Grande-Bretagne : le taux de chômage tombe à 3,6%, niveau le plus faible depuis près d'un demi-siècle

Le taux de chômage outre-Manche a atteint son niveau le plus bas depuis 1974, à 3,6% sur la période mai-juillet 2022. Cette baisse est notamment due au départ de nombreuses personnes du marché du travail, une inactivité qui inquiète toutefois déjà la Banque d’Angleterre.
La Banque d'Angleterre craint une recrudescence des tendances inflationnistes face à l'augmentation de l'inactivité.
La Banque d'Angleterre craint une recrudescence des tendances inflationnistes face à l'augmentation de l'inactivité. (Crédits : TOM NICHOLSON)

Le taux de chômage au Royaume-Uni a atteint un très faible niveau ces derniers mois, si faible qu'un taux équivalent n'a plus été relevé depuis 1974. Ce mardi 13 septembre, l'Office for national statistics (ONS) a publié son rapport mensuel sur le marché du travail et explique que le taux de chômage de mai-juillet 2022 ne représente que 3,6% du marché du travail, tandis qu'il était de 7,4% au deuxième trimestre 2022 en France, selon les données de l'INSEE. Ce taux de chômage, au plus bas depuis 1974, a étonné les économistes interrogés par Reuters qui s'attendaient à ce qu'il reste à 3,8%.

Une hausse du taux d'inactivité économique

Cette diminution du taux de chômage britannique s'explique en partie par la hausse de l'emploi. En effet, l'ONS a indiqué que le nombre de personnes ayant un emploi avait augmenté de 40.000 sur la période mai-juillet, ce qui représente toutefois moins d'un tiers de l'augmentation attendue par les économistes interrogés par Reuters.

Ainsi, l'explication la plus probable de cette baisse du taux de chômage est la hausse du taux d'inactivité. En effet, le taux d'inactivité économique, qui mesure la part de la population qui ne travaille pas et ne cherche pas de travail, a augmenté de 0,4 point sur le trimestre pour atteindre 21,7%. L'Office national des statistiques anglais a déclaré que cette évolution était due à la croissance du nombre de personnes classées comme malades atteints d'une affection de longue durée et d'étudiants. La baisse du taux de chômage, indicateur positif, cache donc une réalité plus inquiétante. La Banque d'Angleterre craint même une recrudescence des tendances inflationnistes face à l'augmentation de l'inactivité.

Perte de vitesse du marché du travail britannique

Face à ce faible taux de chômage et à la hausse de l'inflation, les employeurs britanniques augmentent désormais la rémunération des salariés afin que le salaire réel ne diminue pas excessivement, le salaire n'étant pas indexé sur l'inflation. En effet, les salaires hors primes ont augmenté de 5,2%, taux le plus élevé depuis la période juin-août 2021, contrairement à ce qu'avaient indiqué les économistes interrogés par Reuters qui s'attendaient à une augmentation de 5% seulement. De même pour les salaires incluant les primes, ils ont augmenté de 5,5%, soit un peu plus des 5,4% attendus. Autant d'efforts consentis par les employeurs pour recruter, et qui confirment la forte pression sur le prix du marché du travail, anticipée par l'ONS ce mardi.

Finalement, l'ONS a observé les signes d'une perte de vitesse sur le marché du travail. Le nombre d'offres d'emploi a connu une baisse de 34.000 sur la période mai-juillet 2022, sa plus forte baisse en deux ans. Toutefois, ce nombre d'offres reste à un niveau historiquement élevé à 1,266 million, preuve que le marché du travail se maintient pour le moment.

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ZOOM : Les prix flambent en Grande-Bretagne après le décès de la Reine Elizabeth II

Le décès de la Reine Elizabeth II va avoir d'importantes répercussions sur l'économie britannique, preuves en sont les 1,5 à 7 milliards d'euros estimés de manque à gagner car banques, commerces et entreprises vont fermer pour rendre hommage à la reine. Pendant plusieurs semaines, l'économie britannique entière sera paralysée, comme elle l'a déjà été durant le jubilé de platine de la monarque en juin dernier. Effectivement, les Britanniques n'avaient pas travaillé pendant deux jours, les jours de fêtes étant synonymes de jours chômés, et le PIB s'était contracté de 0,6%.

L'inflation, qui a déjà dépassé les 10%, devrait atteindre, selon les estimations, 11% au mois d'octobre. Ainsi, dans un contexte de crise, la mise à arrêt de l'activité économique risque de ne pas arranger la situation. D'ailleurs, tout juste nommée au poste de Première ministre, Liz Truss annonçait dès jeudi 8 septembre un plan de 150 milliards d'euros pour faire face à l'inflation.

(Avec Reuters)

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Commentaires 3
à écrit le 14/09/2022 à 7:09
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Bonjour, Les chiffres ons leur fait dire n'emporte quoi... La réalité s'est que beaucoup sont mal payés.. Et que la situation économique est difficile.... Mais tous vas bien , le chiffre le dit...

à écrit le 13/09/2022 à 19:14
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Quand est-ce que l'on adapte enfin le travail aux gens ? Les faisant travailler bien plus longtemps dans les années mais en diminuant drastiquement le heures au fur et à mesure de l'âge. La génération des trente glorieuses est totalement déconnectée ...

à écrit le 13/09/2022 à 18:13
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Bref : il y a beaucoup moins de chômeurs au Royaume-Uni qu'en France, alors que le brexit est sensé faire tellement de mal à ce pays...

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