Le prix du baril de pétrole tombe à son plus bas niveau depuis 18 ans

Les cours du baril de pétrole ont à nouveau plongé à des niveaux inédits depuis 2002, à moins de 22 dollars pour le WTI, le brut de référence aux Etats-Unis, en raison d'un excès de l'offre mondiale d'or noir sur une demande réduite par le frein mis à l'économie mondiale par la pandémie de coronavirus.

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Riyad a décidé d'ouvrir les vannes et d'inonder le marché afin de mettre à l'épreuve ses concurrents et préserver sa part de marché.
Riyad a décidé d'ouvrir les vannes et d'inonder le marché afin de mettre à l'épreuve ses concurrents et préserver sa part de marché. (Crédits : Reuters)

En fin d'après-midi à Paris, les cours du WTI, la référence américaine, et du Brent, la référence européenne cotaient 22,14 dollars et 25,62 dollars, accusant des chutes respectives de 17,85% et 10,82% depuis la clôture de la veille. Ils ont perdu plus de 60% de leur valeur depuis le dernier pic atteint début janvier après l'escalade de tensions entre les Etats-Unis et l'Iran qui a suivi l'attaque de drone à Bagdad contre le général iranien Qassem Soleimani.

En touchant un peu plus tôt dans la séance 21,73 dollars le baril, le WTI retombe au plus bas depuis mars 2002, entre les attentats du 11 septembre 2001 et l'intervention américaine en Irak, qui avait débuté en mars 2003. Le Brent, en glissant jusqu'à 25,23 dollars, flirte quant à lui avec son niveau de septembre 2003.

Mouvement de panique

Le mouvement de panique sur les marchés de l'or noir a commencé vendredi 6 mars, au dernier jour du sommet interministériel entre les pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés à Vienne. L'échec des négociations entre le chef de file du cartel, l'Arabie saoudite, et le poids lourd parmi ses alliés, la Russie, a ouvert la voie à une action inverse de celle proposée lors du sommet: Riyad a décidé d'ouvrir les vannes et d'inonder le marché afin de mettre à l'épreuve ses concurrents et préserver sa part de marché, à défaut d'une action concertée pour soutenir les prix de l'or noir. Une décision choc qui a provoqué lundi 9 mars la chute des cours la plus sévère depuis la guerre du Golfe de 1991.

Elle survient au moment où la demande mondiale est torpillée par la pandémie de coronavirus, qui a déjà provoqué la mort de plus de 8.000 personnes et paralyse l'économie planétaire.

Jusqu'à 20 dollars le baril?

"La pression à la baisse devrait se poursuivre jusqu'à ce que l'Arabie saoudite et la Russie redeviennent raisonnables", a estimé mercredi Carsten Fritsch, de Commerzbank, ce qui ne semblait toujours pas être à l'ordre du jour. Dans ce contexte, l'analyste Bjarne Schieldrop, de SEB, voit les prix atteindre les 20 dollars le baril, voire "encore moins" en cas d'écart entre offre et demande de l'ordre de 10 millions de barils par jour au deuxième trimestre, a-t-il expliqué à l'AFP.

"Je ne pense pas que les 20 dollars le baril soient tenables pour beaucoup de producteurs dans le monde", a estimé pour sa part Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank. "La chute ne serait alors que temporaire puisque à ce niveau là, seuls quelques producteurs, dont les Saoudiens, pourraient survivre, ce qui ferait automatiquement monter les prix à terme", a-t-elle ajouté à l'AFP.

La production américaine à un niveau record

Mais la manœuvre ne semble toujours pas décourager les Etats-Unis, premier producteur mondial de brut, dont le seuil de rentabilité se situe pourtant plutôt au-dessus des 40 dollars le baril. La production américaine a ainsi retrouvé la semaine passée son niveau record à 13,1 millions de barils par jour, selon les chiffres publiés mercredi par l'Agence américaine d'information sur l'Energie.

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Commentaires 7
à écrit le 01/04/2020 à 11:59
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Bonjour, Et pourtant très peu de baisse du prix du fuel domestique......encore plus de 070 € le litre ......honteux . Comme toujours certains se gavent sur le dos du peuple, on va pas plaindre ces producteurs voyous.

à écrit le 21/03/2020 à 10:27
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bonjour. a tous qui donne la valeur de l'argent ..? le pétrole naturellement mais une pendemie peut joué une reset ! car comme nous tous ont voie et subie tout cela ... depuis 20 ans restriction 3% du PIB au détriment de l'humain , aujourd'hui la ...

à écrit le 19/03/2020 à 9:27
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Et on ne peut pas bouger donc on voit mal, si ce n'est d'une énième façon artificielle, comment il pourrait se ragaillardir dans les semaines à venir.

à écrit le 19/03/2020 à 9:08
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Oui depuis la guerre du Golfe en 1991 quand je passais mon bac général, le prix du baril de pétrole a plus que chuté : 22 dollars selon l'indice WTI donc on peut penser avoir un litre de gasoil à 1€/litre ce qui serait "très bien" pour les consommate...

à écrit le 19/03/2020 à 8:46
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comportement incompréhensible de la part des américains. Les cours s'effondrent, leur pétrole coûte cher, et ils produisent toujours pour maintenir leurs parts de marché: soit. Mais sachant que le pétrole est une denrée finie, il leur serait plus jud...

à écrit le 18/03/2020 à 23:37
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Le cout de production en AS est inférieur à 20 USD/bbl mais à ce prix de vente le pays n'équilibre pas son budget. A 20 usd/bbl, l'AS serait probablement déficitaire de plus de 90 Milliards € en 2020 et cramerait son fond souverain en moins de 5 ans...

à écrit le 18/03/2020 à 20:11
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ce qui est drole c'est que l'arabie veut desormais faire un grand sommet g20 pour regler le pb du corona qui cree des pbs economiques y en a qui ne doutent de rien!!!!!!!!!! bon, trump va les menacer de les mettre sur la liste des pays terroristes,...

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