« Les Iraniennes continuent de désobéir » (Behnaz Amani, universitaire et militante)
Propos Recueillis par Antoine Malo
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À Téhéran, en septembre 2022.
LTD / SalamPix/ABACAPRESS
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À Téhéran, en septembre 2022.
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Téhéran, 13 septembre 2022. Jina Mahsa Amini, jeune étudiante iranienne d'origine kurde, est violemment interpellée en pleine rue par la police des mœurs pour port du voile « non approprié ». Trois jours plus tard, elle succombe à l'hôpital, victime des coups des policiers. Sa mort a sonné la révolte de la jeunesse iranienne. Derrière le slogan « Femme, Vie, Liberté » est né le plus grand mouvement de protestation que le pays ait connu depuis quinze ans. Aujourd'hui encore, dans la rue, le métro, sur les réseaux sociaux, les femmes iraniennes défient le pouvoir en enlevant leur voile, devenu symbole de l'oppression. Pourtant, le régime des mollahs n'a jamais autant réprimé. En 2023, 853 Iraniens, condamnés à mort, ont été exécutés, soit une augmentation de près de 50 % par rapport à l'année précédente. Depuis l'élection présidentielle de juin, le pouvoir a procédé à 87 exécutions. Des milliers d'opposants croupissent en prison. Universitaire et écrivaine, Behnaz Amani a connu la détention. Réfugiée dans un pays européen qu'elle souhaite garder secret, elle revient, deux ans après sa naissance, sur le mouvement Femme, Vie, Liberté, et ses espoirs pour son pays.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Deux ans après la mort de Jina Mahsa Amini, où en le mouvement de contestation en Iran ?
JINA MAHSA AMINI - Il est encore bien vivant. Les femmes continuent de faire entendre leur voix et de désobéir aux règles sociales mises en place par le régime. Elles pensent que cette fois le moment est venu pour parvenir à faire valoir leurs droits.
La répression n'a-t-elle pas eu raison de la colère ?
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Bien sûr que les protestataires sont harcelés, confrontés à la police des mœurs chaque jour, arrêtés ou tués. Mais ils s'en fichent, ils manifestent. Le mouvement Femme, Vie, Liberté a permis aux gens de s'unir. C'est la première fois que les Iraniens mettent leurs différences culturelles et religieuses de côté pour se soutenir les uns les autres. Il y a une solidarité formidable.
Propos Recueillis par Antoine Malo