Les Suisses tournent le dos au nucléaire

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Conséquence du referendum organisé le 21 mai, Les cinq centrales nucléaires suisses seront progressivement fermées à compter de 2019
Conséquence du referendum organisé le 21 mai, Les cinq centrales nucléaires suisses seront progressivement fermées à compter de 2019 (Crédits : Denis Balibouse)
Les Suisses ont approuvé par plus de 58% le referendum sur une sortie progressive du nucléaire d'ici à 2034.

Les Suisses ont approuvé ce dimanche 21 mai par référendum une nouvelle loi sur l'énergie qui vise à remplacer le nucléaire par des énergies renouvelables. Le texte a été approuvé lors de cette votation par plus de 58% des électeurs. Cette loi cherche à promouvoir et à financer par le biais de subventions les énergies renouvelables comme l'hydraulique, le solaire, la géothermie et la biomasse.

Fermeture progressive des cinq centrales

L'objectif est d'en quadrupler la contribution à la production de l'électricité nationale, ce qu'on appelle le "mix énergétique", d'ici à 2035.

Elle vise en outre à fermer progressivement les cinq centrales nucléaires que compte la Suisse, à partir de 2019. Cette "Stratégie énergétique 2050", qui se mettra en place par étapes, est le résultat d'un processus lancé après l'accident nucléaire de Fukushima en mars 2011 au Japon. Quelques semaines après la catastrophe, la Suisse avait annoncé qu'elle entendait sortir du nucléaire vers 2034. L'Allemagne voisine veut le faire d'ici à 2022.

En France, le débat est en cours sur la réduction de la part du nucléaire, aujourd'hui importante, dans la production d'électricité.

En Suisse, le débat autour de la réforme énergétique a porté notamment sur son coût pour les 8,5 millions d'habitants de la Confédération helvétique.

Ses opposants, en particulier Toni Brunner, chef de file de l'Union démocratique du centre (UDC), le parti d'opposition qui a mené la campagne du "non", estiment qu'il en coûtera 3.200 francs suisses (2.935 euros) de plus par an pour une famille de quatre personnes.

Il affirme en outre que l'usage des énergies solaire et éolienne, à la production moins uniforme que les énergies classiques, accroîtra la dépendance de la Suisse envers ses fournisseurs. Le pays est un pays importateur net d'énergie.

Le gouvernement conteste ces chiffres. Pour la ministre de l'Ecologie, Doris Leuthard, la transition énergétique ne représentera en moyenne pour les foyers suisses qu'un surcoût annuel de 40 francs.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 22/05/2017 à 13:05 :
Facile de tourner le dos au nucléaire quand les suisses et les allemands sont alimentés par la centrale de Fessenheim (Alsace) : Ca va leur coûter cher l'arrêt si il se fait!

Le 25 janvier 2013, l'Élysée et la ministre de l'Écologie ont réaffirmé leur engagement de fermer la centrale d'ici « fin 2016 » ou « début 2017 », en fonction des difficultés juridiques et économiques qui accompagnent cette mise à l'arrêt74.
En effet :

La centrale appartient pour 67,5 % à EDF et pour 32,5 % à des groupes allemands et suisses (EnBW, Alpiq, Axpo et BKW) . Avec l'accord de tous les actionnaires, EDF a engagé des travaux afin de porter la durée de vie de la centrale à cinquante ou soixante ans. En cas de fermeture anticipée, EDF estime qu'il sera nécessaire de dédommager les actionnaires pour la perte subie75. En 2016, EDF demande un accord sur son indemnisation comme préalable à la fermeture de la centrale76.
Réponse de le 22/05/2017 à 15:32 :
En cas d'accident majeur les actionnaires payent ?

