Harcèlement sexuel : le président brésilien Lula limoge le ministre des droits humains
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MOHAMED ABD EL GHANY
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Le président de gauche a décidé de limoger Silvio Almeida après l'avoir convoqué au Palais de Planalto pour discuter des « graves dénonciations » portées contre lui, selon un communiqué de la présidence. Le président considère que le maintien du ministre à son poste est intenable, en raison de la nature des accusations de harcèlement sexuel. Silvio Almeida, 48 ans, a demandé lui-même son limogeage dans un communiqué vendredi soir.
Avant son limogeage, il avait nié les accusations avec véhémence dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, les qualifiant de « mensonges » et évoquant une « campagne » pour « affecter » son « image d'homme noir occupant une position en vue dans les pouvoirs publics. »
Le scandale a éclaté jeudi soir lorsque le site Metropoles a révélé que l'association Me Too Brasil avait reçu des dénonciations de plusieurs femmes, dont celle de la ministre de l'Egalité raciale, Anielle Franco. Nommée à ce nouveau portefeuille créé par Lula au début de son troisième mandat en janvier 2023, elle est la sœur de Marielle Franco, une conseillère municipale de Rio de Janeiro assassinée en 2018.
Après avoir gardé le silence, la ministre Anielle Franco a finalement réagi après le renvoi de Silvio Almeida.
La Première dame, Rosangela da Silva connue pour son engagement féministe, avait déjà donné une indication du dénouement vendredi matin en publiant sur Instagram une photo d'elle embrassant Anielle Franco sur le front.
Une enquête préliminaire a été ouverte par la police fédérale, ainsi qu'une procédure au sein de la Commission d'éthique publique du gouvernement. Me Too Brasil a confirmé avoir reçu les dénonciations et avoir offert un soutien psychologique et juridique aux victimes.
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L'épouse de Silvio Almeida, Edneia Carvalho, a jugé les accusations contre son mari « injustes » et « absurdes ».
Il s'agit du premier scandale de cette ampleur depuis le retour au pouvoir de Lula, après deux mandats de 2003 à 2010. En juin, la police fédérale a recommandé l'inculpation de Juscelino Filho, ministre des Communications, pour corruption et association de malfaiteurs. Ce dernier a clamé son innocence et n'a pas été écarté du gouvernement.
Cette affaire met en lumière la détermination du président Lula à réagir rapidement et fermement face aux accusations de mauvaise conduite au sein de son gouvernement, tout en garantissant la présomption d'innocence.
(avec l'AFP)
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