Les ondes de choc d'Hiroshima n'ont pas encore disparu

 |   |  424  mots
(Crédits : DR)
REPLAY. Hiroshima le 6 août 1945, Nagasaki 3 jours plus tard. Cette enquête de grande ampleur éclaire aussi bien les motivations réelles des Américains que les conséquences sociales, sanitaires et environnementales du désastre. Un regard indispensable sur un événement qui a provoqué tant d’aveuglement.

Les noms sont entrés dans la mémoire collective, et ils résonnent encore de manière macabre. Le projet atomique américain s'appelait "Manhattan Project", la bombe, "Little Boy", et l'avion qui a ouvert sa soute, Enola Gay. Le 6 août 1945, sur ordre du président Truman, un bombardier B-29 largue sur Hiroshima la première arme nucléaire jamais utilisée lors d'une guerre.

"Il y eut un anneau de feu rouge et aveuglant, un scintillement de couleurs. Je ne devrais pas le dire, mais c'était magnifique", confie un des survivants.

"L'aube d'une ère nouvelle", assurent certains scientifiques. Quatre-vingt mille Japonais paient de leur vie sur-le-champ ce basculement de l'histoire de l'humanité, au moins cent quarante mille au total trouveront la mort. Si, bien entendu, les suites immédiates et dantesques de l'explosion sont l'épicentre du documentaire, elles n'en constituent pas l'unique objet. Grâce à la révélation d'étonnants secrets, Hiroshima, la véritable histoire dissipe les écrans de fumée qui ont, en grand partie à cause de l'habile désinformation occidentale, détourné le monde de la réalité des faits.

Test grandeur nature

Cette investigation ambitieuse éclaire aussi bien les motivations réelles des Américains que les conséquences sociales, sanitaires et environnementales du désastre. Little Boy était-elle un "mal nécessaire" pour forcer les Japonais à capituler ? Le film démontre que le pays de l'empereur Hirohito avait de toute façon déjà perdu la guerre et s'apprêtait à négocier. Les objectifs de Truman étaient autres : tester in vivo l'efficacité de la bombe et devancer les Russes dans la course à l'armement.

Même duplicité après la seconde explosion atomique, à Nagasaki, le 9 août : les Américains coupent du monde les zones japonaises dont ils ont pris le contrôle, mènent des études scientifiques mais ne soignent personne. Le quotidien des irradiés est occulté : considérés comme des pestiférés, ils doivent subir l'emprise rapace des mafias japonaises et la désagrégation des rapports humains. Dans le même temps, aux États-Unis, une propagande gouvernementale massive tente de légitimer les bombes et de rendre populaire le recours au nucléaire.

Bénéficiant d'images d'archives inédites et de documents confidentiels, le film de Lucy van Beek met en avant de nombreux  témoignages, notamment japonais (experts, agents secrets, survivants). Les souvenirs et les histoires individuelles qu'ils esquissent aboutissent tous au même constat : les ondes de choc d'Hiroshima n'ont pas encore disparu.

(source ARTE)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 08/08/2019 à 18:46 :
Depuis Hiroshima les grands pays ont enregistré 73 ans de paix sur leur sol. L'histoire n'a JAMAIS enregistré de période aussi longue.
Ont peut y voir le fruit des nouvelles instances internationales (ONU etc.) , on peut aussi y voir le fruit de la dissuasion nucléaire.
a écrit le 08/08/2019 à 18:42 :
Depuis Hiroshima les grands pays ont enregistré 73 ans de paix sur leur sol. L'histoire n'a JAMAIS enregistré de période aussi longue.
Ont peut y voir le fruit des nouvelles instances internationales (ONU etc.) , on peut aussi y voir le fruit de la dissuasion nucléaire.
a écrit le 02/08/2019 à 16:35 :
On sait bien que les USA ont toujours été une grande nation pacifique ...
a écrit le 01/08/2019 à 14:00 :
bouleversant documentaire qui nous confirme d'une part que l'histoire est toujours écrite par les vainqueurs et qui d'autre part nous laisse aussi un goût amer devant ce crime contre l'humanité resté impuni .. l'indécence fut à son paroxysme lors de cette émission tv de divertissement ou l'on a fait se serrer la main un des pilotes qui a largué la bombe avec un japonais en guise de réconciliation médiatique .. hallucinant
a écrit le 01/08/2019 à 13:19 :
J'a surtout noté que les scientifiques à l'avoir mise en oeuvre exigeaient qu'il y ai une bombe atomique larguée d'abord pour démontrer la puissance aux japonais, ils ne voulaient pas qu'elel soit diretcment larguée sur des gens innocents.

l4utilisation d'un outil ne dépend que de son propriétaire et pas de celui qui le conçoit.
Réponse de le 05/08/2019 à 10:19 :
@ multipseudos:

je suis sûr que plein d'autres peines à penser comme toi seraient heureux de lire tes commentaires...

Ton trollage est signalé bien entendu.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :