonaise, ni le droit de vote. Ils ne peuvent pas devenir fonctionnaires. Face à un Japon qui les rejette, ils se serrent les coudes autour d'une organisation qui défend leurs droits, la Chongryon. Aujourd'hui encore, ces « Zainichis » (littéralement, « ceux qui sont restés au Japon ») ne jurent que par la RPDC, la République Populaire Démocratique de Corée. Leurs enfants effectuent toute leur scolarité dans des écoles coréennes financées en partie par Pyongyang et s'y rendent lors de voyages scolaires. Beaucoup ont un passeport nord-coréen et tous considèrent Kim Jong-un comme un héros.
Un soutien indéfectible qui, à chaque essai nucléaire, crispe l'opinion publique japonaise. D'autant que la Chongryon est accusée par le gouvernement japonais d'avoir participé au financement du programme nucléaire et balistique nord-coréen. Découverte de ce surprenant vestige de la guerre froide à Tokyo et à Osaka.
(source ARTE)
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