réponse: NON
a écrit le 22/05/2017 à 12:08 :
La France, future union soviétique en matière de nucléaire...Notre oligarchie a déjà tranché pour la continuité sans que le citoyen est son mot à dire. Après la catastrophe industrielle que représente la déconfiture d'Areva et de l' EPR suivra la catastrophe nucléaire inéluctable...
a écrit le 21/05/2017 à 22:30 :
on sait que la solution passe par le Thorium;mais politiquement correct oblige,on ne peut pas obliger Areva a abandonner les mines d'Uranium,tellement juteuses,
Réponse de le 22/05/2017 à 9:03 :
Le Thorium est intéressant, mais il ne s'agit pas que des mines d'Areva (par ailleurs vu leur déficit et leur dette dure de dire qu'elles sont juteuses ces mines...) qui font obstacle.
Il y a surtout toute une filière industrielle à construire ce qui ne se fait pas en claquant des doigts et enfin une expérimentation à grande échelle.
Réponse de le 23/05/2017 à 14:50 :
Vous racontez strictement n'importe quoi;
Le choix Uranium/Thorium a été fait dans les années 60, le nucléaire a 60 ans d'avance sur le thorium.
Se lancer dans cette nouvelle technologie nécessite donc un investissement colossal - et du temps - , et on ne découvrira les problèmes qu'au fil de l'eau.
Il vaut mieux viser la fusion (horizon 1 siècle) et d'ailleurs les Etats investissent là dessus.
a écrit le 21/05/2017 à 20:11 :
C’est un choix logique, étant donné l’ancienneté des réacteurs Suisses, dont l’âge moyen serait de 41 ans, largement au dessus des moyennes mondiales, qui se situent autour de 30 ans.
La Suisse dispose de 5 réacteurs et plus de 35 % de l’électricité serait produite grâce au nucléaire. Par comparaison avec les 58 réacteurs de la France, d’une puissance totale de 63GW, produisant 75 % de l’électricité nationale. Un record mondial en termes de pourcentage, avec obligatoirement une expertise, constituant aussi un pari risqué en cas d’émergence de nouvelles technologies plus compétitives. C’est cette espèce de monoculture que divers gouvernants essayent de corriger, pour ramener la part du nucléaire Français à 50 % et pour réduire la part de risque.

Par comparaison avec l’UE
Le nucléaire représente environ 27 % de la production d’électricité dans l’UE, avec une puissance installée de 120 GW. Avec une tendance globale à la baisse, suite à Fukushima et autres politiques économiques. Malgré tout la volonté de l’UE semble de continuer avec Euratom, d’après le programme indicatif nucléaire PINC.

Tout cela en théorie, puisque soumis à l’évolution du marché et à la baisse des prix des énergies renouvelables et aux prix des matières premières.
D’après l’AIEA, le prix de production du nucléaire serait à 75 €/MWh et environ 100 € pour l’EPR ou équivalent. On obtient le même prix avec l’éolien et le solaire (suivant les lieux) et l'ouverture des marchés à la concurrence devrait encore impacter les marchés à la baisse des prix. La transition énergétique, la décentralisation et l’interconnexion, étant aussi des objectifs à atteindre.

D'ailleurs ce n’est pas qu’une question de prix de production, mais aussi de taxes et de transport. La production représente en moyenne en UE moins de la moitié du prix final du KWh. Voir par exemple les statistiques : ec.europa.eu/eurostat, RTE-France, ou Eurelectric.

La tendance en occident étant à la stagnation ou à la décroissance du nucléaire
Les pays en forte croissance tels la Chine et l’Inde prévoyant de construire leurs propres réacteurs. Au final on peut se demander si la filière restera longtemps compétitive.

