Malgré ses annonces de soutien, la Fed laisse les marchés dans le doute
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La Fed n'a pas réussi à rassurer les marchés. Ses annonces de soutien massif à l'économie et les incertitudes latentes les laissent très dubitatifs. Ce jeudi matin, la Bourse de Paris se dirigeait vers une ouverture en nette baisse. A Paris, la Bourse broyait du noir à l'ouverture, en recul de 1,35%, de concert avec les principales places européennes.
Pourtant, la Fed a voulu donner quelques notes d'optimisme mercredi soir lors de sa conférence de presse. Côté taux d'intérêts d'abord, pas de surprise: ils demeurent inchangés, restant au plus bas, dans la fourchette de 0 à 0,25% où elle les avait abaissés en urgence en mars, face à la propagation du Covid-19 aux Etats-Unis et à la mise en place des mesures de confinement.
Ils devraient le rester au moins jusqu'en 2023. L'objectif est d'atteindre rapidement l'objectif fixé à 2% d'inflation, tout en compensant les périodes d'inflation faible. Cela marque un changement de stratégie de la part de la Fed.
Aussi, l'institution a expliqué ainsi qu'elle maintiendra ses achats d'obligations d'Etat au moins au rythme actuel de 120 milliards de dollars par mois afin d'assurer le maintien de conditions financières "accommodantes".
La veille, suite à ces annonces, Wall Street retrouvait le large, avant d'être aussi rattrapée par la baisse des valeurs technologiques. Les rendements des bons du Trésor montaient et le dollar s'appréciait face aux autres grandes devises, ramenant l'euro sous le seuil de 1,18.
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Pourtant, l'économie américaine devrait s'en sortir un peu mieux que prévu en 2020, mais le retour à la situation florissante du début de l'année est encore loin et la crise touche les Américains de manière très inégale.
La récession sera moins forte que prévu et l'emploi devrait se redresser plus vite. Pour autant, le rythme de la reprise aux Etats-Unis est "hautement incertain", a reconnu le président Jerome Powell.
La chute du produit intérieur brut des Etats-Unis devrait être moins brutale que prévu en 2020, avec une baisse de 3,7%, au lieu des 6,5% prévus en juin, lors des dernières prévisions de la Fed.
En revanche, le rebond qui suivra sera lui aussi moins fort: 4% en 2021 et non 5%, et 3% en 2022 au lieu de 3,5%, puis 2,5% en 2023.
Le taux de chômage devrait aussi être moins élevé que prévu, à 7,6% en 2020, contre 9,3% estimés en juin.
Le mois de février semble loin, avec son taux de chômage au plus bas depuis 50 ans, à 3,5%, qui n'est toutefois "pas un chiffre magique", a-t-il dit. Il reste "un long chemin" avant de retrouver le plein emploi, a estimé Jerome Powell.
L'emploi maximum est l'objectif sur lequel la Réserve fédérale a décidé de concentrer ses forces. Permettre à tous les Américains d'avoir un emploi est en effet la meilleure manière pour la Fed de relancer durablement la machine et de réduire les inégalités.
Pour y aboutir, elle a récemment procédé à un changement majeur dans sa politique monétaire, autorisant temporairement une inflation supérieure à l'objectif de 2% annuel, sans augmenter les taux d'intérêts, comme elle l'aurait fait jusqu'à présent.
Ainsi, la Fed a révisé à la hausse son objectif d'inflation, et table désormais sur 1,2% en 2020, contre 0,8% prévu, et pense atteindre l'objectif des 2% en 2023.
Jerome Powell a aussi insisté sur l'importance de nouvelles aides gouvernementales pour les ménages et entreprises, condition sine qua non pour relancer la machine économique.
Une nouvelle aide aux ménages et entreprises américains est "probablement nécessaire" pour permettre à l'économie du pays de se relever, a-t-il insisté.
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La Maison Blanche et les élus du Congrès négocient depuis un mois et demi, en vain. Les discussions piétinent notamment sur le montant de l'enveloppe, les républicains refusant d'approuver l'ensemble des fonds demandés par les démocrates.
Le ton était toutefois bien plus optimiste mercredi et Donald Trump a pressé les élus de son camp au Congrès de proposer des enveloppes plus fournies afin d'aboutir à un accord.
(Avec AFP)
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