La Banque mondiale revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour 2020

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La Banque mondiale a indiqué que l'année 2019 a marqué la plus faible expansion économique depuis la crise financière mondiale de 2009 et que 2020 resterait vulnérable aux incertitudes sur le commerce et aux tensions géopolitiques.
La Banque mondiale a indiqué que l'année 2019 a marqué la plus faible expansion économique depuis la crise financière mondiale de 2009 et que 2020 resterait vulnérable aux incertitudes sur le commerce et aux tensions géopolitiques. (Crédits : China Stringer Network)
La Banque mondiale a légèrement réduit mercredi soir ses prévisions de croissance pour 2019 et 2020 du fait d'un redressement plus tardif qu'attendu des échanges commerciaux et des investissements malgré un apaisement des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Dans son étude la plus récente sur les prévisions économiques mondiales, la Banque mondiale réduit de 0,2 point de pourcentage ses prévisions de croissance pour 2019 et 2020, désormais de 2,4% (2019) et 2,5% (2020).

La croissance mondiale va légèrement augmenter cette année grâce à une poignée d'économies émergentes et en développement, mais des risques demeurent, susceptibles de faire dérailler l'expansion, a averti mercredi soir la Banque mondiale.

Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales, l'institution de Washington note en particulier qu'un regain des tensions commerciales - en sourdine depuis l'annonce d'un accord entre les Etats-Unis et la Chine -, effacerait le modeste progrès et pourrait s'étendre rapidement au-delà des deux premières puissances économiques. Pour 2020, la Banque mondiale table sur une croissance mondiale de 2,5% contre 2,4% l'an passé.

Pour autant, par rapport à ses projections de juin, elle a soit révisé en baisse, soit laissé inchangée la croissance de la totalité des pays exception faite des Etats-Unis (+0,1 point). Et quoique supérieure à 2019, la croissance sera bien inférieure à celle enregistrée en 2017 (+3,2%) avant le déclenchement de la guerre commerciale sino-américaine et à celle de 2018 quand elle était encore de 3%.

Les économies avancées au ralenti

La Banque mondiale table sur une croissance de 1,4% pour l'ensemble des économies avancées contre 1,6% en 2019. Les Etats-Unis, qui ont lancé des offensives commerciales tous azimuts, font figure de bons élèves mais ils n'échapperont pas au ralentissement avec une expansion estimée à 1,8% contre 2,3% en 2019. Ce niveau reste toutefois solide, largement tiré par la consommation des ménages.

Pour l'Union européenne, la Banque mondiale anticipe seulement 1% de croissance (contre 1,1% en 2019) plombée notamment par l'économie allemande et le Bexit.

L'Allemagne a souffert d'une combinaison d'éléments: des conflits commerciaux aux difficultés du secteur automobile suite au scandale des moteurs diesel en passant par les incertitudes liées au Brexit.

Le Japon devrait enregistrer, lui, une croissance de 0,7% après 1,1% l'an passé. Privée de l'un de ses principaux moteurs, les exportations, en raison de la dégradation de la conjoncture mondiale, la croissance japonaise sera donc loin des 1,9% enregistrés en 2017.

La Chine marque le pas

Pour la première fois depuis 1990, le PIB de la deuxième puissance économique du monde augmentera de moins de 6% (5,9%). "La croissance s'est essoufflée plus que prévu dans un contexte de ralentissement de la demande intérieure et de tensions commerciales", indique le rapport.

Les marchés émergents tirent la croissance

Les marchés émergents et les économies en développement (EMDE) ont stimulé l'économie mondiale mais la plupart d'entre eux sont confrontés à leurs propres difficultés notamment politiques: un tiers de ces économies devrait ainsi ralentir cette année. Environ 90% de la reprise de la croissance des EMDE en 2020 seront tirés par seulement huit pays (Argentine, Brésil, Inde, Iran, Mexique, Russie, Arabie saoudite et Turquie).

En Europe et Asie centrale, la Turquie va enregistrer une croissance de 3% après une stagnation en 2019 tandis que la Russie, qui pâtit de la faible demande des consommateurs, devrait connaître également une amélioration cette année: la Banque mondiale table ainsi sur une croissance de 1,6% après 1,2%.

Quoique en baisse de 0,8 point par rapport à juin, l'estimation de croissance pour la région Amérique latine et Caraïbes est en net progrès: +1,8% en 2020 contre 0,8% en 2019. La première économie de la région, le Brésil devrait même croître de 2% après 1,1% en 2019, grâce à la stimulation de la consommation des ménages.

L'économie mexicaine devrait progresser, elle, de 1,2% après avoir stagné l'an passé. De son côté, l'Argentine, troisième économie, va enregistrer une récession moins forte : -1,3% après -3,1%. En Asie du sud, la croissance de l'Inde va également rebondir à 5,8% contre 5%. Enfin, sur le continent africain, l'Afrique du Sud devrait enregistrer une croissance de 0,9% après 0,4%.

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Commentaires
a écrit le 09/01/2020 à 11:41 :
"Ce niveau reste toutefois solide, largement tiré par la consommation des ménages."

La consommation des ménages, ou le déni permanent de nos dirigeants européens alors que principale source de croissance économique.

ON aime bien critiquer l’injustice de l'économie américaine mais quand on bosse là bas au moins on est payé, tandis qu'en France quand vous découpez des pierres et les portez vous touchez le smic et si vous êtes pas content on vous remplace par un moldave en travail détaché pour 500 euros par mois.

Tu m'étonnes qu'ils soient incapables de comprendre que le travail soit dur, les gars ils ne savent même pas ce que c'est un travail déjà.

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