La Russie sanctionne des entreprises ukrainiennes

 |   |  528  mots
Il est dit dans le décret pris par le pouvoir russe que 322 personnalités et 68 entreprises ukrainiennes sont visées par les sanctions russes, au nombre desquelles le fils du président Petro Porochenko, Olexiy, et l'ex-Première ministre Ioulia Timochenko.
Il est dit dans le décret pris par le pouvoir russe que 322 personnalités et 68 entreprises ukrainiennes sont visées par les sanctions russes, au nombre desquelles le fils du président Petro Porochenko, Olexiy, et l'ex-Première ministre Ioulia Timochenko. (Crédits : SPUTNIK)
Les autorités russes ont imposé jeudi d'importantes sanctions visant l'élite politique ukrainienne, gelant les avoirs russes de plusieurs centaines de responsables politiques et de dizaines d'entreprises appartenant à des hommes d'affaires ukrainiens de premier plan.

La Russie a introduit jeudi des sanctions économiques, présentées comme des mesures de représailles, contre près de 400 personnalités et entreprises ukrainiennes, dans un nouvel épisode des tensions croissantes entre Kiev et Moscou depuis cinq ans.

Actifs gelés

Selon un décret signé par le Premier ministre Dmitri Medvedev, 322 individus et 68 entités légales ukrainiens verront leurs actifs en Russie gelés, notamment le ministre ukrainien de l'Intérieur ou l'ex-Première ministre Ioulia Timochenko, candidate à la présidentielle prévue en 2019.

"Ce sont des mesures réciproques, la Russie n'est pas à l'origine d'un tel échange de restrictions. C'est une mesure contrainte, une réponse aux démarches entreprises par la partie ukrainienne", a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. "Nous espérons que, tôt ou tard, la volonté politique de normaliser les relations avec la Russie commencera à germer en Ukraine. Ce n'est pas le cas pour l'instant", a-t-il ajouté.

Cibles politiques

"La décision russe n'était pas inattendue. A quelques exceptions près, il s'agit d'une liste de personnes très dignes, dont mon fils, des députés", a réagi le président ukrainien Petro Porochenko lors d'une conférence de presse à l'occasion de la visite de la chancelière allemande Angela Merkel à Kiev. "Etre sur cette liste, c'est comme une récompense nationale".

Les relations entre Moscou et Kiev ne cessent de se dégrader depuis l'arrivée au pouvoir de pro-occidentaux en Ukraine début 2014 à l'issue du soulèvement du Maïdan contre le président pro-russe de l'époque, suivi de l'annexion de la Crimée puis d'un conflit dans l'Est ukrainien. Kiev n'a cessé de prendre des mesures limitant ses relations économiques et commerciales avec la Russie, partenaire clé depuis l'éclatement de l'URSS il y a plus de 25 ans.

Les sanctions russes annoncées jeudi visent des juges, des députés ou des hommes d'affaires, mais aussi des membres de l'administration présidentielle et des entreprises ukrainiennes. On y trouve notamment le fils aîné du président Petro Porochenko, ainsi que les anciens Premiers ministres Arseni Iatseniouk et Ioulia Timochenko, qui devrait être la principale adversaire de Petro Porochenko à l'élection présidentielle de 2019.

Plus de 10.000 morts

Ces sanctions prendront la forme d'un gel des comptes et des actifs des concernés sur le territoire russe, ainsi que de l'interdiction d'exporter du capital de Russie. Selon Moscou, ces sanctions sont dues "aux actions inamicales de l'Ukraine contre des citoyens russes et des entités légales" russes. "Pour être honnête, je me fiche des sanctions du Kremlin. Je n'ai de business ni ici ni là-bas, et je n'en aurai pas," a réagi Ioulia Timochenko sur Facebook.

"Je serais fâché si je n'étais pas sur la liste des sanctions", a raillé le ministre de l'Infrastructure ukrainien Volodymyr Omelyan, également sur Facebook. "C'est bien et même honorable de figurer dessus". La guerre entre séparatistes prorusses et armée ukrainienne a fait plus de 10.000 morts depuis 2014. Kiev et l'Occident accusent la Russie de soutenir militairement les rebelles, ce que Moscou dément.

(avec agences)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/11/2018 à 20:48 :
En 1986, il y avaient des russes, et une technologie nucléaire russe en Ukraine, les ukrainiens n'étaient pas un peuple libre... Les russes ont d'ailleurs payés lourdement l'erreur (comme les ukrainiens) avec Tchernobyl. Allez hop vite un livre d'histoire, il est temps de réviser l'URSS 😉
a écrit le 01/11/2018 à 18:47 :
Les Ukrainiens, ce sont bien eux qui ont irradié l'Europe en 1986, non ? Quand vont-ils nous dédommager ?
Réponse de le 01/11/2018 à 20:34 :
Vous ne pensez pas qu'ils ont mangé leur part ?
Je ne suis pas non plus certain qu'ils aient eu le choix dans l'installation de cette centrale soviétique.

C'est un peu comme si les pays autour de la Polynésie Française demandais des comptes à la Polynésie Française (après leur éventuelle indépendance, même si je doute que ça n'arrive) pour les essais nucléaires de la France.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :