Putsch au Niger : la France répliquera « de manière immédiate et intraitable » en cas d'attaque, prévient l'Elysée

La France a annoncé suspendre ses aides à la suite du coup d'Etat militaire qui a renversé mercredi le président élu Mohamed Bazoum, au pouvoir depuis 2021. Ce dimanche, Emmanuel Macron hausse le ton alors qu'une manifestation a eu lieu devant l'ambassade de France dont la plaque a été vandalisée et remplacée par des drapeaux russes et nigérien.
La manifestation avait débuté par une marche en direction de l'Assemblée nationale, la foule brandissant des drapeaux russes et nigériens.
La manifestation avait débuté par une marche en direction de l'Assemblée nationale, la foule brandissant des drapeaux russes et nigériens. (Crédits : STRINGER)

[Article mis à jour dimanche 30 juillet à 17h45]

La pression s'accroît sur les putschistes au Niger qui détiennent le président élu Mohamed Bazoum: après l'UE, la France a décidé samedi de suspendre ses aides et l'Union africaine (UA) leur a fixé un ultimatum de 15 jours pour rétablir l'ordre constitutionnel.

Mercredi soir, des militaires putchistes ont annoncé à la télévision nationale avoir renversé le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum, au pouvoir depuis 2021.

Dans cette allocution, le colonel-major Amadou Abdramane a annoncé la suspension des institutions et la fermeture des frontières du pays, justifiant le coup d'État par « la dégradation continue de la situation sécuritaire » au Niger.

Suite à ces événements, les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), réunis dimanche à Abuja, ont donné un ultimatum d'une semaine aux putschistes au Niger pour restaurer l'ordre constitutionnel, affirmant ne pas exclure un « recours à la force ».

Aussi, les pays d'Afrique de l'Ouest ont ordonné un blocus écomomique du Niger, décidant la suspension « immédiate » de « toutes les transactions commerciales et financières » avec ce pays, et fixé un ultimatum d'une semaine à la junte pour restaurer l'ordre constitutionnel, affirmant ne pas exclure un « recours à la force ».

Dimanche, la France a également réagi par la voix d'Emmanuel Macron qui « ne tolèrera aucune attaque contre la France et ses intérêts » au Niger et Paris répliquera « de manière immédiate et intraitable », a fait savoir dimanche l'Elysée alors que des milliers de personnes ont manifesté devant l'ambassade de France à Niamey en soutien aux militaires putschistes.

« Quiconque s'attaquerait aux ressortissants, à l'armée, aux diplomates et aux emprises françaises verrait la France répliquer de manière immédiate et intraitable. Le Président de la République ne tolérera aucune attaque contre la France et ses intérêts », a indiqué l'Elysée.

500 à 600 ressortissants français se trouvent actuellement au Niger, selon le Quai d'Orsay. Parmi les entreprises hexagonales présentes, Orano (ex-Areva), spécialisée dans le cycle du combustible nucléaire qui y exploitait depuis 50 ans deux mines d'uranium dans le nord du Niger, la Somaïr (Société des mines de l'Aïr) et la Compagnie des mines d'Akokan (Cominak): cette dernière a fermé en 2021, mais fait l'objet d'un vaste projet de réaménagement.

1.500 soldats français sont également présents dans le pays.

« La France soutient par ailleurs toutes les initiatives régionales » visant à « la restauration de l'ordre constitutionnel » et au retour du président élu Mohamed Bazoum, a ajouté la présidence française.

Le ministère français des Affaires étrangères a, lui aussi, condamné « toute violence contre les emprises diplomatiques dont la sécurité relève de la responsabilité de l'Etat hôte ».

Des milliers de personnes ont manifesté devant l'ambassade de France à Niamey avant d'être dispersées par des grenades lacrymogènes.

Certains manifestants ont voulu entrer dans le bâtiment, d'autres ont arraché la plaque affichant « Ambassade de France au Niger », avant de la piétiner sur le goudron et de la remplacer par des drapeaux russes et nigérien.

Le président séquestré depuis cinq jours

La manifestation avait débuté par une marche en direction de l'Assemblée nationale, la foule brandissant des drapeaux russes et nigériens. Le mouvement civil M62, qui avait déjà protesté contre l'opération Barkhane de l'armée française au Sahel et au Sahara, a lancé l'appel à manifester.

Le président déchu Mohamed Bazoum, élu en 2021, entame sa cinquième journée séquestré dans sa résidence privée au palais présidentiel par sa garde rapprochée, dont le chef, le général Abdourahamane Tiani, préside la junte du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP).

Après le Mali et le Burkina Faso, le Niger, miné par les attaques de groupes liés à l'Etat islamique et à Al-Qaïda, est le troisième pays de la région à subir un coup d'Etat depuis 2020.

(Avec AFP)

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Commentaires 21
à écrit le 01/08/2023 à 10:56
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La France prise en étau entre le Burkina Fasso le Mali et maintenant le Niger, ne va rien faire du tout sinon plier bagages comme au Mali.