Le marché porteur sera certainement celui du démantèlement et de la gestion des déchets. Même si cela ne semble pas intéresser grand monde étant donné les incertitudes et le peu de maîtrise des coûts, en Suisse comme ailleurs, on sera pourtant bien obligés de gérer ces processus et de les financer.
Réponse de le 21/05/2017 à 20:36 :
L'aspect prix n'est pas discriminant pour comparer nucléaire et renouvelable. Le renouvelable même gratuit n'a aucun intérêt s'il ne peut produire au moment voulu. Comment chaufferez vous votre maison, la nuit par un anticyclone en hiver?
De plus, les prix de l'éolien et du solaire ne sont que pour les meilleures situations et celles-ci sont déjà prises. Ce n'est pas un hasard si l'Allemagne ralentit le rythme sur le renouvelable: ils sont proches des 30% au delà duquel on ne peut guère monter sans mettre en péril la sureté de l'approvisionnement par exclusion des autres formes de production (et donc la capacité à produire quand il le faut.). Honnêtement, attendons de voir comment les allemands qui sont à la pointe de la technologie (mais ne produisent plus de panneaux solaires, les chinois ont tout tué), vons se dépatouiller de leur 8 GW de nucléaire qu'ils utilisent encore et des 40GW de charbon qui produisent toujours, et ceci d'ici 2022. S'ils le font vraiment, sans importer du nucléaire français (comme aujourd'hui où le vent est faible), on pourra l'envisager.
Réponse de le 22/05/2017 à 12:25 :
@wiki : vous n'avez pas ete informé qu'il existe des batteries apperemment, et le nuke non plus ne produit pas en fonction de la demande, c'est bien pour ca qu'il faut des STEP, ou vendre a 0 c€ / kWh sur le marché. Et avec +1,5% de part d'electricite renouvelable chaque année y compris en 2016, avec un part croissante d'auto-consommation, non, l'Allemagne ne freine pas sur les EnR.
Ca fait quand meme beaucoup de faussetés.
Réponse de le 22/05/2017 à 23:25 :
Est il vrai que le thorium pourrait "digérer" les déchets de l'uranium ? Ainsi qu'être stable en cas de tsunami ou autre?
Merci
a écrit le 21/05/2017 à 19:11 :
Il faudra trouver des compromis, car il y a beaucoups de contradictions dans le discours.
On est contre le nucléaire, contre les éoliennes ça " défigure " le paysage, contre les barages au fil de l'eau à cause des poissons, contre les centrales de pompes à chaleurs, car cela provoque des tremblements de terre.....
Je pense qu'on va finir à la bougie.....bonjour pour l'économie.....et le porte monnaie des familles Suisse...!!??
Réponse de le 22/05/2017 à 9:05 :
Et les bougies ont vas les faire avec quelle energie
a écrit le 21/05/2017 à 19:10 :
La filiale du nucléaire nous met dans une situation intenable et la privatisation de celle-ci l'a achevé, on ne peut pas laisser ce secteur économique à des gens totalement irresponsables mais comme la technologie n'avance pas on ne peut pas la développer non plus donc à part abandonner cette filiale, à long terme puisque les outils pour démanteler les centrales nucléaires n'existent pas encore, ça fait 40 ans qu'on nous les promet, comme l'EPR d'ailleurs estimé à 3.5 milliards il va allégrement dépasser les 10, on n'a pas beaucoup d'autres choix.

Compromission totale entre politiciens et hommes d'affaires qui ont prit ce qu'il y avait de bon pour leurs intérêts et rejeter tout ce qui était couteux, le bilan est un drame tellement immense qu'il peut nous exploser à la figure à tout moment. Une preuve de plus, même s'il n'y en a plus besoin, que nous ne pouvons pas continuer de laisser la gestion de nos vies à des margoulins.

"Le talon d’Achille du nucléaire français" https://www.monde-diplomatique.fr/2017/05/SINAI/57474
Réponse de le 21/05/2017 à 19:40 :
Quand savait vous que la technologie n'avance pas: un EPR a des performances tant en puissance qu'en optimisation du combustible supérieur aux réacteurs actuels, qui sont eux mêmes meilleurs que les premiers installés. Posez vous la question de savoir pourquoi les anglais, les chinois, les indiens, les sud africains, les russes, les saoudiens, les coréens ...et les japonais s'ils le pouvaient veulent construire des centrales nucléaires.
Les renouvelables sont incapables de fournir une électricité quand vous en aurez besoin...il faudra vous adapter, c'est à dire ne pas vous doucher, ne pas rouler en hiver par un anticyclone....et ne pas vous chauffer.
Vaste programme personnel
Réponse de le 22/05/2017 à 9:07 :
"Quand savait vous que la technologie n'avance pas"

Je suppose que c'est "qu'en" que vous vouliez dire.

ET bien si vous aviez lu mon commentaire vous sauriez que cela fait 40 ans que l'on nous promet des outils pour pouvoir démanteler les centrales nucléaires et non seulement ces outils n'existent toujours pas mais en plus vous ne nous annoncez aucun délai pour les voir arriver.

"Posez vous la question de savoir pourquoi les anglais, les chinois, les indiens, les sud africains, les russes, les saoudiens, les coréens ...et les japonais s'ils le pouvaient veulent construire des centrales nucléaires."

