Droits de douane : comment le Brésil de Lula transforme la crise en avantage géopolitique
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La Chine est le premier partenaire commercial du Brésil.
Reuters
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La Chine est le premier partenaire commercial du Brésil.
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« Je sème de la nourriture, pas de la violence ni de la haine. » Dans une vidéo postée samedi dernier, c'est ce qu'a déclaré le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, alors qu'il plante de la vigne dans le palais de l'Alvorada, sa résidence à Brasília. Une pique adressée au président américain, Donald Trump, qui, début août, a imposé sans sommation 50 % de droits de douane aux produits brésiliens, balayant d'un revers de la main les propositions formulées par les négociateurs brésiliens.
Cette décision « sans logique », selon les mots de Lula, est d'autant plus incompréhensible que le Brésil fait partie des rares pays ayant un excédent commercial avec les États-Unis et ce, depuis 2008. Celui-ci avoisine les 7,07 milliards de dollars en juillet 2025, selon le site de statistiques Tradings Economics.
La forme de l'annonce fut aussi un problème pour le président brésilien, qui dans une interview à CNN mi-juillet, a déploré avoir pris connaissance du couperet « sur le site officiel du président Trump », et non par « une lettre officielle, transmise par voie diplomatique ». Mais c'est surtout la justification donnée par le président des États-Unis qui a provoqué le courroux de Lula : Donald Trump estime que la justice brésilienne mène une « chasse aux sorcières » contre son allié politique, l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro, jugé pour une tentative de coup d'État contre Lula en 2022. Une raison inacceptable pour ce dernier, qualifiée d'« ingérence », dans un pays « où la justice est indépendante ».
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Malgré ce choc, le vieux routard de la politique brésilienne n'a pas dit son dernier mot, et cogite déjà sur une reconfiguration de sa géopolitique commerciale. Son premier allié est de toute évidence la Chine, premier partenaire commercial du Brésil, vers qui 30 % de ses denrées sont exportées (94,4 milliards de dollars en 2024). Essentiellement du soja, du pétrole et du minerai de fer. En comparaison, les États-Unis ne captent que 11 % des exportations brésiliennes (environ 35 milliards de dollars). Selon la Banque centrale du Brésil, en 2024, la devise chinoise, le yuan, représentait déjà 20 % des règlements commerciaux bilatéraux (exportations et importations).