L'économie américaine continue d'aller dans la bonne direction face à l'inflation. Le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, a salué les « progrès » réalisés ces derniers mois, à l'occasion d'une audition devant une commission du Sénat ce mardi.
Dans ses propos introductifs, le patron de la Fed a ainsi souligné que « les récentes données sur l'inflation montrent de nouveaux progrès, modestes », dans la bonne direction. « De nouvelles données positives viendraient renforcer notre confiance dans le fait que l'inflation se dirige résolument vers les 2% », a ajouté Jerome Powell, rappelant l'objectif d'inflation à long terme prévu par le mandat de la banque centrale américaine.
Pour mémoire, l'inflation américaine avait connu un pic dans la foulée de la réouverture de l'économie mondiale, après la pandémie de Covid-19. Elle avait même 9,5% en rythme annuel en juin 2022. Dans la foulée, la Fed avait remonté résolument ses taux, jusqu'à les amener à une fourchette comprise entre 5,25% et 5,50%, leur niveau le plus haut depuis le début du siècle.
Depuis, l'inflation aux Etats-Unis a connu un fort ralentissement, retombant autour de 2,6% en moyenne ces derniers mois, mais après une baisse rapide durant la seconde moitié de 2023, elle a eu tendance à se stabiliser entre 2,5% et 3% depuis le début de l'année. Alors que les marchés avaient anticipé une première baisse des taux durant le deuxième trimestre, espérant même que la Fed puisse en réaliser trois dès cette année, l'institution financière a préféré jouer la prudence.
Par la voix de son président et de différents membres de son conseil, la Réserve fédérale avait expliqué qu'elle attendait plus de preuves que l'inflation retournait bien vers les 2%. « Les données économiques durant le premier trimestre de cette année ne nous avaient pas permis d'agir avec confiance », a ainsi rappelé ce mardi, devant les sénateurs, le président de la Fed.
Avec cette nouvelle intervention positive ce mardi, c'est désormais la deuxième fois que Jerome Powell exprime sa confiance dans l'évolution de l'inflation ces derniers mois, après des commentaires similaires à l'occasion d'un forum des banquiers centraux à Sintra, au Portugal, le 2 juillet.
Des commentaires qui renforcent la confiance des marchés sur la probabilité d'une première baisse des taux lors des prochaines réunions : plus de 75% des analystes l'anticipent pour la réunion de mi-septembre, selon l'outil de veille de CME FedWatch.
« Nous pensons toujours qu'un relâchement (des taux, ndlr) en juillet aurait été optimal mais nous sommes inquiets que les décideurs avec des vues plus "incisives" se positionnent contre une baisse en septembre », a de son côté jugé Gregory Daco, chef économiste pour EY, également dans une note.
Cela ferait intervenir la première baisse à l'occasion de la dernière réunion de la Fed prévue avant la tenue de l'élection présidentielle aux Etats-Unis, qui se déroulera le 5 novembre prochain.
La BCE, elle, a déjà baissé son taux directeur en juin
Début juin, la Banque centrale européenne (BCE) a effectué une première baisse de son taux directeur de 0,25 point de pourcentage. Ainsi, le taux de dépôt passe à 3,75%, tandis que le taux de refinancement et le taux de facilité de prêt marginal s'établissent respectivement à 4,25% et 4,5%.
Cette première baisse intervient après un cycle de forte hausse qui s'est étalé entre 2022 et 2023. Une conséquence économique du déclenchement de la guerre en Ukraine, qui a entraîné notamment une flambée des coûts de l'énergie en Europe. Depuis septembre 2023, le taux directeur de la BCE avait été maintenu entre 4% et 4,75%, au plus haut depuis la création de l'euro.
Néanmoins, début juillet, Christine Lagarde, la présidente de la BCE avait tenu à prévenir que le match contre l'inflation élevée « n'était pas encore gagné », la cible de 2% ne devant pas être atteinte avant fin 2025. En raison de cette volatilité de l'inflation toujours en cours, la BCE reste prudente quant à une éventuelle nouvelle baisse de son taux directeur durant l'année 2024.