C'est plutôt l'inverse que je me dis en fait mais on comprend les doutes des futurs clients face à l'échec désastreux de fukushima qui nous prouve que le nucléaire n'est pas une énergie maitrisée et que du coup elle est bien trop risquée.

"ne pas rouler en hiver par un anticyclone...."

Hein !?

Bref j'ai connu des commentateurs à gages nucléaires bien plus efficaces et motivés on voit bien que ça sent le sapin pour la filière.
Réponse de le 22/05/2017 à 11:43 :
EDF a débuté le démantèlement final de la cuve de Chooz A, et aura terminé le démantèlement complet de cette tranche d'ici 2025.
Réponse de le 22/05/2017 à 12:09 :
" EDF a débuté le démantèlement final de la cuve de Chooz A, et aura terminé le démantèlement complet de cette tranche d'ici 2025"

Oui oui bien sûr, chez areva vous êtes très fort pour repousser sans arrêt les délais.

Merci de nous informer quand vous aurez réellement effectué les tâches promises depuis des décennies dont vous nous parlez parce qu'on peut parler des délais et coûts prévus pour l'EPR aussi, toujours plus tard toujours plus cher.

Tout ceux qui viennent défendre le nucléaire français y ont des intérêts, arrêtez et assumez maintenant, merci.
Réponse de le 23/05/2017 à 14:44 :
Citer le monde diplomatique comme article de référence pour éclairer des enjeux du nucléaire ? Vous traitez de magouilleurs tout ceux qui ont porté ou porté la filière nucléaire ?
Et vous faites la morale à la terre entière en basant votre réflexion sur un article d'un journal qui n'a aucune compétence techniquo-scientifique (Le Monde Diplomatique n'est pas un journal scientifique, non, non, je vous promet)
La conclusion des experts est sans appel - il faudra passer au gaz (ou importer du courant de chez nos voisins). Donc on transforme le risque nucléaire en risque climatique.
Toutes les énergies polluent et comportent des risques, l'arbitrage est compliqué...
Une loi, fut elle votée par référendum, ne remplacera jamais une réalité physique - le potentiel hydraulique suisse est insuffisant pour couvrir les besoins, le potentiel éolien est peu exploitable compte tenu de l'attachement des suisses à leurs paysages, potentiel solaire insuffisant.
Réponse de le 24/05/2017 à 10:38 :
"Et vous faites la morale à la terre entière en basant votre réflexion sur un article d'un journal qui n'a aucune compétence techniquo-scientifique"

Non j'utilise un article qui confirme ma propre réflexion.

Réflexion propre voulez vous que je vous explique le principe ? Je pense que cela ne serait pas du luxe vraiment...

"Donc on transforme le risque nucléaire en risque climatique."

Ben on va prendre le risque le moins immédiat donc et vu Fukushima le risque climatique semble moins violent et immédiat.

Le reste de votre commentaire étant votre bavardage habituel sans intérêt.
a écrit le 21/05/2017 à 18:17 :
Très bien. À ce rythme la entre l'Allemagne et la suisse, ce n'est pas des fermetures de centrale en France qu'il faudra mais des constructions pour pouvoir leur fournir l'électricité dont ils auront besoin en hiver lors d'un anticyclone
À force de fermer des centrales de production fiables et de se reporter sur du renouvelable intermittent, nous allons mettre l'Europe à plat.
En suisse, des eoliennnes, ça produira pas beaucoup, l'hydroélectricité est déjà bien exploitée et menacée par l'éolien allemand (les producteurs suisses d'hydroélectricité souffrent des exportations allemandes qui ne permet plus de rentabiliser leurs exploitations), quant au solaire, la nuit en suisse il fait froid en hiver...
Réponse de le 22/05/2017 à 1:04 :
Depuis de nombreuses années, l'Allemagne est un exportateur net d'électricité, en particulier par rapport à la France.

Chaque année, l'Allemagne vent plus d'électricité à la France que l'invers (source RTE).
Réponse de le 23/05/2017 à 14:46 :
L'allemagne vend à la France quand il y a du vent en Europe, et quand l'électricité est surabondante et ne coute rien..
La France vend à l'Allemagne quand les ENR ne produisent pas.
Les volumes ne veulent rien dire, l'enjeu c'est de disposer d'énergie en période de creux des ENR

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