"Déchirée par l'Etat islamique, Al Qaïda est hors-service"
Arezki Amarouche
Arezki Amarouche
"Après avoir été déchirée par l'Etat Islamique, Al-Qaïda est une organisation hors-service", ont assuré deux des plus importants leaders du groupe terroriste Al-Qaïda au quotidien britannique "The Guardian".
Dans une longue interview, Abu Qatada, prédicateur jordanien présent à Londres jusqu'en 2013 (avant d'en avoir été expulsé), et Abu Muhammad al-Maqdisi, considéré comme l'un des "savants" islamistes les plus influents, font un constat réaliste, semble-t-il, de l'état de leur propre organisation.
Ils déclarent ainsi que le chef d'Al-Qaïda, Ayman al- Zawahiri, est à l'écart de ses commandants et qu'il n'est chargé que de maintenir le groupe à flot grâce à plus d'"appels à la loyauté". Les deux leaders racontent également qu'Al-Qaida au Moyen-Orient a été vidé de ses recrues et de ses ressources financières après avoir perdu "ses territoires les plus prestigieux".
Abu Muhammad Maqdisi, ami très proche de Zawahiri, enfonce le clou:
Abu Qatada, né Omar Mahmoud Othman, et qui a été décrit par le gouvernement britannique comme un "individu vraiment dangereux", parle de Zawahiri comme de quelqu'un "d'isolé" et qui a fini par admettre que l'Etat Islamique (EI) a gagné la propagande de masse et la guerre au sol contre Al-Qaida.
Depuis son expulsion du Royaume-Uni, Qatada s'est transformé en véritable pourfendeur de l'Etat Islamique. Il a précédemment déclaré au Guardian que leurs membres étaient des extrémistes qui constituaient un "cancer" au sein du mouvement djihadiste mondial, après leurs assauts sur Al-Qaïda au cours des deux dernières années. "L'Etat Islamique ne respecte personne," martèle-t-il.
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Initialement, l'EI était une branche d'Al-Qaida. Le groupe a été excommunié par le réseau en 2014, après avoir désobéi aux commandes de Zawahiri en commençant une guerre intestine, qui aurait causé "des milliers de morts internes", avec d'autres groupes islamistes présent en Syrie. Depuis "la proclamation de son indépendance" l'année dernière, l'EI a continué à construire un réseau mondial de filiales qui s'étend désormais de l'Afghanistan à l'ouest de l'Afrique.
De leur côté, les dirigeants de l'EI ont décrit Al-Qaïda comme une "entité noyée" dans le sixième numéro de leurs publications officielles écrites en anglais. "Nous ne tolérerons aucun autre groupe islamiste dans les territoires où nous opérons", ont-ils ajouté. La semaine dernière, leurs combattants auraient décapité 10 membres des Talibans en Afghanistan.
Les estimations de l'armement et du financement de l'EI posent moins de difficulté que celles du nombre de combattants. Les chiffres, eux, varient entre 10.000 et 200.000. Toutefois, la seule certitude reste qu'ils ne cessent d'augmenter.
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Barack Obama a déclaré en mars que "l'Etat Islamique était la conséquence directe d'al-Qaïda en Irak". Et pendant ce temps, aux États-Unis, les autorités continuaient de cibler Al-Qaida. Jusqu'à présent, selon "thebureauinvestigates.com", les Américains ont lancé 11 attaques de drones au Yémen cette année - la plus récente datant de mardi soir - et 11 autres au Pakistan, tuant entre 82 et 122 personnes.
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