Boris Johnson : le Brexit constitue une "énorme opportunité économique"

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(Crédits : Toby Melville)
Le nouveau Premier ministre britannique a déclaré ce samedi lors d'un discours à Manchester, consacré à l'agenda domestique, que le Brexit représentait une énorme opportunité économique. Vendredi, il s'est par ailleurs engagé à conclure une accord de libre-échange ambitieux avec les Etats-Unis.

Article publié à 10h40, mis à jour à 13h55, avec la déclaration de Boris Johnson sur le Brexit.

Le nouveau Premier ministre britannique a dévoilé ce samedi ses priorités en matière de santé, éducation et infrastructures dans un discours à Manchester (nord-ouest de l'Angleterre), au milieu de spéculations croissantes sur la possibilité qu'il convoque des élections législatives anticipées. 

Lors de ce discours, il a affirmé que le Brexit représente une "énorme opportunité économique", mais qui a été traité par sa prédécesseure Theresa May comme un "évènement climatique hostile". Le Premier ministre britannique a notamment assuré qu'il allait intensifier les négociations sur les accords commerciaux post-Brexit et mettre en place des ports francs pour stimuler l'économie.

Agenda domestique

Après avoir affiché la couleur sur le Brexit, réclamant de l'Union européenne un nouvel accord de divorce, Boris Johnson, qui a pris ses fonctions mercredi, a décidé de se concentrer sur son agenda domestique, promettant notamment vendredi d'augmenter nettement les effectifs de la police, victime de l'austérité budgétaire en place depuis l'arrivée des conservateurs au pouvoir en 2010.

Selon les analystes, cela pourrait signifier qu'il se prépare à convoquer des élections dans l'espoir d'élargir sa majorité au parlement, actuellement de deux voix seulement, en comptant les dix élus de son allié, le petit parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP.

Boris Johnson a cependant affirmé vendredi, lors d'un déplacement à Birmingham, qu'il excluait un scrutin, soulignant que les Britanniques en avaient assez d'être convoqués aux urnes. "Ce qu'ils veulent c'est être sortis de l'UE le 31 octobre", la date butoir fixée après deux reports du Brexit initialement prévu le 29 mars. "Ils ne veulent pas un autre événement électoral, ils ne veulent pas un référendum, ils ne veulent pas de nouvelles élections législatives", a-t-il dit selon des propos rapportés par l'agence de presse britannique PA.

Spéculations sur des élections anticipées

Des élections pourraient aussi se profiler si les députés britanniques votent la censure contre son gouvernement pour tenter d'éviter une sortie de l'UE sans accord, que n'a pas exclue Boris Johnson. Jeudi, il avait jugé "inacceptable" l'accord de divorce négocié par Theresa May, à qui il a succédé, et avait réclamé en particulier "l'abolition" de la disposition controversée du "filet de sécurité" irlandais, faute de quoi son pays quitterait le giron européen sans accord. Mais les dirigeants de l'UE ont répété qu'ils ne rouvriraient pas l'accord de divorce conclu en novembre. Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, a accusé vendredi Boris Johnson de mettre "délibérément" le Royaume-Uni sur "la voie d'un choc frontal" avec l'UE.

Samedi, Boris Johnson va "exposer sa vision pour rééquilibrer le pouvoir, la croissance et la productivité à travers le  Royaume-Uni", selon des extraits de son discours publiés par avance par Downing Street.

A son arrivée au pouvoir en juillet 2016, quelques semaines après le vote des Britanniques à 52% pour sortir de l'UE, Theresa May avait également promis de combattre les "injustices criantes", mais son mandat a complètement été écrasé par le dossier du Brexit, qui a conduit à sa chute faute d'avoir pu convaincre les députés britanniques de voter pour son accord avec Bruxelles.

"Un accord de libre-échange ambitieux" avec les Etats-Unis

Par ailleurs, Downing Street a annoncé que Boris Johnson et Donald Trump s'étaient engagés vendredi lors d'un entretien téléphonique à conclure un "accord de libre-échange ambitieux" et à entamer des discussions à ce sujet dès que le Royaume-Uni aura quitté l'Union européenne.

S'adressant à la presse à la Maison blanche, le président américain a assuré de son côté que les préparatifs d'un tel accord avaient déjà commencé - ce qui pourrait contrevenir aux règles de l'UE qui veulent qu'un pays membre ne peut pas mener séparément de négociations commerciales avec un pays tiers.

Boris Johnson et Donald Trump échangeront en tête à tête en marge du sommet du G7 prévu à Biarritz du 24 au 26 août, a précisé le gouvernement britannique dans un communiqué.

