Défense : les industriels français face aux nombreux défis de la « montée en cadence »
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Emmanuel Macron a plaidé pour une augmentation des dépenses militaires à 3%, voire 3,5% du PIB, contre 2% actuellement.
LTD/MIGUEL MEDINA / AFP
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Emmanuel Macron a plaidé pour une augmentation des dépenses militaires à 3%, voire 3,5% du PIB, contre 2% actuellement.
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Face à la menace russe, l'Europe veut aller vite. « Il nous faut une augmentation très rapide des capacités de défense européennes. Et il nous la faut maintenant ! » a lancé mardi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen devant le Parlement européen à Strasbourg.
Si elles ont bien entendu le message, les 4 000 entreprises françaises de la défense attendent que les déclarations se concrétisent sous forme de commandes, tout en se préparant à redimensionner leur appareil productif. « Nous avons déjà montré que nous sommes capables de monter en intensité en 2022 », juste après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, assure Guillem Monsonis, directeur de la communication de la branche française du fabricant des canons Caesar KNDS (ex-Nexter).
À écouter la parole politique, les perspectives sont bonnes : la Commission a dévoilé début mars un plan permettant de mobiliser 800 milliards d'euros sur quatre ans, dont 150 milliards de prêts à disposition des 27 pays de l'Union, tandis que le chef de l'État français a plaidé pour une augmentation des dépenses militaires à 3 %, voire 3,5 % du PIB, contre 2 % actuellement.
« Vous pouvez augmenter votre production, mais à condition d'avoir les outils en main », nuance Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), qui relève trois « essentiels » nécessaires à cette accélération : la disponibilité des équipements, des capitaux et des « compétences rares ».
Certaines machines-outils ou composants peuvent mettre des mois, voire des années à être livrés, et il peut être nécessaire « d'ouvrir les portes de l'usine » en ouvrant de nouveaux sites de productions, rappelle Jean-Pierre Maulny, autant de facteurs qui nécessitent du temps et des investissements importants. « Une limite importante, c'est celle du personnel, ajoute-t-il : trouver des chaudronniers compétents pour les fabrications de base sur des matériaux aluminiums, par exemple, est difficile ».
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Autre défi, « la souveraineté de l'approvisionnement », pointe Guillem Monsonis, dont l'entreprise constitue depuis des années des stocks de poudre explosive pour nourrir sa production. La vigilance est particulièrement de mise sur les « goulets d'étranglement » potentiels si de nombreux industriels doivent répondre en même temps à l'explosion de leurs carnets de commandes. Or, les géants du secteur s'appuient sur une constellation de sous-traitants spécialisés, souvent des PME qui n'ont pas les mêmes capacités à investir. Ces dernières peuvent être en concurrence avec des fournisseurs d'autres pays capables de produire des munitions ou du matériel d'infanterie à moindre coût.
Au-delà des capacités, le secteur se pose surtout la question de l'objectif final de cette accélération. « On ne peut pas faire des montées en cadence pour redescendre ensuite, c'est impossible », note Philippe Keryer, pour qui la « visibilité à long terme » est fondamentale. « Si on embauche, il faut qu'on puisse avoir du boulot à donner derrière », abonde Guillem Monsonis, dont l'entreprise a engagé « 500 personnes par an en moyenne » depuis le début de la guerre en Ukraine.
Emmanuel Macron doit rencontrer les industriels français de défense vendredi et ainsi pouvoir répondre à toutes ces interrogations.
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Le Premier ministre François Bayrou s'est donné « des semaines, peut-être jusqu'à deux mois » pour dire comment mobiliser des moyens supplémentaires pour la défense. Le chef du gouvernement a affirmé vendredi qu'un emprunt national était une « possibilité », mais que la décision n'était « pas du tout prise ». Une autre piste serait de flécher vers la défense une partie de l'épargne réglementée existante, comme le Sénat l'avait voté en 2024, avant la dissolution.
(Avec AFP)
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