Le Parlement doit autoriser mardi la poursuite des frappes françaises contre l'Etat islamique en Irak

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(Crédits : reuters.com)
Le Parlement doit donner son feu vert ce mardi à la poursuite des frappes françaises en Irak dans un contexte lourd de tensions et de gravité après les attaques jihadistes qui ont frappé au coeur de Paris.

Le Parlement doit voter mardi la poursuite des frappes françaises en Irak dans un contexte lourd de tensions et de gravité après les attaques jihadistes qui ont frappé au coeur de Paris. Cette autorisation, imposée par la Constitution près de quatre mois après le début de l'intervention française le 19 septembre, s'annonce acquise dans un pays globalement favorable à l'opération Chammal.

"Notre conviction est, plus que jamais, que la présence de l'armée française est nécessaire", relève ainsi le chef du groupe UMP, Christian Jacob. "Elle est indispensable car le combat contre le fondamentalisme commence à la source (...) La guerre contre le terrorisme sur le territoire national commence en Irak", ajoute-t-il.

Dans la majorité, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a souligné à de multiples reprises la détermination de la France à stopper, au côté de ses alliés, l'expansion de l'organisation Etat islamique (EI) en Irak. Paris exclut en revanche pour l'heure toute intervention en Syrie, jugeant qu'elle ne pourrait qu'être favorable au régime de Bachar el-Assad. "Grâce à l'action de la coalition internationale, nous avons mis un coup d'arrêt à l'expansion de Daesh" (autre nom de l'EI) "mais le coup d'arrêt ne signifie pas que la guerre est finie", relève M. Le Drian.

Le vote prend en outre un relief particulier alors qu'un des auteurs du carnage à la rédaction de Charlie Hebdo, Chérif Kouachi, avait participé à une filière de recrutement pour l'Irak et que le preneur d'otages du magasin casher, Amedy Coulibaly, se réclamait de l'EI et demandait l'arrêt des frappes françaises en Irak.

"Les événements d'aujourd'hui en France renforcent notre conviction que soutenir l'engagement français était la bonne décision", souligne M. Jacob. Le vote pourrait être suivi du déploiement, hautement symbolique, du porte-avions Charles de Gaulle dans le golfe Persique, selon le site Mer et Marine. L'Elysée a seulement confirmé que le groupe aéronaval appareillerait prochainement pour l'Inde et transiterait par le Golfe.

Depuis septembre, les avions de chasse de la coalition traquent l'EI qui a pris le contrôle d'une partie de l'Irak et de la Syrie, frappant pickups, dépôts d'armes et bases, en appui des forces irakiennes et des peshmergas kurdes.

Les forces françaises, qui opèrent depuis les Emirats arabes unis (neuf avions Rafale) et la Jordanie (six Mirage 2000), avaient ainsi effectué 267 missions de reconnaissance, renseignement ou ravitaillement en vol au 7 janvier, selon un bilan de l'état-major. Parmi celles-ci, 30 missions de frappes ont permis la destruction d'une soixantaine d'objectifs au sol (bâtiments, véhicules, complexes logistiques ou terroristes présumés).

Si le nombre des frappes est souvent jugé modeste, l'armée souligne la difficulté à combattre un ennemi qui se fond dans la population et l'impératif d'éviter tout dégât collatéral. "Au début les frappes ont empêché l'EI d'accroître sa mainmise. Depuis il ne se passe plus grand chose. Ils ont camouflé tout ce qui est logistique dans les villes, dispersé les hommes", note Jean-Claude Allard, expert des questions de défense à l'institut de relations internationales IRIS. "Mais si on lève la pression des frappes aériennes, l'EI reprendra sa guerre de conquête", met-il en garde.

Pour faire reculer l'EI, il va falloir engager des opérations au sol mais les Occidentaux s'y refusent, de crainte d'un nouveau bourbier irakien. Tout repose donc sur les forces irakiennes, qui sont encore loin d'être prêtes, malgré leur entraînement par des conseillers militaires américains. "Cela va prendre des mois (..) Tant qu'il n'y aura pas de forces terrestres bien entraînées pour attaquer l'EI et regagner le terrain, rue par rue, on aura le statu quo", prédit M. Allard.

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Commentaires
a écrit le 22/01/2015 à 9:46 :
Est-ce normal ? nous suivons le chemin de la vengeance, comme eux. Avec le risque d'ouvrir
un très mauvais conflit. Pardonner pendant au moins quelques semaines, pour voir leur réaction.
a écrit le 12/01/2015 à 17:55 :
Voilà, là, c'est de la liberté d'expression à coup de bombe sur la gueule, surtout en ne ratant pas les civils : la démocratie occidentale ça se mérite ! Pour ensuite devenir de bon mouton ou de gros vaux.
a écrit le 12/01/2015 à 11:24 :
Les valeurs de l'Europe (comme de presque tous les puissants), c'est surtout l'hypocrisie, depuis des siècles et des siècles... Indéfendable!
a écrit le 11/01/2015 à 19:03 :
L'Etat Islamique qu'on arme et finance d'une main et qu'on bombarde de l'autre...
a écrit le 11/01/2015 à 14:26 :
Et pas un mot contre AQPA, Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique dont se sont revendiqués les assassins de Charlie Hebdo et qui sont financés par l'Arabie Saoudite wahhabite car ils luttent contre les rebelles houthis chiites, rien contre Al-Qaïda en Syrie ou Al-Nosra au prétexte que cela pourrait servir Bashar el Assad ennemi des saoudiens. Donc rien qui ne pourrait déplaire aux saoudiens, alors on tape seulement sur l’État Islamique ou Daesh. La France a fait un choix dangereux celui de refuser de couper toutes les têtes du Cerbère takfiri.
a écrit le 11/01/2015 à 14:01 :
"Pour faire reculer l'EI, il va falloir engager des opérations au sol mais les Occidentaux s'y refusent, de crainte d'un nouveau bourbier irakien."

Le bourbier est surtout français en refusant de laisser sortir du territoire les candidats au djihad tout en continuant d'accueillir ceux déjà sortis forts de leur expérience de terrain...

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