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Commentaires
a écrit le 29/07/2019 à 14:13 :
Il est évident que de quitter le consortium financier européen ne peut qu'engendrer un dynamisme économique et social salvateur et retrouver une ambition politique et économique profitant à tous et pas seulement à ceux qui ont déjà tout et bien plus.

Nous autres citoyens européens aimerions bien qu'ils le fassent exploser mais on comprend les anglais de penser d'abord à leurs citoyens, voulant rapidement se détacher de cette servilité destructrice envers l'oligarchie allemande d'avant guerre.
a écrit le 29/07/2019 à 9:07 :
Je pense que Bojo voit loin en s'affranchissant d' une Europe divisée et paralysée qu'il va s'efforcer de dépecer avec le Gd Frère en l'attaquant sur ses pts faibles : la concurrence entre pays des politiques fiscales et sociales, le retard dans les TIC ( gafa cloud IA cyber sécurité...), les fortes disparités industrielles. Les cibles privilégiées étant l'Allemagne et les pays de l'est car de plus très dépendants de l'OTAN pour leur défense.
Les blocs futurs à contenir seront la Chine associée à l'ASEAN et bientôt l'Inde associée à un certain nbre de pays d'Asie centrale ou du moyen Orient.
De +, l'Angleterre présente des pts forts similaires aux US : Industrie financière, TIC, pharmacie et biotech, défense, recherches de pointe dans ces domaines.
Réponse de le 29/07/2019 à 12:10 :
Vous avez raison, BoJo voit loin, comme vous d'ailleurs. Vous raisonnez "Angleterre", seule sans l'Ecosse, ni l'Irlande du Nord. Restera le pays de galles peut être.
Peut être que l'Europe est divisée et paralysée, mais UK est encore plus divisée et encore plus paralysée.
a écrit le 29/07/2019 à 7:16 :
Avec le blond la désunion fait la force. Plus on est seul plus on est fort; c'est nouveau.
a écrit le 28/07/2019 à 23:57 :
S'il y a un brexit dur, à la fin de l'année, il avalera son chapeau. Les paris sont ouverts.
a écrit le 28/07/2019 à 23:02 :
une "énorme opportunité économique", what else ? A lui de gérer cette opportunité et ne pas rater la marche, si elle existe.
C'était un argument pour voter "leave", maintenant ça doit se réaliser, sinon y a(vait) tromperie.
a écrit le 28/07/2019 à 13:49 :
Cette histoire d'accord de libre échange avec les USA est une diversion pitoyable, pour le RU, l'UE est un partenaire commercial bien plus important que les USA (60% des échanges).
Sinon les USA sont un des rares pays avec qui le RU est en excédent commercial, si Johnson croit que les américains vont leur faire des cadeaux c'est qu'il ne lit jamais les actualités.
Le RU va droit dans le mur et je parie que Johnson va bientôt changer de ton.
Réponse de le 28/07/2019 à 23:38 :
Le bénéfice économique du brexit reste à démontrer par la pratique, qui pourrait être décevante et à l'image des promesses de campagne des brexiters, un empilement de mensonges éhontés.

Par contre le bilan politique sera terrible pour la grande Bretagne qui va devoir affronter le séparatisme écossais, le retour des tensions en Ulster, l'isolement diplomatique et l'incertitude dans ses rapports avec l'UE.

L'UE rencontrera des problèmes aussi, mais pas aussi graves et elle aura pour elle de ne pas avoir été à l'origine de la rupture. Je pense même que cette aventure va renforcer la cohésion et discréditer les nationalistes de tout poil qui voudraient voir leur pays suivre la trace de la GB.
a écrit le 28/07/2019 à 12:26 :
Il est évident que de quitter le consortium financier européen ne peut qu'engendrer un dynamisme économique et social salvateur et retrouver une ambition politique et économique profitant à tous et pax seulement à ceux qui ont déjà tout et bien plus.

Nous autres citoyens européens aimerions bien qu'ils le fassent exploser mais on comprend les anglais de penser d'abord à leurs citoyens, voulant rapidement se détacher de cette servilité destructrice envers l'oligarchie allemande d'avant guerre.
Réponse de le 29/07/2019 à 9:14 :
Comme dit la sagesse populaire "c'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses". Le brexit, c'est (normalement) pour bientôt, on verra bien si, comme vous le croyez de façon quasi religieuse, le Royaume-Uni y trouvera un surcroit de dynamisme, ou comme d'autres le croient, il fera naufrage économiquement. Ce qui est probable, c'est que pour surnager, il sera contraint de se transformer en un super paradis fiscal (les Iles Caiman à 20km de l'UE) et d'évoluer vers un modèle hyper libéral.
Réponse de le 29/07/2019 à 14:16 :
@ multipseudos:

vu que je peux pas te répondre je signale ton pénible harcèlement...

quand à la modération si elle n'est pas capable de modérer elle ne valide tout simplement pas, elle n'instrumentalise pas.

Sinon ça s'appelle tout simplement du vol.
a écrit le 28/07/2019 à 11:13 :
Imports-exports de biens : Le Royaume-Uni échange 4 fois plus avec l'Europe qu'avec les Etats-Unis, même sans tenir compte de l'Irlande. Donc, ce n'est pas ce chantage populiste pour rassurer ses fanatiques qui va changer la donne !
Autres, en 2017, les seules Italie-Espagne-Allemagne-Pays-Bas-France exportent vers des ex-places fortes britanniques :
En Australie, 4 fois plus que le Royaume-Uni.
En Inde, 5 fois plus que le R-U.
En Nouvelle Zélande, 3 fois plus.
Aux Etats-Unis, 4,5 fois plus.
A Hong-Kong, 4 fois plus.
En Afrique du Sud, 6 fois plus.
Au Nigéria, 4 fois plus.
J’arrête là la démo.
Ce sera le même rapport de force dans les aides au développement.
Le Royaume-Uni, hors de l’UE, sera bien plus faible !
Ceci vaudra pour son économie, sa défense, son spatial, son soft power, sa recherche et ses universités.
C’était l’économie pour les nuls : les populistes britanniques et leurs aficionados.
Et le paradis fiscal y croit encore, zones franches, peut-être, mais selon les règles imposées par l’UE pour avoir le droit d’y commercer.
Je pense surtout que de nombreuse entreprises britanniques vont installer des centres logistiques dans l’UE-27, plutôt que de stocker bêtement des pièces par avance, ce qui gonfle artificiellement la croissance, mais n’est pas rentable et absorbe trop de cash. Sans oublier que le risque lié à toutes pièces (mises à jour, imperfections) est amplifié, et que la réactivité, et la personnalisation des ensembles finaux seront malmenées.
a écrit le 28/07/2019 à 0:42 :
Un accord de libre échange entre l'UK et les US, je te vends mes fish and chips contre tes hamburgers. Ce type n'a pas compris que cela se passait aujourd'hui en Asie, il est resté bloqué au siècle dernier.
Réponse de le 28/07/2019 à 12:11 :
Ces deux pays effectivement échangent avec la Chine et l'UE sans doute au minimum vingt fois plus qu'entre eux.
a écrit le 27/07/2019 à 21:59 :
Ça m'étonnerait que les 2 blonds s'entendent, ils ont la couleur mais pas la même coupe de cheveux.
Si l'UE sait manœuvrer, les 2 blonds peuvent se faire des cheveux blancs. Wait and see.
Réponse de le 28/07/2019 à 13:56 :
Les deux ont beaucoup de choses en commun, ils sont blonds, provocateurs, veulent n'en faire qu'à leur tête. Une énorme différence quand même entre les deux: il y en a un qui est à la tête de la première puissance mondiale et pas l'autre...
a écrit le 27/07/2019 à 20:13 :
Rien de plus dangereux qu'un dilettante amateur . Dangereux pour les britanniques !
a écrit le 27/07/2019 à 18:54 :
C'est surtout une énorme opportunité pour les peuples écossais et Irlandais de dire adieu au diktat anglais et de reprendre leur souveraineté économique et politique... :-))

Un brexit ça peut se jouer à plusieurs.
a écrit le 27/07/2019 à 17:22 :
Un accord de libre échange ambitieux avec Donald? Qui peut croire ça!
La bouffe anglaise est déjà de piètre qualité, avec les poulets US le niveau risque pas de s'élever
Va falloir surveiller nos frontières, et particulièrement en Irlande....la cochonnerie US profitera du moindre trou. A moins que Boris se voit imposer par Donald dans leur accord équilibré l'achat d'un merveilleux mur.
Réponse de le 27/07/2019 à 19:33 :
Surveiller l'irlande ? mais deja les produits US entrent tres facilement grace au CETA quand on sait que 90% des entreprises US sont implantées au Canada
Réponse de le 28/07/2019 à 13:50 :
En regard de ce qui est vendu dans les supermachés français produitent par l'industrie agroalimentaire français, je ne crois pas que la France peut donner des leçons à l'Angleterre ni EU en terme de bonne nutirtion.
a écrit le 27/07/2019 à 14:51 :
En tentant un chantage idiot, "fin du backstop" contre Brexit "ordonné" Johnson a fait partir de son camp les unionistes irlandais qui ne veulent en aucun cas du rétablissement d'une frontière physique, brexit ordonné (par qui?) ou pas.

Il n'a donc plus de majorité parlementaire. On va vers des élections anticipées. Wonder boy pourrait être le premier ministre le plus court de l'histoire de la GB.

Mr Barnier va pouvoir continuer de relire "guerre et paix" en sirotant une mirabelle.... C'est pas demain que les anglais seront en état de négocier.
Réponse de le 27/07/2019 à 15:16 :
C est exactement ce l on disait de D Trump dont nous voyons qu il est très bien placé pour sa réélection en 2020. Encore un jugement à l emporte-pièce sans de solides arguments. N oublions pas que BJ comme D Trump sont d excellentes bêtes de scene capables de s en sortir par un sens aigu de la démagogie.
Réponse de le 27/07/2019 à 15:57 :
Les situations ne sont pas comparables.

Un président US (ou français) peut vivre sans majorité au parlement.

Un PM anglais est, lui, totalement ligoté. Il ne peut pas gouverner par décret et son propre parti peut le limoger (Cf Thatcher et May) sans délai.

Trump n'est pas non plus en situation de voir 1/3 de son pays faire sécession sur fond de crise financière.
a écrit le 27/07/2019 à 13:15 :
On ne peut pas lui reprocher d'être en cohérence avec ses idées et convictions politiques.
N'oubliez pas qu'une large part des anglais est furieusement pro brexit.
Réponse de le 27/07/2019 à 14:17 :
Johnson n'a aucune épine dorsale, à l'instar de son clone US, il est capable de tout affirmer et son contraire la même semaine.

Voici ce qu'il écrivait en février 2016 dans le Sunday Times, deux jours à peine avant de se lancer dans la campagne en faveur du Brexit et 4 mois avant le scrutin.

"Britain is a great nation, a global force for good. It is surely a boon for the world and for Europe that she should be intimately engaged in the EU."
........ "Brexit would cause an "economic shock" that could lead to the "breakup" of the United Kingdom".

Pour ce qui est de la "large" part, elle m'échappe, notamment en Écosse et en Irlande du Nord. Mais je pense que ces populations à qui on veut imposer un brexit forcé n'en resteront pas là et et comme l'écrivait Boris amèneront un éclatement de la nation.
Réponse de le 28/07/2019 à 10:23 :
une "large part"... au mieux 51;9% des 72,21% qui ont voté au référendum de 2016. C'est loin de faire une majorité qualifiée. Quoi qu'en disent ceux qui s'accrochent à ce référendum comme des ivrognes à leur lampadaire (un peu comme en France au référendum de 2005), ces résultats, loin d'être écrasants, sont loin de démontrer une volonté populaire très affirmée et il est donc parfaitement légitime de les remettre en cause, que ce soit par la voie d'un nouveau référendum ou par voie parlementaire à condition d'annoncer clairement ses intentions (ce qu'avait fait Sarkozy lors de sa campagne de 2007). Quand on voit les dégâts que font partout les référendums, il faudrait soit les interdire, soit en restreindre drastiquement le champ d'application, soit leur donner un caractère strictement indicatif et en aucun cas décisionnaire.
a écrit le 27/07/2019 à 11:46 :
Les USA n'en font pas mystère.
L'accord devra mettre sur la table la privatisation de la NHS et l'ouverture totale aux entreprises US.

Je doute que les anglais aient souhaité échanger la "dictature" de l'Europe contre celle de Washington, avec au passage la perte du NHS, nullement mis en cause par Bruxelles.

S'il va aux élections générales avec ce programme socio-économique, Johnson va se faire écraser et terminer la démolition du parti conservateur.

Le fait est qu'il est coincé. Bruxelles a dit niet pour les renégociations et chacun des dirigeants est en train de lui reconfirmer individuellement, ce qui met sa stratégie par terre. Il n'obtiendra pas mieux que ce que May avait pu obtenir.

Il est possible qu'il tente un coup de poker en allant aux élections en escomptant qu'il serait plus populaire que Corbyn et aurait une plus grosse majorité.

May l'avait tenté et avait perdu des sièges, au point que BJ n'a plus que deux voix d'avance dont les unionistes d'Ulster qui refusent un bexit dur qui scinderait l'Irlande.

C'est la chronique d'un échec annoncé pour les brexiteurs, les conservateurs et en Europe tous les fachos-nationalistes qui tentent de se faire une légitimité sur la sortie tonitruante de l'Europe.
D'ailleurs beaucoup sont revenus sur ce point, on en connait une en France...
a écrit le 27/07/2019 à 11:31 :
Historiquement la GB est un état US. Fin octobre la messe sera dite et toutes les parties gagneront à cette clarification

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