Etats-Unis : les employés de banque ouvraient des comptes fictifs pour atteindre leurs résultats

 |   |  274  mots
Les employés incriminés ont mis en cause la pression mise sur eux pour augmenter l'activité.
Les employés incriminés ont mis en cause la pression mise sur eux pour augmenter l'activité. (Crédits : © Jim Young / Reuters)
Environ 5.300 employés ont été renvoyés suite à la découverte de vastes malversations chez Wells Fargo.

La pression du chiffre et l'appât du gain ont été trop forts. Aux Etats-Unis, des milliers d'employés de Wells Fargo, puissante banque qui octroie un prêt sur cinq dans le pays, ont eu recours à la même combine.

Pour atteindre leurs objectifs commerciaux ou gagner des bonus, ils n'ont pas hésité à ouvrir des comptes bancaires fictifs au nom de vrais clients...qui n'avaient rien demandé. Certains ont même été jusqu'à réaliser des transferts d'argent sans autorisation entre compte "réel" et compte fictif, ce qui a permis à la banque d'empocher des commissions et des frais supplémentaires. Au total, deux millions de comptes bancaires fictifs ont été créés, ce qui représente 5% du total des comptes ouverts par des particuliers.

Course au résultat

Ces malversations, débutées en 2011, se sont donc conclues hier par l'annonce du renvoi de 5.300 personnes. La banque, via une porte-parole, a voulu se dédouaner de toute responsabilité : "le nombre de cas et des équipes impliquées représentent une très petite portion de notre activité" a-t-elle expliqué à l'AFP. Wells Fargo a néanmoins payé 185 millions d'euros d'amende pour s'éviter un procès gênant. L'établissement va également rembourser 2,5 millions de dollars illégalement prélevés à des clients suite aux comptes fictifs.

Dans les auditions menées conjointement par le CFPB, le bureau américain de protection des consommateurs, et l'OCC, un régulateur bancaire, les employés ont décrit une pression constante pour augmenter l'activité. Selon eux, l'instauration de primes au mérite aurait renforcé cette tentation de faire du chiffre à tout prix.

(Avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 10/09/2016 à 8:43 :
c'est aux US ...ah bon ! c'est rassurant , on aurait pu avoir peur que ce soit en France , ou par exemple certains constructerus auto aient ...gonflé leurs ventes ...!
a écrit le 09/09/2016 à 19:25 :
Trop fort ! hahahahaha, l'argent, l'économie, le PIB, la dette ... quelle énorme fumisterie tout ça ! C'est à mourir de rire cette histoire, plus la moindre morale ! Forcément maintenant que l'Or ne sert plus à rien il suffit de faire absolument n'importe quoi pour pouvoir créer une somme "réellement virtuelle" click et hop là c'est fait ! Des boites bidons qui valent des milliards d'argent bidon ... bref c'est très drôle tout ça heureusement qu'il y a l'apéro avec les copains :-)))))
a écrit le 09/09/2016 à 14:19 :
Chez nous aussi, y'a eu des affaires similaires célèbre, comme à la poste, il y a plus de 15 ans, où des employés étaient quasiment forcés de vendre des produits frauduleux à des petits vieux. Mais en fait tout le système est touché.
Le principe même de rendement constant est une absurdité économique, et pourtant toute pyramide économique, toute organisation, entreprise, état, se base dessus, et cela est exigé pour maintenir et augmenter l'endettement.
Vouloir un rendement constant c'est comme exiger que chaque jour il y ai exactement la même quantité de soleil et de pluie. Vous avez vu le temps actuellement ?
En fait dans toute notre économie les salaires devraient être variables, on a le revenu de base pour les besoins incompressibles, le smic et tout le reste est variable dépendant des résultats de l'entreprise, ainsi on n'aurait plus l'absurdité qu'une entreprise qui fait des pertes vire des employés "d'en bas" tout en conservant intacts les salaires des dirigeants. Soit tout le monde gagne soit tout le monde perd, c'est cela une équipe.
Réponse de le 12/09/2016 à 15:36 :
Les salaires "de base" les primes ou commissions collectives ou individuelles aboutissent aux mêmes "aberrations" ou difficultés . faire partie de l'équipe pour les primes collectives ou sauver sa peau pour les commissions individuelles ! Ainsi (je le sais pour avoir eu l'occasion de faire partie de commissions syndicales, au milieu d'un cas isolé décrié mais néanmoins révélateur), comme dans la fable de la Fontaine "ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés" ! La Direction commerciale, le conseil d'administration, d'un côté, s'entendaient sur un constat général, l'émulation (je ne dis pas la saine émulation) ne peux s'exonérer de ce "désordre" même si ce dernier ne représentait que 5% du chiffre d'affaire exprimé. En effet, entre un vendeur que l'on qualifiait "coureur de marathon" et un"sprinter" la vindicte s'abattait sur le Sprinter qui obtenait des résultats "tout de suite" et déclarés suspects par l'autre camp ..... La division créait la stimulation. Dans cette affaire le syndicat n'avait pas le beau rôle, où l'arbitrage était impossible. Le syndicat n'est pas le suppôt du patron, mais ne peut rester indifférent devant la bonne et la mauvaise foi ..... Ainsi va le commerce ! peut être en avez vous des exemples ?
a écrit le 09/09/2016 à 13:53 :
C'est aussi la démonstration du génie humain qui trouve toujours une parade aux contraintes des objectifs SMART (Specific, Measurable, Achievable, Realistic and Timely). L'avantage tout de même de ce système (qui est loin d'être parfait comme ici démontré), c'est qu'il est basé sur des résultats concrets plutôt que sur des relations personnelles, donc la corruption, avec ses supérieurs hiérachiques :-)
Réponse de le 09/09/2016 à 18:47 :
SMART n'empêche en rien la connivence. Il suffit que la hiérarchie donne des objectifs très faciles à certains, et très difficiles à d'autres. Le système est très bien conçu car il donne l'impression d'impartialité, donc incontestable, mais aucune règle n'est établie pour fixer les objectifs.
Réponse de le 10/09/2016 à 19:09 :
@Dingo: dans le même service et au même poste, si les objectifs sont différents, ça se voit tout suite, non. En Amérique du Nord, le népotisme n'est pas un truc courant et l'employeur veut des résultats, pas des copains du copain pour surveiller la machine à café. Mais bien entendu, rien ne fonctionne absolument parfaitement :-)
a écrit le 09/09/2016 à 13:37 :
Dans toutes compétitions, on doit faire face au dopage. On pourrait voir par exemple des sociétés remplir leur compte "stock de produits finis" par des quantités largement supérieures à la production réelle. Les actionnaires seraient émerveillés et cela aurait une bonne influence sur le cours des actions. Toute ressemblance avec des fais réels ne serait que pure coïncidence...
a écrit le 09/09/2016 à 11:59 :
la poudre aux yeux, la manipulation, le spinning a l'anglo-saxonne.
les banques US clament haut et fort qu'elles sont les meilleures. pas bon signe. :-)
a écrit le 09/09/2016 à 11:03 :
La productivité anglo-saxonne après la fiabilité allemande... Quand allons-nous arrêter de nous fustiger pour notre prétendue mollesse, paresse, incompétence ?
a écrit le 09/09/2016 à 10:52 :
Il serait intéressant de faire les mêmes recherches dans les banques françaises. Il y aurait certainement des surprises.....
a écrit le 09/09/2016 à 9:50 :
Voilà dans quelle impasse mène la course à la compétitivité et la prime aux résultats. Les décideurs sont aussi coupables que les employés mais eux ne risquent rien, jamais.
Réponse de le 09/09/2016 à 19:15 :
@citoyen blasé: tu proposes quoi en remplacement ? le système n'est sans doute pas parfait, mais il vaut tout de même être récompensé en fonction de ses résultats plutôt que de lécher les bottes du chef pour un éventuel avancement, n'est-ce pas :-)
Réponse de le 11/09/2016 à 11:13 :
C'est vrai ça fonctionne vachement bien la prime au mérite.

Les salariés obligés de tricher pour gagner plus ou pour ne pas se faire virer.

"mais il vaut tout de même être récompensé en fonction de ses résultats plutôt que de lécher les bottes du chef pour un éventuel avancement,"

C'est de la pensée binaire mais c'est pas étonnant de vous, il existe toujours des solutions autres suffit seulement de vouloir y réfléchir mais comme les propriétaires de moyens de productions sont toujours les mêmes ils n'ont que projets binaires à imposer.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :