Regain de tensions entre Manille et Pékin en mer de Chine
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Le chef d'état-major philippin, le général Romeo Brawner, le 15 février 2023 (photo d'illustration).
Reuters
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Le chef d'état-major philippin, le général Romeo Brawner, le 15 février 2023 (photo d'illustration).
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[Article publié le samedi 10 août à 15H21 et mis à jour à 17H39] La tension monte d'un cran entre les Philippines et la Chine. Manille a accusé, ce samedi, l'armée de l'air chinoise d'avoir harcelé un de leurs avions de transport tactique, lors d'un vol au-dessus d'un récif disputé situé en mer de Chine méridionale.
Deux avions de l'armée de l'air chinoise « ont exécuté une manoeuvre dangereuse vers 09H00 du matin et ont lancé des fusées éclairantes sur la trajectoire » de l'appareil, a déclaré le chef d'état-major philippin, le général Romeo Brawner, dans un communiqué relatant un incident qui serait survenu jeudi au-dessus du récif de Scarborough.
Un porte-parole de l'armée philippine a, en outre, précisé à l'AFP que les aéronefs chinois impliqués dans l'épisode de jeudi étaient des avions multirôles. Tandis que l'appareil philippin était pour sa part un NC-212i, un turbopropulseur fabriqué en Indonésie et conçu pour la surveillance maritime, le transport de troupes, les évacuations médicales et les « missions spéciales », selon le site Internet du constructeur.
« L'incident a constitué une menace pour l'avion de l'armée de l'air philippine et son équipage, a interféré avec les opérations de vol légales dans l'espace aérien relevant de la souveraineté et de la juridiction philippines, et a enfreint le droit international et les réglementations régissant la sécurité de l'aviation », a poursuivi le général Brawner. Il a également précisé que le pilote et les autres passagers étaient « rentrés sains et saufs » dans une base aérienne du nord des Philippines.
Ces accusations n'ont pas manqué de faire réagir Pékin. Le commandement du théâtre Sud de l'armée chinoise assuré dans un communiqué également diffusé ce samedi avoir tout mis en oeuvre « pour repousser légalement » l'avion philippin, après des « avertissements répétés ». Il n'a pas précisé la nature des mesures prises, se bornant à les qualifier de « professionnelles » et de « légales ».
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Il a, également, exhorté les Philippines à « cesser immédiatement toute infraction, provocation, déformation et battage médiatique », dans un communiqué publié samedi, ajoutant que « la Chine dispose d'une souveraineté incontestable sur l'île de Huangyan » - le nom en chinois du récif de Scarborough- « et les eaux adjacentes ». Le récif de Scarborough est un îlot contrôlé par Pékin mais revendiqué par Manille. En 2012, Pékin avait d'ailleurs repris à Manille ce récif et y a, depuis, déployé des navires qui, selon les Philippines, harcèlent leurs pêcheurs qui tentent d'accéder à cette zone.
L'incident dénoncé par les Philippines aurait eu lieu un jour après l'annonce par Pékin d'un exercice militaire en mer de Chine méridionale près de ce récif. En outre, ces manœuvres, peu fréquentes autour de cette zone interviennent au moment où les Philippines ont lancé mercredi dans la région deux jours d'exercices maritimes et aériens conjoints avec les Etats-Unis, le Canada et l'Australie.
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Les tensions entre la Chine et les Philippines en mer de Chine ne sont pas nouvelles. En effet, l'activité militaire de part et d'autre survient après plusieurs incidents ces derniers mois autour d'îlots que Pékin et Manille se disputent âprement dans cette zone. À l'instar du récif de Scarborough, la Chine revendique une grande partie des îles et récifs de la mer de Chine méridionale. D'autres pays riverains comme le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et Brunei ont des prétentions concurrentes, qui se chevauchent parfois.
(Avec AFP)
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