Le conflit commercial États-Unis-Chine aura des effets "irréversibles" sur l'économie mondiale

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(Crédits : Reuters/China Stringer Network)
Un cessez-le-feu commercial est probable à court terme mais l'affrontement que se livrent les Etats-Unis et la Chine ne disparaîtra pas pour autant en 2020 et continuera de freiner la croissance, ont signalé les économistes de Candriam dans leurs dernières perspectives économiques livrées ce lundi.

L'économie internationale ne devrait pas s'améliorer l'année prochaine. Dans leurs dernières projections publiées ce lundi 2 décembre, les économistes de l'institut de gestion d'actifs Candriam rappellent que "l'année 2019 a été marquée par un ralentissement significatif de l'activité mondiale : la croissance est la plus faible observée depuis la Grande crise financière". Lors d'un point presse organisé à Paris, le chef économiste, Anton Brender, fait néanmoins le pari d'une pause dans l'escalade des tensions commerciales entre les puissances américaine et chinoise.

"Les deux camps ont intérêt à calmer le jeu et nous parions sur une trêve dans les prochaines semaines, ce qui serait plutôt favorable pour la conjoncture et les marchés [...] Les tensions n'en sont pas moins irréversibles et une trêve ne résoudra pas le problème de fond", a-t-il toutefois ajouté.

La Chine, première victime de la guerre commerciale

Dans l'affrontement commercial qui oppose la Chine et les Etats-Unis, l'économie asiatique est la première touchée par le ralentissement des échanges à l'échelle du globe. Face à ce coup de frein, les autorités chinoises ont pris des mesures pour soutenir l'économie surtout destinées "à éviter un freinage brutal de l'économie". Pékin a notamment décidé en août dernier d'appliquer une réforme des taux des prêts bancaires, pour baisser le coût de financement des PME. La demande de crédits de la part des petites entreprises est particulièrement vive depuis 2016 contrairement aux grandes firmes.

En outre, des mesures pour soutenir l'industrie automobile, l'immobilier et l'investissement dans les infrastructures ont été prises. Malgré tous ces dispositifs, le PIB chinois devrait poursuivre sa décélération avec un rythme un peu en dessous de 6% en 2020. Les économistes du gestionnaire d'actifs sont particulièrement inquiets du ralentissement de la croissance du secteur manufacturier. L'indice PMI qui mesure l'activité industrielle du géant chinois est toujours dans le rouge depuis la mi-2019 tandis que l'indice du secteur non manufacturier continue de plonger depuis le début de l'année.

L'économie américaine au ralenti

Les moteurs de la croissance outre-Atlantique ont marqué le pas. "Si la consommation reste toujours dynamique, les exportations ont subi des effets de la dégradation de l'environnement mondial et de la force du dollar", notent les économistes. La plupart des indicateurs mensuels tels que la consommation, les mises en chantier de logements ou les commandes à l'exportation, montrent que l'activité devrait être modérée l'année prochaine. Les conjoncturistes anticipent une croissance du PIB de 1,8% en 2020 contre 2,3% en 2019 et 2,9% en 2018.  Le cycle d'expansion actuel, qui s'étale sur 41 trimestres devrait donc durer encore, selon l'économiste, Anton Brender. "La phase de croissance actuelle est la plus longue depuis très longtemps mais aussi la plus faible, et de loin, l'un expliquant l'autre", a-t-il fait valoir.

Du côté des entreprises, "la hausse de l'endettement peut inquiéter mais, avec des taux d'intérêt bas, le risque qu'un excès d'endettement provoque une récession est limitée", ajoute Candriam. L'investissement matériel (équipement) et immatériel (droits de propriété intellectuelle) a clairement chuté (7% en 2018, 4,1% en 2019 et 1,6% en 2020).  Parmi les risques financiers évoqués, le développement des "leverages loans" (des prêts à effet levier) pour les sociétés très endettés pourrait "devenir source de problème en cas de récession". Chez les ménages, la consommation devrait s'essouffler passant de 3% en 2018 à 2,6% en 2019 et 2,2% en 2020. La perspective des élections américaines à la fin de l'année 2020 pourrait constituer un enjeu majeur pour l'économie outre-Atlantique.

Une croissance molle en zone euro

Les projections économiques relatives à l'union monétaire ne s'éclairent pas vraiment pour l'année prochaine. Le cabinet de gestion d'actifs anticipe une croissance de 1,1% en 2020 contre 1,2% en 2019 et 1,9% en 2018. "Avec des marges de manoeuvre monétaire réduites, redonner un élan à la croissance européenne suppose un changement d'orientation de la politique budgétaire", soulignent les analystes.

L'Italie et l'Allemagne ont particulièrement accusé le coup ces derniers mois. Outre-Rhin, l'industrie automobile, représentant une part très importante de la valeur ajoutée, a souffert de la baisse des échanges et de la multiplication des normes antipollution. Les craintes d'une récession technique semblent écartées à l'heure actuelle, "mais, à court terme, les perspectives de soutien budgétaire sont limitées". D'après le rapport 2019/2020 du conseil des sages, "la politique budgétaire de l'Allemagne est déjà expansionniste et un plan supplémentaire de relance n'est pas nécessaire. On peut laisser les stabilisateurs automatiques jouer."

En Italie, l'économie tourne au ralenti. Le gouvernement, formé du Mouvement 5 Etoiles (antisystème) et du Parti démocrate (centre gauche), anticipe une croissance du PIB de 0,1% en 2019 et de 0,6% en 2020, et la Commission européenne de 0,1% cette année et de 0,4% l'an prochain. L'économie de la péninsule est affectée par le ralentissement en Europe, les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, mais aussi par la prudence des entreprises qui investissent moins, inquiètes à la fois de l'évolution mondiale et de l'instabilité politique qui a touché le pays pendant un an et demi.

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a écrit le 03/12/2019 à 14:37 :
"L'investissement matériel (équipement) et immatériel (droits de propriété intellectuelle) a clairement chuté (7% en 2018, 4,1% en 2019 et 1,6% en 2020)."
Donc pour l'instant on sait qu'il a augmenté de 7% en 2018 et de 4,1% en 2019, ce qui est fantastique après 10 ans de croissance.
Si on pouvait en dire autant en france...
a écrit le 03/12/2019 à 12:28 :
Bonne nouvelle: si on revient sur le concept de globalisation de l'économie, cela permettra de relocaliser de l'activité plus proche des consommateurs et réduire l'impact sur la planète.
Ironie de l'histoire, Donald pourrait donc être le facteur décisif pour le redéploiement industriel en France et la réduction de l'impact carbone...on n'y est pas encore
Réponse de le 03/12/2019 à 23:03 :
Peut-être pour les USA bien qu’en réalité les la production manufacturière est plutôt déplacée dans d’autre pays d’Asie.
La France n’a pas établi des droits de douanes spéciaux sur les produits Chinois don malheureusement pas de rapatriement de la production industrielle.
Réponse de le 03/12/2019 à 23:07 :
Peut-être pour les USA bien qu’en réalité les la production manufacturière est plutôt déplacée dans d’autre pays d’Asie.
La France n’a pas établi des droits de douanes spéciaux sur les produits Chinois don malheureusement pas de rapatriement de la production industrielle.
a écrit le 03/12/2019 à 10:05 :
il y a une reflexion que je n entends pas beaucoup.......c 'est que peut être le commerce mondial s essouffle parcequ il s est ettouffé lui-même.... le modèle de la mondialisation à tout prix, pour le profit de seulement quelques uns, est entrain d atteindre ses limites.....

les indicateurs de l essoufflement du transport maritimes date du début de trump mais pas du début de la guerre commerciale avec la chine.....la chine aussi délocalise dans d autre pays asiatiques..... elle devient trop chère....

à quoi rime d importer de chine du concentré de tomates, d inde nos cornichons....de transformer le brésil en un champ de soja transgénique bourré d herbicides.....ou en élevage mondial dont plus aucune bestioles ne voit un brin d herbe....pour ce qui concerne l argentine

je n ai rien contre les échanges mondiaux en tant que tel, mais bcp à dire contre la mondialisation financière..... ou seul le maximum de profit est la règle.....

le "mondialisme" tel qu il fonctionne aujourd'hui va transformer la planète en désert.....mais aucune option alternative n 'est audible......

ça craint un peu.....et le fantasme de la voiture electrique à tout va détruit tranquillement l industrie automobile.....

le défi de la pollution ne se résoudra pas avec l electrique comme seul mantra......mais plus surement avec des thermiques plus efficients et de l hybridation....

et l arrêt de la métropolisation...... gouffre énergétique s il en est, en fait......là ou on faisait 10 km en province pour aller au boulot, on en fait 30,40 ou 50 dans les métropoles..... absurde.....
Réponse de le 03/12/2019 à 11:03 :
Je ne dirais pas mieux!
a écrit le 03/12/2019 à 9:27 :
Moi j'ai été oublié lors de la croissance depuis quelques années... Alors ceux qui ont vus passer la croissance de leur revenu lèvent le doigt! Donc si croissance il y a ; Où est t'elle passée ? Faudrait il pas appeler la gendarmerie pour leurs signaler que la croissance nous a été volée ,et qu'il la retrouve au plus vite !
a écrit le 03/12/2019 à 9:04 :
c'est donc bon pour la planète, moins d'émissions de GES et autres polluants
a écrit le 03/12/2019 à 8:50 :
Les États Unis se permettant même de tacler les chinois sur Hong Kong en plein affrontement commercial montrent à quel point ils en ont encore sous le pied, en tout cas c'est le seul espoir d'un recul général de la pollution face à la non volonté des mégas riches du monde de sauver notre planète et son humanité qu'ils ont directement mis en danger.

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