Hackers russes, les nouveaux mercenaires d'une cyberguerre mondiale

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(Crédits : Kacper Pempel)
REPLAY. Rencontres exclusives avec ces hackers russes qui font peur à l'Occident. Une investigation fouillée et concrète, qui dévoile la réalité derrière les fantasmes.

Depuis l'élection de Donald Trump - qu'on les accuse d'avoir favorisée -, les hackers russes n'ont cessé de faire la une des médias occidentaux. Parce qu'ils n'ont pas de visage, que leurs modes d'action restent opaques et incompréhensibles pour le commun des mortels, et que les fake news venues de Russie servent sans ambiguïté les intérêts des droites extrêmes américaines et européennes, ils incarnent dans l'imaginaire collectif une effrayante armée de l'ombre au service d'une Russie agressive.

En parvenant à rencontrer, en France et en Russie, mais aussi en Ukraine, nombre de ces hackers free-lance, qui dévoilent sur écran un pan du monde caché dans lequel ils évoluent, cette enquête palpitante et ludique fait apparaître aussi concrètement que possible la réalité méconnue qui nourrit les fantasmes.

À quoi un hacker passe-t-il ses journées (et ses nuits) ? Combien cela rapporte-t-il ? Pourquoi la Russie possède-t-elle un riche vivier d'informaticiens virtuoses ? Quels liens entretiennent-ils avec le pouvoir et les services secrets ?

Se jouer des codes

En parallèle, Michael Hayden, ex-directeur de la CIA et de la NSA, Julian Assange, Yevhen Yakovenko, un responsable du SBU (le service de sécurité ukrainien) ou Igor Chtchegolev, conseiller du président Poutine croisé sur un salon moscovite du hacking, livrent leurs versions des cyberévénements récents. Les responsables d'une centrale nucléaire ukrainienne et de la chaîneTV5 Monde, eux, retracent les pannes spectaculaires provoquées en quelques minutes par des attaques informatiques. Différents spécialistes, journalistes et chercheurs, apportent leurs analyses.

Jouant des codes de l'investigation télévisée, Étienne Huver (prix Albert-Londres 2016 pour son enquête sur les victimes du régime syrien) et Marina Ladous, sa coauteure et productrice, se mettent en scène en Candide du cybermonde pour dévoiler les rouages d'une guerre invisible. S'ils montrent que la Russie y avance ses pions avec détermination, ils font entrevoir un paysage complexe, entre cybercriminalité, contre-espionnage et émulation geek.

Documentaire d'Etienne Huver (France, 2018, 1h28mn)

(source ARTE)

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Commentaires
a écrit le 11/08/2019 à 7:37 :
les USA n'ont pas l'apanage de l'espionnage , de la politique underground et des magouilles sournoises .......heureusement !
a écrit le 08/08/2019 à 20:17 :
Pendant 5 ans, on nous a sorti qu'un oligarque ne pouvait être que russe ; maintenant ce sont les hackers ,; on oublie que les russes mangent les petits enfants ( ah non, ça c'était l'information en 1920 !
Au delà de ce genre d'affirmation, il vaudrait mieux une bonne enquête sur tous les esvices de renseignements du monde .
a écrit le 08/08/2019 à 18:35 :
Étienne Huver, réalisateur de ce doc (et d'autres) , est spécialisé dans la chasse aux hackers russes. Cette affaire a pris de l'ampleur avec le fiasco de la campagne présidentielle d'H.Clinton en 2016 et du fameux Russiagate. Lequel, après plus de 2 ans d'enquête, a abouti à un échec complet pour destituer Trump. Nous avons là un magnifique complot, que les dénonciateurs professionnels de complots veulent ignorer A ce titre, le témoignage de Michael Hayden dans le doc (ex CIA + NSA) est risible quand on sait le réseau d'espionnage très développé par les US, y compris contre leurs alliés, dans le cadre des "Five Eyes". Merci Arte, c'est le camp du Bien !
a écrit le 08/08/2019 à 12:34 :
Les cracks, ces petits programmes qui permettent d'utiliser un logiciel propriétaire sans payer sont souvent d'origine russe et sont souvent infecté par un cheval de Troie. Ce n 'est pas anodin quand on pense au nombre de Windows crackés en circulation, les Russes sont certainement capable de mener une attaque de grande ampleur.
a écrit le 08/08/2019 à 9:50 :
La cyber guerre, à savoir une guerre dénuée de victimes physiques, ça me convient parfaitement, si on pouvait de façon généralisée transposer tous les champs de bataille sur les ordinateurs on pourrait déjà enfin respirer un grand coup.

Par contre du fait que l'on nous impose de mettre toutes nos données via ce média il est bien évident qu'il peut rapporter énormément d'argent ou bien géner profondément, ralentir même l'activité de tel ou tel pays.
Réponse de le 08/08/2019 à 10:44 :
C'est bien naïf comme réaction : faire dysfonctionner des centrales nucléaires, des système d'alimentation en eau potable, des systèmes ferroviaires, et bientot les voitures autonomes, la cyber-guerre a et aura un impact bien réel sur votre sécurité (tout du moins, sur votre quotidien bien rangé) avec à la clef des attaques mortelles : faire planter le système de freinage de plusieurs véhicules ou de train, c'est bien une conséquence réelle. Ce n'est pas parce que c'est "cyber" que l'impact n'est pas réel.
Réponse de le 08/08/2019 à 13:48 :
"Ce n'est pas parce que c'est "cyber" que l'impact n'est pas réel. "

Vous l'avez vu dans votre boule de cristal donc ?Puisque pour l'instant il y a zéro victime et même s'il y en a qui correspondent à votre peur ils seront toujours bien moindre qu'une guerre conventionnelle.

"Tout est bruit pour celui qui a peur" Sophocle
a écrit le 11/05/2019 à 9:02 :
Passer sous Linux élimine en grande partie (pas 100%), par de fait une structure pyramidale, au contraire de Windows. Preuve en est, les opérateurs internet qui étaient en panne lors d'une attaque, étaient sous Windows.
Réponse de le 11/08/2019 à 2:26 :
Si Linux devenait un monopole de fait, il deviendrait (presque) aussi vulnérable que windows aujourd'hui.
Qu'il s'agisse d'informatique ou agriculture, la monoculture augmente la vulnérabilité aux agressions externes. Mélanger de manière aussi aléatoire que possible les différents OS (windows, et les différents *nix, dont les distributions de Linux ainsi que MacOS) compliquerait considérablement la tache des hackers comme la diffusion des malwares.
C'est tout aussi vrai des logiciels d'application, généraux (bureautique, etc.) ou professionnels. Par exemple, une cyber-offensive majeure contre l'Ukraine était basé sur le fait que le gouvernement ukrainien obligeait les importateurs à utiliser un certain logiciel (pour quelle raison, avouable ou non ?), ne fonctionnant qu'avec windows. Résultat, les agresseurs pouvaient facilement identifier et dézinguer les entreprises commerçant avec l'Ukraine…
C'est même vrai des processeurs, le quasi monopole d'Intel ayant conduit à des choses … surprenantes.

Mais allez faire comprendre cela à un décideur a-technique, qui croit dur comme fer aux "économies d'échelle".
a écrit le 11/05/2019 à 8:56 :
Il est fort probable que les attaques viennent des deux cotés. Mais chut !
a écrit le 10/05/2019 à 18:49 :
Les hackers russes menacent donc les grandes démocraties occidentales, Arte apporte sa contribution pour relancer la guerre froide terminée il y a 28 ans, à la suite également de l'échec de H.Clinton en 2016 à la présidentielle. Inutile sans doute de rappeler l'échec cuisant du russiagate après le rapport Mueller, ou l'activité d'espionnage des "Five Eyes".
a écrit le 10/05/2019 à 18:35 :
Super! On a trouvé le coupable de tout nos problèmes avenirs, après l'histoire du terrorisme, qui a quand même ses limites!
a écrit le 10/05/2019 à 17:28 :
Reportage anti-russe de base. Evidemment les Russes, tout comme tous les gouvernements des principales puissances, menent aussi la guerre numérique.

Rappelons seulement les faits prouvés, qui a écouté Merkel ? qui a espionné ses alliés ? qui finance et travaille en étroite collaboration avec les GAFAM ?

Le seul problème de toujours se focaliser sur l'Est, c'est qu'on tend notre postérieur à l'Ouest du coup...
Et le coup du clown USA, cela ne ressemble pas à une mise en scène grossière ?
Réponse de le 11/08/2019 à 2:43 :
D'un autre coté, si Poutine agitait un peu moins ses hochets militaires et sa "guerre numérique", et faisait la paix (numérique ou pas) avec ses voisin au lieu de les menacer ou de leur envoyer des virus, des assassins ou des manipulateurs, ce serait plus facile pour nous d'envoyer balader Trump.
D'autant qu'il a une Sibérie à peupler, sinon les chinois vont le faire…

P.S. : Une bonne lecture pour améliorer ton français ? Les 4 volumes du voyage de Custine, en 1839. Gratuit en eBook. À l'époque, le tsar se nommait Nicolas, et non Vladimir. Beaucoup d'autres choses ont changé (en presque 2 siècles), mais certains fondamentaux demeurent…

P.P.S. C'est beau, la Russie.

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