Le coronavirus va peser sur la croissance des économies émergentes

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Vue du port de Qingdao, dans la province de Shandong, où arrivent les importations de pétrole. Comme la Chine consomme plus de 10% de la production mondiale, une baisse de sa demande liée aux conséquences du coronavirus ferait chuter les prix du baril. Ces derniers accusent déjà une dégringolade de plus de 15% depuis le début de l'année.
Vue du port de Qingdao, dans la province de Shandong, où arrivent les importations de pétrole. Comme la Chine consomme plus de 10% de la production mondiale, une baisse de sa demande liée aux conséquences du coronavirus ferait chuter les prix du baril. Ces derniers accusent déjà une dégringolade de plus de 15% depuis le début de l'année. (Crédits : Reuters)
2020 devait être l'année du rebond économique des économies émergentes, dont la majorité dépend des exportations de matières premières. Mais entre le confinement imposé par la Chine pour limiter la propagation du coronavirus et l'accord commercial sino-américain qui favorise l'importation par la Chine de produits américains, les émergents vont au contraire subir ces effets de plein fouet.

Les économies émergentes, qui tablaient sur un rebond de la croissance mondiale cette année pour se remettre en selle, pourraient être les premières victimes de l'épidémie de coronavirus qui frappe la Chine, l'un de leurs principaux marchés. "Plus les pays émergents sont dépendants de leurs exportations vers la Chine, plus ils paieront les pots cassés du coronavirus", affirme à l'AFP Alicia Garcia, cheffe économiste de la banque Natixis pour l'Asie, basée à Hong Kong. Un avis partagé par Charles de Quinsonas, du gestionnaire d'actifs britannique M&G: "Si le virus venait à effectivement enterrer toute perspective de croissance pour la seconde économie mondiale, cela aurait un impact direct sur les émergents", prévient-il.

La demande chinoise de matières premières

De nombreux pays exportateurs de matières premières et de produits agricoles ont bénéficié depuis plus d'une vingtaine d'années de l'effrénée croissance de la Chine qui s'est approvisionnée massivement à l'étranger pour soutenir le développement de son économie. "Tous les pays producteurs de pétrole seront touchés", assure Julien Marcilly, chef économiste de l'assureur-crédit Coface, qui rappelle que la Chine consomme plus de 10% de la production mondiale et qu'elle entraînerait forcément une baisse des cours si sa demande chutait.

A vrai dire, les prix du pétrole ont déjà subi le choc du coronavirus avec une chute de plus de 15% depuis le début de l'année. Ils ne sont pas seuls: les métaux ont aussi plongé, à l'image du cours du cuivre qui a perdu 7% pendant la même période. "Ces chutes sont dues aux craintes de ralentissement de la croissance chinoise et d'une demande en baisse pour ces matières premières", explique Charles de Quinsonas, qui s'attendait pourtant à un "scénario parfait" pour les émergents cette année.

"Si je mets le virus de côté, il y a un environnement quasi parfait pour les émergents avec rebond attendu de la croissance et des taux d'intérêt qui ne devraient pas remonter ni aux Etats-Unis ni en Europe" et donnent ainsi de la marge aux banques centrales des émergents pour abaisser les leurs, constate-t-il.

Plus de locomotive

Le coronavirus pourrait tout chambouler: les émergents se retrouveraient sans la locomotive qui a tiré leurs exportations au cours des deux dernières décennies à un moment où la croissance mondiale est déjà fragilisée par la guerre commerciale que se sont livré Washington et Pékin ces dernières années. "La Chine représente aujourd'hui près de 50% de la demande mondiale d'acier et des pays exportateurs comme la Russie, la Corée du Sud ou encore la Turquie pourraient être pénalisés si la détérioration des cours se poursuit", souligne Julien Marcilly.

Les pays asiatiques qui fournissent leur grand voisin en matières premières, à l'image de la Malaisie, seront les premiers touchés, estime Alicia Garcia, signalant toutefois que l'Amérique latine fera partie des régions les plus pénalisées par un coup de frein de l'un de ses principaux partenaires commerciaux. Pour l'experte de Natixis, des pays comme le Chili, qui exporte du cuivre, et le Brésil, premier producteur mondial de soja devant les Etats-Unis, se retrouvent en première ligne avec le coronavirus.

Les émergents sont déjà menacés par l'accord commercial signé à la mi-janvier entre les Etats-Unis et la Chine, par lequel cette dernière s'est engagée à acheter pour 200 milliards de dollars de produits américains, qui pourraient remplacer des importations chinoises en provenance d'autres pays, comme le soja brésilien ou argentin. "Le coronavirus n'est pas une bonne nouvelle pour le Brésil", reconnaît Julien Marcilly. "Si les Etats-Unis exportent plus vers la Chine, c'est le Brésil qui va en souffrir le plus".

Alicia Garcia ajoute un autre risque qui pourrait pénaliser les pays exportant vers le géant asiatique. "Il est probable que le consommateur chinois se tourne vers les produits nationaux pour relancer l'économie", pronostique-t-elle.

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Commentaires
a écrit le 09/02/2020 à 13:23 :
Les usa n’ont plus qu’à sacrer le coronavirus «  de saint coronavirus «  qui va leur permettre de tripler les ressources en moins de 10 ans
des plus vieux milliardaires issues de la seconde guerre mondiale qui sont représentées par le Dow Jones.
Réponse de le 09/02/2020 à 19:24 :
Les Chinois n'acheteront jamais des centaines de milliards des produits Américains, l'excuse du Corona virus tombe à pic.
Réponse de le 10/02/2020 à 15:48 :
L’économie mondiale est bloquée sauf pour les usa qui ont «  anticipé «  par des lois qui protègent leur intérêt et la preuve est la suivante :
Regardez le taux du DJ ( qui pour moi est le socle des taux boursiers du monde ) de 2001 à aujourd’hui. Ils ont triplé leur actif, ils ont au moins 80 ans d’avance sur les autres pays.
Voilà : il faudrait qu’on s’habitue à cette réalité , pour ne pas dire des c****** ou croire à des mythes...

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