La reprise de l'économie mondiale dope le commerce de marchandises

Le commerce de marchandises des pays du G20 a atteint un nouveau record au second trimestre 2021, selon les dernières données de l'OCDE. Les exportations et les importations de marchandises de ce groupe de pays riches ont augmenté respectivement de 4,1% et 6,4% au deuxième trimestre 2021 par rapport au trimestre précédent. Les échanges sont soutenus par la reprise aux Etats-Unis et en Chine mais des signes de ralentissement apparaissent déjà.
Grégoire Normand
La reprise économique entraîne des frictions entre l'offre et la demande du commerce mondial.
La reprise économique entraîne des "frictions" entre l'offre et la demande du commerce mondial. (Crédits : Reuters)

Un vent d'optimisme souffle sur le commerce mondial. Après une année 2020 catastrophique, les indicateurs favorables se multiplient. Les dernières données de l'OCDE dévoilées ce mardi 24 août indiquent que le commerce de marchandises des 20 plus grandes puissances économiques de la planète a bondi au second trimestre. Les exportations et les importations de biens en dollars corrigés des variations saisonnières ont accéléré respectivement de 4,1% et 6,4% au deuxième trimestre 2021 par rapport au premier trimestre.

De son côté, le dernier baromètre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dévoilé le 18 août dernier montre que les échanges de marchandises à l'échelle du globe poursuivent leur forte reprise. L'indice atteint même une valeur record d'environ 110 points, selon les données enregistrées par l'institution internationale depuis 2001. Durant le premier trimestre 2021, le commerce global de marchandises a bondi de 5,7% par rapport à la même période l'année précédente. Il s'agit de la plus forte envolée depuis 2011. Cette hausse masque évidemment de vastes disparités à l'échelle de la planète. L'Amérique du Nord, l'Europe et l'Asie ont retrouvé des couleurs tandis que les autres régions demeurent en retrait. La progression de la vaccination dans les pays développés et la levée des barrières sanitaires ont permis à un grand nombre d'Etats de rouvrir leurs économies. La reprise économique en Chine et aux Etats-Unis a dopé le commerce de marchandises mettant sous tension les principales chaînes d'approvisionnement et les compagnies de fret maritime. "Le rythme de la reprise pourrait être freiné par les ruptures sur les chaînes logistiques", explique néanmoins l'OMC.

Un effet de base important

Le record enregistré récemment par les services de l'OMC peut également s'expliquer par "un effet de base" important. Après la chute abyssale du commerce planétaire en 2020, l'indice a rebondi de plus de 20 points en seulement quelques mois. "La hausse du baromètre reflète à la fois la forte expansion du commerce et la profondeur du choc en 2020", expliquent les statisticiens. La plupart des composantes de l'indice illustrent la forte reprise des échanges. Les indicateurs pour le fret aérien (114), le fret maritime (110,8) continuent d'augmenter à une cadence plus rapide que la croissance du commerce global.

L'indice des produits automobiles continuent également d'accélérer en dépit d'une baisse de la production et de la commercialisation dans certains pays en juillet. La pénurie de semi-conducteurs a mis un coup d'arrêt sur plusieurs chaînes de montage chez les constructeurs. "La congestion des transports internationaux et les problèmes d'approvisionnement en semi-conducteurs ont accentué la pression sur le prix des biens échangés", ajoute l'OCDE.

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Le commerce extérieur français en difficulté

La pandémie a amplifié les difficultés du commerce extérieur français déjà à la peine depuis des années. Selon un récent bilan des douanes, le déficit commercial s'est creusé de 34,8 milliards d'euros au premier semestre malgré des exportations dynamiques. Les exportations de biens se sont élevées à 240,2 milliards d'euros et les importations à 275 milliards, selon l'administration. Le déficit commercial s'était élevé à 32,6 milliards d'euros au semestre précédent et à 32,4 milliards au premier semestre 2020, rappellent les Douanes. Les exportations tricolores qui dépendent en grande partie de l'aéronautique souffrent de la mise à l'arrêt de l'économie mondiale au cours de l'année 2020. La pandémie a mis en lumière l'extrême spécialisation de l'économie française dans l'aéronautique. Cette dépendance pourrait fortement affaiblir le secteur industriel français dans les années à venir. En effet, les grandes compagnies aériennes risquent de souffrir en raison notamment de la baisse importante du tourisme international depuis 2020 et du changement climatique. Dans un récent article, deux économistes de la Banque de France, Antoine Berthou et Guillaume Gaulier, ont très bien expliqué cette "aérodépendance".

"Le secteur de l'aéronautique se distingue car il a contribué à affaiblir la dynamique des exportations de la France dès le début de la pandémie, et cet effet défavorable s'est maintenu y compris au second semestre 2020. La faiblesse particulière de la demande mondiale de produits aéronautiques provient de l'impact des restrictions liées aux mesures sanitaires, qui ont considérablement réduit les flux de passagers et le trafic aérien à l'échelle mondiale, et conduit au décalage ou à l'annulation de livraisons d'appareils aux compagnies aériennes", expliquent-ils.

Grégoire Normand

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Commentaire 1
à écrit le 24/08/2021 à 12:30
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Sachant que la bonne nouvelle c'est le ralentissement de ces flux.

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