Oeufs contaminés : la fraude remonte à septembre 2016

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(Crédits : EDUARD KORNIYENKO)
La fraude qui a conduit à la contamination d'oeufs par l'insecticide fipronil remonte à septembre 2016, a indiqué jeudi la Commission européenne, précisant que 34 pays, dont la plupart en Europe, sont touchés à ce stade.

La contamination de dizaines de millions d'oeufs, qui provient de la désinfection d'élevages de poules pondeuses par un produit contenant du fipronil, un antiparasitaire pourtant strictement interdit dans la chaîne alimentaire, est apparue au grand jour début août.

22 pays identifiés où la contamination est avérée

Cette crise touche désormais 22 pays de l'Union européenne (Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Suède, France, Royaume-Uni, Autriche, Pologne, Roumanie, Italie, Luxembourg, Irlande, Slovaquie, Slovénie, Danemark, Espagne, Hongrie, Finlande, Bulgarie, République tchèque, Grèce et Estonie), mais aussi la Suisse, la Norvège et le Liechtenstein.

"Nous disposons désormais d'indications que cet usage illégal du fipronil (pour désinfecter des élevages de poules pondeuses) avait déjà lieu en 2016", a indiqué Sabine Jülicher, directrice de la la direction générale "Sécurité sanitaire" de la Commission européenne.

"Ceci a commencé, selon ce que l'on sait, en septembre 2016", a-t-elle précisé devant le Parlement européen, expliquant se baser sur des échantillons historiques mis de côté par certaines entreprises.

Hors d'Europe également

Neuf pays non européens (Hong Kong, Liban, Qatar, Arabie Saoudite, Liberia, Russie, Afrique du Sud, Angola, et Iraq) ont également reçu des lots d'oeufs contaminés, selon la Commission européenne.

La fraude a surtout été pratiquée aux Pays-Bas et en Belgique, où respectivement 258 et 93 élevages ont un temps été bloqués par les autorités. La Commission européenne fait aussi état de soupçons ayant mené à des bloquages en Allemagne (sept élevages), en France (un élevage), en Italie (10 élevages) et en Hongrie (deux élevages).

En Belgique et aux Pays-Bas, plusieurs sociétés, dont le fournisseur Poultry-Vision et la société de désinfection ChickFriend dont les deux dirigeants sont en prison, sont dans le collimateur de la justice pour avoir mélangé du fipronil, mais aussi d'autres substances interdites, à un produit contre le pou rouge présenté comme "naturel" et commercialisé sous le nom DEGA 16.

L'amitraze, plus de peur que de mal

Quand elle a donné l'alerte auprès de ses partenaires européens, le 20 juillet, la Belgique a mentionné le fait que le DEGA 16 contenait également de l'amitraze, selon la Commission.

Néanmoins, "aucun résidu d'amitraze n'a été trouvé dans des œufs examinés", a précisé Mme Jülicher, alors que la France a notamment annoncé des tests en expliquant que cet insecticide avait été utilisé dans "un peu moins d'une dizaine d'élevages" de poules pondeuses sur son sol.

L'exécutif européen va lancer "une enquête dans toute l'Europe pour contrôler l'usage de substances illégales sur des poules pondeuses contre le pou rouge", notamment le fipronil et l'amitraze. La crise a montré "qu'il vaut mieux garder un oeil ouvert", a souligné Mme Jülicher.

(avec agence)

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Commentaires
a écrit le 01/09/2017 à 17:25 :
http://www.urtikan.net/dessin-du-jour/oeufs-contamines-europe-fipronil/
a écrit le 01/09/2017 à 17:07 :
C'est risible, bien entendu la liste reste secrète !
a écrit le 01/09/2017 à 14:14 :
La sécurité alimentaire/médicale est de plus en plus illusoire. Les scandales se suivent mais rien ne change. Plutôt que d'engraisser les pontes du commerce qui vénèrent l'argent mais se fichent royalement du con/sommateur (et aussi du producteur), j'ai pris il y a quelque temps des principes simples : plutôt qu'acheter n'importe quoi je produis : mon poulailler me procure des œufs frais et élimine les déchets des légumes et des fruits de mon jardin (et mes poules vivront heureuses très longtemps), je filtre mon eau de pluie, je chauffe mon eau au panneau solaire et mon poêle utilise les bûches de ma parcelle de bois. Je fais des confitures et des conserves l'été. Ce n'est qu'un début mais cela me satisfait. Je ne suis ni survivaliste ni une adepte de Cro Magnon, mais quel bonheur de revenir à quelques fondamentaux et de ne plus manger d'œuf au fipronil, de steak aux antibiotiques, de boeuf aux hormones ou autres cochonneries industrielles...
Réponse de le 01/09/2017 à 16:47 :
C'est très bien... vous avez fait analyser votre sol ? métaux lourds, ça vous parle ? vous avez fait analyser vos légumes ? il est puéril de croire que les polluants ne se cantonnent qu'à quelques zones, c'est comme le nuage de Tchernobyl...
a écrit le 01/09/2017 à 10:20 :
"Pratiques criminelles dans l’agroalimentaire" http://www.monde-diplomatique.fr/2017/09/HERMAN/57901

Intro:"Comment un pays producteur tel que la France peut-il se retrouver avec des millions d’œufs infectés au fipronil, un insecticide dangereux, et des tonnes de produits contaminés ? L’industrialisation de l’agroalimentaire connaît ainsi des scandales à répétition. En Bretagne, l’évolution des coopératives conduit parfois à mettre en danger la vie de leurs salariés tout en marginalisant les paysans."
a écrit le 01/09/2017 à 9:27 :
12 mois pour en arriver là "par hasard". Comme quoi les commissions sanitaires Européennes ne servent pas à grand chose si ce n'est que remplir des tableurs "pour réfléchir "aux améliorations futures. Dans cette histoire, certains y laisseront quelques plumes et d'autres écriront des coquilles. Il y aura des responsables, mais jamais de coupables et nous attendrons la prochaine "affaire scandaleuse". Bonne appétit.
a écrit le 31/08/2017 à 18:40 :
La crise a montré "qu'il vaut mieux garder un oeil ouvert", a souligné Mme Jülicher.

Je préfèrerais qu'elle ouvre les deux !

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