à écrit le 01/08/2023 à 8:22
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Il est curieux, de constater qu'une fois chassé l'occupant français, le besoin n'est pas l'indépendance, mais de 'foncer' pour changer de maître occupant.

le 01/08/2023 à 8:54
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curieux et bizare m macron nous flate du respect de la democratie et lui en france que dit il quand 80pour cent des francais refuse ces projet de reforme il nous sort un article pour refuser au francais de s'exprimer et quand l'opinion se declare ...

à écrit le 01/08/2023 à 8:10
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"Vive la Russie" écrit en français... Mais qu'on foutu nos minables dirigeants politiques ces dernières décennies pour que nous en arrivions là ? La corruption est mauvaise conseillère.

à écrit le 31/07/2023 à 20:30
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Décidément avec la diplomatie habituelle de Macron , nous allons tout droit vers une nouvelle guerre .. Il nous aura tout fait celui-là.

à écrit le 31/07/2023 à 17:35
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Manifestement Macron aura au moins réussi une chose à l'issue de ses pathétiques mandats: fédérer les africains contre la prédation de l'empire colonial français. Et si plutôt que lutter contre l'islamisme en terre musulmane il s'attaquait à l'...

à écrit le 31/07/2023 à 13:51
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On plie les gaules et on dėtruit les infrastructures que nous avons construites, sans état d'âme.

à écrit le 31/07/2023 à 11:42
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Avec les bruits de botte en Pologne et à Taïwan on se dirige aveuglement vers une guerre mondiale qui avec les armes nucléaires détruiront notre petite planète. Ou sont les diplomates??

à écrit le 31/07/2023 à 11:10
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On met des rustines depuis la décolonisation, alors qu'il faut laisser l'Afrique aller au bout de ses contradictions. Quittons une fois pour toute ce continent et réglons avant tout nos problèmes internes.

à écrit le 31/07/2023 à 10:26
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"La France" répliquera "de manière immédiate et intraitable" en cas d'attaque, comme elle sait le faire : c'est à dire, médiatiquement comme savent le faire les capricieux ! ;-)

à écrit le 31/07/2023 à 8:23
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Bonjour, nous avons la encore une intervention téléguidé d'un autre pays qui profite de l'instabilité régionales pour prendre le pouvoir indirectement dans un pays africain.... Bien sur , si cela peux nuire a la france est sûrement l'objectif de c...

à écrit le 30/07/2023 à 23:02
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La france, dehors, l'argent français, par ici, sous peine de racisme et de colère de merluchon... he les gars, vos migrants, merci de les envoyer en Russie chez vos nouveaux amis ravis de vous accueillir, comme ils seront ravis d'accueillir burk...

à écrit le 30/07/2023 à 22:27
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La question n'est pas de savoir si la France a bénéficié de son statut d'ancien colonisateur, c'est un fait. Mais qui va la remplacer ? Car les africains sont dans l'illusion de se libérer d'un "maitre" alors qu'ils sont juste en train de s'asservir ...

le 31/07/2023 à 11:51
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Mr M, vraiment ces genres de discours ne passent plus en Afrique!!!!! Je pense que c'est bien insulter l'intelligence des Africains, comme quoi ils ne peuvent pas réfléchir par eux mêmes. C'est aux Africains de choisir librement avec quels partenaire...

à écrit le 30/07/2023 à 19:18
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Si je ne me trompe, NOUS avons des intérêts au Niger qui s'appellent uranium; comme nous réservons nos CAESAR à l'Ukraine, nous enverrons des troupes avec des fléchettes ou des lance-pierres; ça ne les changera pas beaucoup.

à écrit le 30/07/2023 à 17:41
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Défendre immédiatement et implacablement les intérêts français, c'est normal (on attend de voir au-delà des paroles...). Prétendre peser sur les choix institutionnels d'un pays, ce n'est pas une question de morale mais d'intérêts. La France a changé ...

le 30/07/2023 à 18:12
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Vous écrivez: "On peut cyniquement assumer la défense et la promotion de nos propres intérêts français : les relations internationales sont d'abord un rapport de force...". Un rapport de force qui peut se retourner - et il s'est déjà fort malheureuse...

le 30/07/2023 à 19:50
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@Raymond : oui, vous avez raison, parce que le rapport de force est subi mais pas assumé. On n'ose pas "vouloir" , donc d'autres essaient de nous imposer leurs propres choix, c'est bien ça...C'est une posture immature de nos dirigeants, eux-mêmes ref...

à écrit le 30/07/2023 à 16:49
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Les derniers soubresauts de l'empire français à l'agonie...

à écrit le 30/07/2023 à 16:21
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La DGSE savait paraît il que Wagner allait monter sur Moscou. La France en place sur le territoire nigérien a été surpris par le putsch. La DGSE était en vacances ou le Président qui s'occupe de la France et des intérêts français à bord de "Force On...

le 30/07/2023 à 18:07
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Vous écrivez : "Je pense que la francophonie africaine va vers la fin d'une bonne relation avec notre pays". Ah bon? Manifestement, vous ignorez toutes les raisons de l'empire colonial français en Afrique. Prenons juste de franc CFA. Savez-vous seule...

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